Les philosophes sur le divan
Quand Platon, Kant et Sartre, immortels, s’allongent sur le divan de Freud, les questions les plus essentielles de la philosophie surgissent sous un jour inédit.En choisissant d’incarner les philosophes, Charles Pépin nous entraîne dans un passionnant voyage, ludique et romanesque, au cœur de l’histoire de la pensée occidentale. Où les idées des philosophes sont abordées à partir de leur vécu et de leurs émotions. Où les systèmes philosophiques apparaissent comme indissociables des obsessions de leurs auteurs : l’idéalisme pour Platon, le devoir pour Kant, le regard des autres chez Sartre.Des questionnements qui ressemblent aux nôtres, tant ils dessinent en creux le portrait de l’homme occidental.
Charles Pépin, 35 ans, agrégé de philosophie et écrivain, enseigne la philosophie au lycée d’Etat de la Légion d’Honneur de Saint Denis et à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Après deux romans remarqués (Descente et Les infidèles), il a publié un essai d’introduction à la philosophie qui a rencontré un vif succès : Une semaine de philosophie. Tous chez Flammarion
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11 commentaires:
Les Philosophes sur le Divan de Charles Pépin. Flammarion
Voilà un livre qui réjouira ceux qui se sont passionnés pour la philosophie avant de découvrir tardivement la psychanalyse… ou l’inverse ! Car le prodige de l'auteur est de réconcilier deux disciplines présumées antagonistes, en montrant qu'il ne saurait y avoir de correcte lecture du monde sans honnête lecture de soi. Kant, Sartre et Platon se succèdent sur le divan de Freud, et c’est fascinant ! Catherine Siguret
Charles Pépin a écrit « Les Philosophes sur le divan », où il fait la psychanalyse de trois géants du genre : Platon, Kant et Sartre. Il fallait oser, mais ça marche. Pourquoi ?
Par Patrick Williams
Le 03/11/08
Dans l’au-delà, le bon docteur Freud reçoit en analyse Platon, Kant et Sartre. Le premier a de terribles migraines et ne croit plus en son système, le deuxième ne comprend pas pourquoi il a toujours refusé l’amour, le troisième souffre de jalousie. Bref, ça ne va pas fort chez nos grosses têtes. On rit mais c’est toujours fin.
Nul besoin d’être féru de philo pour savourer cet ouvrage : il se lit d’abord comme trois récits d’analyse captivants. Le cas de Kant est particulièrement touchant, car on découvre comment cet homme qui professa une morale très froide et s’imposa une discipline de fer cachait un être tourmenté et fragile, obéissant à des injonctions venues de l’enfance.
Le sujet semblait casse-gueule, le prototype de la fausse bonne idée. Mais Charles Pépin s’en sort. Il maîtrise assez bien son sujet pour rendre ces dialogues convaincants. Il montre que toutes les idées du monde, même les plus solides, tirent leur origine du vécu de ceux qui les professent, et que nos opinions les plus objectives sont toujours subjectives. Un constat qui va agacer plus d’un philosophe.
« Les Philosophes sur le divan. Quand Freud rencontre Platon, Kant et Sartre », de Charles Pépin (Flammarion, 347 p.). Et aussi : « Une semaine de philosophie » (J’ai lu).(www.elle.f)
Mettre Kant, Platon et Sartre sur le divan en se prenant pour Freud, telle est la dernière folie éclatante de Charles Pépin, un professeur de philosophie qui n’a pas fini de faire parler de lui.
Alors que paraît son précédent succès en poche, « Une Semaine de philosophie » (2006), « Les Philosophes sur le divan », quatrième livre de Charles Pépin, signe des rencontres surprenantes : personne n’est mort, d’ailleurs c’est bien connu la vieille dame des sciences humaines est faite de grands hommes éternels alors… Freud reçoit Platon, Kant et Sartre dans son cabinet.
Le livre, on l’a à peine commencé. Et déjà il faut qu’on vous l’annonce : c’est une merveille. Charles Pépin commence avec Platon, ce fou des idées qui fait les cent pas et… qui veut faire son analyse debout !
Il y avait les bonheurs philosophiques de Sophie grâce à Gaarder, il y a désormais le ton amusé de ce philosophe qui, loin d’un discours professoral, propose d’appréhender trois grands penseurs à travers leurs névroses avérées… C’est beaucoup plus simple que du Michel Onfray, beaucoup plus clair que du Finkielkraut, beaucoup plus drôle que du Roger Pol-Droit ; c’est une fiction totale fondée sur des vérités éternelles, c’est une idée à lire absolument. Critique détaillée à suivre.
