jeudi, juin 07, 2007
Reporters sans frontieres
Plainte contre les auteurs de "La femme fatale" :Reporters sans frontières écrit à Ségolène Royal et François Hollande
Reporters sans frontières a exprimé sa préoccupation concernant les 150 000 euros de dommages et intérêts demandés aux auteurs de l'ouvrage "La femme fatale", Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué.
Madame Ségolène Royal et Monsieur François Hollande
Parti socialiste
282, boulevard Saint-Germain
75007 Paris
Paris, le 6 juin 2007
Madame, Monsieur,Reporters sans frontières souhaite vous faire part de sa préoccupation après la délivrance d'une assignation en justice par votre avocat Me Mignard visant les auteurs de l'ouvrage "La femme fatale", Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin.Bien entendu, vous avez le droit, comme tout le monde, de porter plainte contre quiconque si vous vous sentez diffamés. C'est votre droit le plus absolu. En revanche, nous comprenons moins le montant exorbitant des dommages et intérêts - 150 000 euros - réclamé aux deux auteurs.Nous faisons confiance à la justice pour régler sereinement ce litige, mais permettez-nous de vous rappeler qu'en vertu de la plupart des normes internationales en la matière, il doit exister une certaine proportionnalité entre le préjudice subi et le montant de la réparation pécuniaire demandée. Or, dans ce cas précis, cette proportionnalité ne nous semble pas respectée. Je pense que vous pourriez en convenir.Par ailleurs, nous rappelons régulièrement aux personnalités publiques qu'elles doivent, autant que possible, s'abstenir de porter plainte contre les journalistes : si le respect de la vie privée est essentiel, les responsables politiques doivent garder à l'esprit la spécificité de leur statut public et veiller à ne pas utiliser cette notion abusivement.En espérant que vous pourrez reconsidérer le contenu de votre plainte avant un éventuel procès, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de ma parfaite considération.Robert Ménard,Secrétaire général
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Irak
La presse endeuillée par deux nouveaux assassinats à Bagdad
Reporters sans frontières est profondément attristée par la mort, le 1er juin 2007, d'un cameraman d'Associated Press Television News (APTN) à Bagdad. La veille, le corps du père d'une journaliste de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a été retrouvé à la morgue, criblé de balles.
"Nous adressons toutes nos condoléances aux familles des victimes et partageons leur douleur. Sans un engagement fort de la part des politiques, le nombre d'assassinats de professionnels des médias ne cessera d'augmenter. Par ailleurs, plus le temps passe et plus il sera difficile de mener des enquêtes pour identifier et juger les auteurs de ces crimes. C'est aujourd'hui l'ensemble de la profession qui attend un geste des autorités", a déclaré l'organisation.
Pour Jawad al-Hatab, directeur du bureau d'Al-Arabiya à Bagdad, la profession a subi de profonds changements depuis 2003. La liberté de ton retrouvée après la chute du régime de l'ancien président Saddam Hussein a permis de faire évoluer la presse à un niveau de liberté inégalé dans le passé. Mais celle-ci s'est accompagnée de pertes humaines considérables. "Aujourd'hui, tous les groupes armés qui prennent pour cibles les journalistes, les universitaires et les artistes veulent décérébrer l'Irak", a déclaré Jawad al-Hatab, ajoutant que de nombreuses rédactions avaient quitté Bagdad pour s'installer au Kurdistan irakien, plus sûr, ou dans des pays limitrophes.
Le 1er juin 2007, Saif Fakhri, 26 ans, cameraman d'APTN, a été tué par balles alors qu'il se dirigeait vers une mosquée de la capitale, située près de son domicile. Il est le cinquième employé de l'agence américaine assassiné en Irak.
Par ailleurs, Khalil Youssef Ahmad, 55 ans, père de Doha Al-Haddad, journaliste économique de la chaîne satellitaire Al-Arabiya, a été enlevé le 31 mai 2007 à Bagdad et exécuté le jour même par ses ravisseurs qui avaient contacté la famille pour demander une rançon. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, la journaliste avait reçu des messages de menaces, sur son téléphone portable, l'intimant de cesser toute collaboration avec les médias.
