Flavie Flament-Alain Delon : la rencontre
Flavie-Delon : la vedette de TF1 accueille la star du cinéma sur scèneAlain Delon a rendu visite à Flavie Flament au théâtre Michel où l'animatrice fait ses premiers pas sur scène dans Les monologues du vagin. TV Magazine était présent pour LA rencontre
TV Magazine : Que diriez-vous à une jeune femme qui débute au théâtre ?
Alain Delon : Vis, mais ne joue pas. Un comédien joue, un acteur vit. J'explique toujours ce distinguo entre l'acteur et le comédien. Flavie, vous êtes arrivée au théâtre sur une décision que vous avez prise. Vous n'avez pas de formation. Donc, vous n'êtes pas comédienne. Comédien est une vocation. Moi je suis un acteur. Un acteur est un accident, une personnalité, forte en général, que l'on a mise au service du cinéma. C'est pour cela que je pense que vous êtes une actrice.
Flavie Flament : La pièce repose sur des histoires de femmes. Effectivement, moi qui n'ait ni les ficelles, ni la technique, je n'ai pas le sentiment de jouer. Je puise au fond de moi dans des tiroirs à émotions qui me renvoient à ce que j'ai pu vivre.
Alain Delon : Ce qui est tout à fait différent de ce que vous aviez l'habitude de faire sur un plateau, face à un autre public. Là, c'est un vrai public. Cela n'a plus rien à voir avec la télévision. C'est beaucoup plus prenant et stressant.
Flavie Flament : C'est aussi du partage.
Alain Delon : Oui, parce que le public est porteur. Les respirations, les rires, les applaudissements, les silences... Rouleau, je crois, me disait : « Au théâtre, il faut que tu sentes la qualité des silences. Il en existe plusieurs ».
Flavie Flament : Lesquels ? Parce que justement, mon registre émotionnel dans cette pièce est lourd. Quand j'ai raconté, par exemple, les abus sexuels subis par une petite fille de treize ans, j'ai entendu un silence religieux dans la salle. J'ai d'ailleurs eu un moment d'angoisse, un vertige, je ne savais pas comment l'interpréter.
Alain Delon : Ces silences sont révélateurs, fabuleux. Il n'y a rien de mieux. Cela prouve que le public est pris, qu'il est sous le charme et l'emprise du drame. On n'a pas les mêmes émotions au cinéma même si j'en ai vécues quelques-unes, en fonction de mes partenaires, des metteurs en scène ou de scènes précises. Comme, par exemple, le premier jour où j'ai tourné avec tourné avec Lancaster. Ce n'est pas n'importe quoi ! Ou encore lorsque j'ai vu Gabin la première fois pour tourner Mélodie en sous-sol, en pensant à Pépé le Moko. Quand il m'a dit : « Bonjour Monsieur », j'ai bégayé, je ne savais plus quoi dire... C'était Gabin ! Une émotion fabuleuse.>>> suite sur tv http://www.tvmag.com/accueil.jspx

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