Anny Duperey passa sa petite enfance
heureuse avec des parents aimants et dynamiques. Elle aimait jouer en compagnie
de ses cousins dans le jardin de ses grands-parents paternels ; elle adorait les
tartes aux pommes (Normandie oblige) que sa grand-mère fabriquait avec amour
pour nourrir "les siens".
Dans ce joli cocon de paix Anny
Duperey vivait en harmonie et elle était radieuse. Elle habitait avec ses
parents chez ses grands-parents maternels. Ils vivaient nombreux dans une petite
surface, mais qu'importe le confort il y avait tellement d'amour !
Peu après la naissance de sa petite
soeur Anny Duperey et ses parents déménagèrent.
Tout ce bonheur se vit bouleversé en
ce jour du 6 novembre 1955 à 11 heures. Un drame terrible allait traumatiser à
jamais la vie d'Anny Duperey et de sa petite soeur adorée. Ses parents alors
âgés de trente ans laissaient deux orphelines de cinq mois et de huit ans. Ils
ont trouvé la mort, asphyxiés accidentellement par l'oxyde de carbone dans la
salle de bain de leur pavillon de la banlieue rouennaise.
Anny Duperey pendant longtemps
culpabilisa de leur mort, car "elle doit en quelque sorte sa survie" à la
désobéissance de venir se laver dans la salle de bain au profit de rester plus
longtemps dans son lit.
Après ce départ à tout jamais
inacceptable, après la mort de ses parents donc... la petite Anny fut "placée"
chez sa grand-mère paternelle et sa tante ; et sa petite soeur chez ses
grands-parents maternels. Quel choc pour Anny, elle vivait "un second deuil",
après le décès prématuré de ses parents. Elle s'est vu amputée d'une partie
d'elle-même : on la séparait de sa petite soeur adorée avec laquelle elle avait
une certaine complicité.
La vie devait reprendre malgré tout.
Sa grand-mère et sa tante lui donnaient tout leur amour pour que la toute jeune
Anny puisse revivre après ce tragique et très douloureux passage.
Après la mort de ses parents Anny
s'était en quelque sorte formée une "carapace" : son voile noir (titre de son
roman qui fut publié aux Éditions du Seuil en avril 1992 et qui eu un succès
immense auprès du public) pour pouvoir cacher ses sentiments lorsque quelqu'un
lui parlait de ses parents. Elle souffrait en silence.
La petite fille grandit et devint
adolescente ; elle trouva un refuge dans l'écriture de son journal intime
qu'elle appela : "Le Journal du Moi".
Elle passa son BEPC qu'elle eu avec
justesse en profitant du dramatique fait d'être orpheline pour toucher la
sensibilité du jury. Puis elle entra aux Beaux-Arts : enfin une institution
répondant à ses aspirations : le dessin, le théâtre : la comédie, la danse. Anny
n'eut pas trop de mal à faire accepter ce choix "d'études" à sa famille : sa
tante lui laissa "carte blanche", elle prenait une revanche à travers sa nièce.
A dix-sept ans, après avoir obtenu un Premier
Prix de Comédie suite à deux années d'études au Conservatoire de sa ville
natale, elle décida de partir "tenter sa chance" à Paris pour s'investir
davantage dans la comédie avec la ferme intention de fréquenter le Conservatoire
de Paris.
Elle va finalement suivre les
prestigieux Cours Simon et pour financer ses cours, elle va être
mannequin. Dès sa première année dans
l'établissement elle est remarquée par Jean Meyer, qui l'engage au Théâtre
Michel pour "Les trois mariages de Mélanie".
A même époque elle va faire la
connaissance de beaucoup de personnes "du métier" comme Jean Mercure qui créa et
anima le Théâtre de la Ville, et avec lequel elle travailla pendant près de dix
ans.
Son rôle très remarqué dans "La
guerre de Troie n'aura pas lieu" lui vaudra la reconnaissance de ses
pairs.
Les rôles au cinéma vont s'enchaîner
à vive allure, elle va tourner pour les plus grands réalisateurs : Jean-Luc
Godard, Michel Deville, Alain Resnais.
Dans les années 1970, elle va montrer
au public tout son registre, notamment en tant que danseuse et comédienne de
théâtre, dans la comédie musicale : "Attention fragile" qu'elle "jouera" aux
côtés de Bernard Giraudeau qui deviendra son mari et le père de ses
enfants.
En 1992, Anny Duperey écrivit un
livre au succès considérable : "Le voile noir". Ce récit autobiographique lui
permit de mettre enfin des mots sur ce "boulet au coeur" que fut la mort
tragique de ses parents alors qu'elle était enfant. Le succès de cet ouvrage fut
tel que l'année suivante elle publie : "Je vous écris" livre dans lequel elle
reprit des extraits des lettres qu'elle avait reçues.
La même année, Anny Duperey eut
beaucoup de succès en interprétant le rôle de Catherine Beaumond dans la série :
"Une famille formidable" sur TF1. Elle reçut d'ailleurs avec Bernard Le Coq un 7
d'Or pour leur prestation. Sur le tournage d'une saison ultérieure de cette même
série, elle va rencontrer Cris Campion qui va devenir son compagnon.
Anny Duperey est également marraine
de l'association SOS PAPA, qui vient en aide aux pères après divorces, pour la
garde des enfants, mais surtout pour éviter une éducation séparée. Elle a
également associé son nom avec une autre association Rire Médecin, qui a pour
objectif de faire venir des clowns pour apporter un peu de joie aux enfants
hospitalisés.
La carrière d'Anny Duperey est
complète et variée, elle a réussi dans beaucoup de domaines : le théâtre, la
comédie musicale, le cinéma, la télévision, la publicité et dans
l'écriture.