A ce jour, au moins 182 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués en Irak depuis le début du conflit en mars 2003. Par ailleurs, on est toujours sans nouvelles de 14 professionnels des médias enlevés dans le pays.
LA JOURNALISTE AMAL AL-MOUDARRESS EST SORTIE DU COMA
Reporters sans frontières se réjouit
Reporters sans frontières a appris le 30 mai 2007 qu'Amal Al-Moudarress, présentatrice populaire de la radio et de la télévision irakienne, est sortie du coma et qu'elle survivra à ses blessures. La journaliste a été atteinte de plusieurs balles lors d'une tentative d'assassinat le 29 avril 2007. Elle a été transportée dans un état grave à l'hôpital de Yarmouk, où elle a passé plusieurs semaines dans le coma. Alors que son état empirait et que les médecins redoutaient une hémorragie interne, sa famille a pris la décision de la transférer à Amman, en Jordanie, où elle a pu être opérée. Les médecins la déclarent aujourd'hui "sortie de la zone de danger".
--
Hajar Smouni
Maghreb & Middle-East Desk
Reporters Without Borders
5 rue Geoffroy-Marie
F - 75009 Paris
33 1 44 83 84 78
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La presse endeuillée par deux nouveaux assassinats à Bagdad
Reporters sans frontières est profondément attristée par la mort, le 1er juin 2007, d'un cameraman d'Associated Press Television News (APTN) à Bagdad. La veille, le corps du père d'une journaliste de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya a été retrouvé à la morgue, criblé de balles.
"Nous adressons toutes nos condoléances aux familles des victimes et partageons leur douleur. Sans un engagement fort de la part des politiques, le nombre d'assassinats de professionnels des médias ne cessera d'augmenter. Par ailleurs, plus le temps passe et plus il sera difficile de mener des enquêtes pour identifier et juger les auteurs de ces crimes. C'est aujourd'hui l'ensemble de la profession qui attend un geste des autorités", a déclaré l'organisation.
Pour Jawad al-Hatab, directeur du bureau d'Al-Arabiya à Bagdad, la profession a subi de profonds changements depuis 2003. La liberté de ton retrouvée après la chute du régime de l'ancien président Saddam Hussein a permis de faire évoluer la presse à un niveau de liberté inégalé dans le passé. Mais celle-ci s'est accompagnée de pertes humaines considérables. "Aujourd'hui, tous les groupes armés qui prennent pour cibles les journalistes, les universitaires et les artistes veulent décérébrer l'Irak", a déclaré Jawad al-Hatab, ajoutant que de nombreuses rédactions avaient quitté Bagdad pour s'installer au Kurdistan irakien, plus sûr, ou dans des pays limitrophes.
Le 1er juin 2007, Saif Fakhri, 26 ans, cameraman d'APTN, a été tué par balles alors qu'il se dirigeait vers une mosquée de la capitale, située près de son domicile. Il est le cinquième employé de l'agence américaine assassiné en Irak.
Par ailleurs, Khalil Youssef Ahmad, 55 ans, père de Doha Al-Haddad, journaliste économique de la chaîne satellitaire Al-Arabiya, a été enlevé le 31 mai 2007 à Bagdad et exécuté le jour même par ses ravisseurs qui avaient contacté la famille pour demander une rançon. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, la journaliste avait reçu des messages de menaces, sur son téléphone portable, l'intimant de cesser toute collaboration avec les médias.
A ce jour, au moins 182 journalistes et collaborateurs des médias ont été tués en Irak depuis le début du conflit en mars 2003. Par ailleurs, on est toujours sans nouvelles de 14 professionnels des médias enlevés dans le pays.
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Reporters sans frontières a appris le 30 mai 2007 qu'Amal Al-Moudarress, présentatrice populaire de la radio et de la télévision irakienne, est sortie du coma et qu'elle survivra à ses blessures. La journaliste a été atteinte de plusieurs balles lors d'une tentative d'assassinat le 29 avril 2007. Elle a été transportée dans un état grave à l'hôpital de Yarmouk, où elle a passé plusieurs semaines dans le coma. Alors que son état empirait et que les médecins redoutaient une hémorragie interne, sa famille a pris la décision de la transférer à Amman, en Jordanie, où elle a pu être opérée. Les médecins la déclarent aujourd'hui "sortie de la zone de danger".
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