Né en 1944, Abbas est Iranien. Il vit et travaille à Paris.
De 1970 à 1982 il couvre des guerres, des révolutions et de grands mouvements sociaux à travers le tiersmonde. à partir de 1983, il entreprend de grandes fresques photographiques : le Mexique jusqu’en 1986, la résurgence de l’islam de 1987 à 1994, le christianisme de 1995 à 2000, les rituels animistes à travers le monde de 2000 à 2002. Un de ses livres majeurs, Iran Diary 1971-2002, est une interprétation critique de l’histoire de son pays, photographiée et écrite comme un journal personnel.
Abbas est membre de Magnum Photos depuis 1985.
Paisà de Roberto Rossellini (1946)
Adolescent, Abbas découvre le film de Roberto Rossellini dans un ciné-club d’Algérie, alors déchirée par la guerre d’Indépendance. Ce long métrage devient immédiatement pour lui un film fétiche. C’est pourquoi il fait dialoguer des extraits de Paisà (tourné dans l’Italie des années 40), avec son journal photographique en noir et blanc, réalisé lors de la Révolution iranienne, et où prime une vision de l’intérieur. Des scènes aussi variées que tragiques racontent la vie mouvementée de Téhéran entre 1978 et 1980 (émeutes, lynchages, manifestations, arrestations, et autres symptômes de la guerre civile).
Une vingtaine de photographies de format identique sont présentées sans interruption, formant ainsi une ligne continue. Deux vidéo-projections de grand format, présentant des extraits du film de Rossellini, viennent se glisser au-dessu s et en-dessous de cette ligne d’images.
Les extraits, diffusés san s le son, jouent explicitement sur des coïncidences thématiques ou esthétiques avec les photos qui les entourent. Comme si l’essence même de l’humanité transcendait les écarts temporels et géographiques qui existent entre le film de Rossellini et les photos d’Abbas, tous deux témoins de la déréliction de leur pays natal. Il s’agit à chaque fois d’individus se révélant dans le destin collectif d’une nation au bord du chaos, avec pour toile de fond l’ambiguïté du passage du documentaire à la fiction (Abbas), et de la fiction au documentaire (Rossellini).
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Téhéran. 11 Février 1979.
Des révolutionnaires arrêtent un membre présumé de la SAVAK, la police politique du Chah. © Abbas / Magnum Photos |
Paisà de Roberto Rossellini (1946)© Films sans frontières
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« Jeune lycéen, j’ai donc découvert Pais à au ciné-club dont j’ étais membre. Je voyais beaucoup de films, mais celui-là m’ a bouleversé. Il parle d’héroïsme, de nationalisme et de guerre. Une guerre que je vivais intensément au quotidien. À tel point qu’il est devenu pour moi un film fétiche qui a renforcé ma décision de devenir journaliste puis photographe. A l’époque déjà, la dimension documentaire du film de Rossellini m’avait beaucoup frappé : ce qui distinguait ce film des autres, c’est qu’ il était très réel. » Abbas
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