A noter absolument…
Charles Pépin
« Les Philosophes sur le divan »
Chez Flammarion
Paru le 3 octobre 2008
349 pages
(http://culturecie.com)
Un jeune philosophe allonge Platon, Kant et Sartre pour qu'ils avouent à Freud leur détestation de soi et du monde
Ce pourrait être une sotie écrite par un professeur qui, en fin de carrière, se laisse aller à quelque pochade théorique. Eh bien non! «Les Philosophes sur le divan» est l'oeuvre d'un jeune philosophe chez qui la vigueur théorique le dispute à la force du raisonnement. Force et vigueur faisant que la fiction ne peut masquer ce qui semble être une solide connaissance de l'oeuvre de ceux que Charles Pépin allonge sur le divan, comme de celle de son psychanalyste de narrateur.
© Arnaud Février/Flammarion
Charles Pépin, 35 ans, est professeur agrégé de philosophie et romancier. "Les Philosophes sur le divan" est son quatrième livre.
Très souvent, on se prend à sourire, ou même à rire franchement. Tant est présente ici ce que (ce grand absent de) Nietzsche aurait appelé une «gaya scienza». Rire jamais grinçant, mais quelque peu décapant. Rire surgissant, pour paraphraser Bergson, quand on observe que le mécanique se «plaque sur du vivant». Car voilà la dure leçon que nous donne le professeur Pépin. Le vécu et les affects de nos chers philosophes témoignent d'un étonnant mépris pour ce monde-ci. Kant qui a «la sueur en horreur», Platon argumentant son «refus de la vie», Sartre qui ne «voulait pas être ce qu'il était», la liste est longue des manifestations multiformes de cette impérieuse appétence pour le «ciel des idées» aboutissant à la dénégation de l'existence en ce qu'elle a de concret, en ce qu'elle ne peut que susciter «la nausée».
Grâce au coup d'oeil aigu du psychanalyste, et avec l'ironique complicité de l'auteur, se dévoilent tous ces noeuds ponctuant une logique du devoir être qui est le péché mignon des philosophes en particulier, et de l'intelligentsia en général. Logique ne permettant pas d'apprécier ce qui est. Tout cela n'a rien d'anecdotique. Car c'est bien cette détestation de soi et de l'univers, propre à la modernité occidentale, qui a nourri tant de générations de contempteurs du monde.
Réaction du lecteur naïf que je suis, n'est- ce pas cette peur du corps qui va, peu à peu, engendrer la haine de ce corps environnant qu'est la nature? N'est-ce pas cette conception métaphysique qui aboutit logiquement à la dévastation du monde dont l'actualité n'est pas avare?
D'ailleurs, de ceci on ne peut pas exonérer le sage Freud. Puis-je rappeler à Charles Pépin cette conversation rapportée par cette grande dame de la pensée que fut Lou Andreas-Salomé? Conversation au cours de laquelle Freud lui précisait que l'intellectuel est «le chevalier de la haine». En bref, celui qui dit non au monde. Cette traversée dans le labyrinthe du vécu de nos philosophes est instructive, mais quelque peu dérangeante. Et l'on peut penser que cela va faire grincer des dents dans le landerneau philosophique. Dans la théologie négative, on ne parlait de Dieu que par évitement. C'est ce que Charles Pépin montre dans ces psychanalyses fictives: l'amour manquant est bien la seule réalité qui mérite d'être pensée.
Source: «Nouvel Observateur» du 13 novembre 2008
Sous la pensée lapukion
Dans nos représentations dominantes, les doctrines des grands philosophes bénéficient d'un statut semblable à celui des vérités scientifiques. Même si nous savons que, pour les établir, ces penseurs ont dû batailler ferme avec ce qu'ils ont de plus intime, nous avons tendance à voir en elles des idées «pures», détachées de tout vérité psychologique. C'est ce qui, selon nous, les distingue des oeuvres de fiction.
Verso sensible
Ce statut a ses raisons: toutes les grandes pensées n'aspirent-elles pas à l'universel? Celui-ci reste néanmoins problématique. Il a d'ailleurs été dénoncé par les «renégats», tels Schopenhauer, Kierkegaard et Nietzsche, qui ont considéré ce désir d'universalité comme l'expression d'une volonté de pouvoir. Et l'histoire de la pensée pullule de cas où l'on voit bien que, loin d'être désincarnées, certaines doctrines ne font que traduire les rêves ou les effrois de leurs auteurs. Plutôt que d'affronter directement cette question, Charles Pépin et François Noudelmann ont choisi de la traiter de biais. Dans les Philosophes sur le divan, le premier a imaginé que Platon, Kant et Sartre poursuivaient une analyse avec Freud; dans le Toucher des philosophes, le second a étudié les jeux au piano de Sartre, de Nietzsche et de Barthes, et questionné leurs goûts musicaux. Avec, dans les deux cas, une préoccupation identique: se pencher sur la part inconsciente qui sous-tend les doctrines des uns et des autres et ce qu'il en résulte quant à leur valeur.
