Amos Gitaï est né à Haïfa, en Israël, le 11 octobre 1950. Son père, Munio Gitaï, né en Pologne en 1909, étudie au Bauhaus et travaille dans le studio de Mies van der Rohe à Berlin avant de fuir le nazisme et d'émigrer en Palestine en 1934. Amos Gitaï étudiait l’architecture, sur les traces de son père, quand la guerre de Kippour a interrompu ses études. Il utilisait une petite Super-8 au cours de ses missions en hélicoptère. Il est devenu cinéaste.
En près de quarante films, Amos Gitaï a produit une oeuvre extraordinairement variée où il explore l'histoire du Moyen-Orient et sa propre biographie à travers les thèmes récurrents de l'exil et de l'utopie. A la fin des années 70 et début 80, il livre plusieurs documentaires, parmi lesquels HOUSE et JOURNAL DE CAMPAGNE. C'est au cours de cette période qu'il soutient un doctorat en architecture à l'université de Berkeley, en Californie.
Après la controverse née de la diffusion de Journal de campagne en Israël, Gitaï s'installe à Paris en 1983, où il travaille pendant dix ans à des documentaires comme ANANAS - une vision sarcastique de la culture et de la commercialisation des ananas par les multinationales - ou BRAND NEW DAY, un film qui suit la tournée d'Annie Lennox et du groupe Eurythmics au Japon.C'est également au cours de cette période qu'il commence à mettre en scène des fictions sur le thème de l'exil comme ESTHER, BERLIN JERUSALEM, (Prix de la Critique à la Mostra de Venise)
et la trilogie du Golem.
Au cours des années 90, suite à l'élection d’Yitzhak Rabin comme Premier ministre, Gitaï retourne s'installer à Haïfa. C'est le début de la période la plus fertile de sa carrière. En dix ans, il réalise près de quinze films, fictions et documentaires. DEVARIM (1995) marque son retour dans son pays et ses retrouvailles avec la lumière et la géographie d'une ville (Tel-Aviv). C'est le premier volet d'une trilogie des villes qui se poursuit avec YOM YOM (Haïfa) et KADOSH (sur Mea Sharim, le quartier des religieux orthodoxes de Jérusalem).
Ce retour au pays est aussi un retour sur sa propre histoire : Gitaï tourne KIPPOUR (2000), une fiction inspirée par ses souvenirs de guerre. Puis suivent EDEN (2001) et KEDMA (2002) qui remontent tous deux à la création de l'Etat d'Israël, pour mettre en scène son origine et ses fondements historiques et idéologiques. Avec ALILA (2003), Amos Gitaï revient au présent de son pays et sonde l'état de la société israélienne contemporaine à travers les destins croisés des habitants d'un même immeuble.
TERRE PROMISE (2004) et FREE ZONE (2005) sont eux aussi ancrés dans l'actualité du pays et de toute sa région. Ils forment les deux premiers volets d'une trilogie sur les frontières, dans une zone où leur définition et leur fixation constituent un enjeu humain et politique, enjeu au coeur même de son travail de cinéaste et citoyen.
Il prépare actuellement son prochain long-métrage et troisième volet de cette trilogie, DESENGAGEMENT, avec Juliette Binoche, Giovanna Mezzogiorno et Lior Ashkenazi.
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