Dans cet exercice, Charles Pépin met à la fois beaucoup de culture et de brio. Venu voir Freud pour une raideur persistante de la nuque, qu'il interprète comme le symptôme de sa culpabilité d'avoir, par son idéalisme, «coupé les hommes de leur corps», Platon avoue devant le maître de Vienne cette faiblesse. Il se sent fautif de n'avoir pas assisté à la mort de son maître Socrate, en raison d'une rivalité sous-jacente. Se plaignant de ses rapports inexistants avec les femmes, Kant finira par s'en révéler la source: la mort, par passion, de sa mère et sa volonté ultérieure d'évacuer de sa vie toute perturbation. Quant à Sartre, écartelé entre son dogme de l'amour libre et sa jalousie pathologique, il prendra conscience que sa vie n'est qu'une succession de masques où il se perd. Ecrit comme une pièce de théâtre, le livre de Pépin explore le fonds pulsionnel de toutes ces pensées qui mettent en jeu de véritables partis pris existentiels.
Recto idéaliste
Plus classique, l'ouvrage de Noudelmann confronte l'univers intérieur des penseurs, tel que le révèle leur pratique musicale, avec leur oeuvre. Concernant Sartre, le seul personnage commun aux deux livres, il est frappant de noter que Noudelmann arrive à des conclusions proches de celles de Pépin: avant-gardiste dans ses engagements esthétiques officiels, Sartre adorait jouer au piano, en privé, Chopin et des opérettes - comme s'il y avait eu chez lui deux «temporalités», l'une tournée vers le monde et l'action, l'autre plus sentimentale. Rien de tel chez Nietzsche, improvisateur hors pair et vrai musicien. Fou d'abord de Schumann, il le rejeta violemment, pour se passionner pour Wagner, puis pour Bizet et Chopin. La musique fit plus qu'accompagner sa pensée. Elleranticipa-comme si chacune de ses métamorphoses signait son entrée dans des «mondes sensibles» différents. Quant à Barthes, son attachement à Schumann irait de pair avec sa réhabilitation de la «singularité contre les arrogances de l'universel» et sa prédilection pour le «vagabondage» théorique.
Pépin et Noudelmann se rejoignent ainsi sur le constat que jamais la philosophie ne saurait s'émanciper entièrement du «moi profond» des philosophes. C'est que, contrairement aux clichés en vogue, comme le roman mais d'une autre façon, elle aussi est affaire d'imagination et d'affect. Ce verso sensible de son recto idéaliste renseigne au demeurant sur son essence: une école de la liberté - Patrice Bollon
Patrice BOLLON(www.marianne2.fr)
Message à Charles Pépin au sujet de Nietzsche et surtout SPINOZA.
Cher Monsieur,
J'ai lu avec grand plaisir votre dernier livre "Les philosophes sur le divan". Je crois que c'est un travail d'éducation philosophique, et même un travail philosophique tout court, puisqu'il donne des éclairages, que je trouve très éclairants, sur l'œuvre des philosophes concernés. En vous lisant, je me suis dit : super, et maintenant j'aimerais bien qu'il continue, notamment avec un "Nietzsche sur le divan" , qui mériterait un ouvrage à lui seul, et surtout avec un "Spinoza sur le divan". Pourquoi Spinoza ? D'abord parce qu'il me semble être le prince des philosophes. Cela, on peut évidemment en discuter. Mais aussi et surtout parce que j'ai l'intuition que Spinoza a vécu des expériences d'illumination ou de révélation soudaine (au sens de ces expériences mystiques sauvages, c'est-à-dire non recherchées et non religieuses, dont traite Michel Hulin - professeur honoraire de philosophie indienne et comparée à Paris IV- Sorbonne - dans son livre très intéressant intitulé "La mystique sauvage" 1993, PUF/Quadrige). Je pense également probable que Spinoza ait tiré, de ces expériences mystiques, des matériaux importants pour son œuvre philosophique. Si mon intuition est juste, cela ouvre sur des questions passionnantes, en relation avec le fonctionnement de l'inconscient, notamment sur le point de savoir d'où vient le savoir, et notamment le savoir philosophique...!
N'étant pas moi-même philosophe (je ne suis qu'un modeste diplômé d'HEC (promo 1965) qui a fait ensuite de la psychologie clinique et de la sociologie), je n'ai ni le temps ni surtout les moyens de creuser cette piste, mais je serais évidemment ravi si quelqu'un de compétent avait envie de le faire.
Si vous étiez intéressé par cette question, je vous en dirais volontiers un peu plus sur mes motivations dans cette affaire. Car je ne veux pas allonger trop ce message dans l'immédiat.
En tout cas, merci de ce "cadeau" qu'est votre livre...!
Si vous souhaitiez me mettre un mot voici mon adresse courriel "jean.beaujouan@free.fr", et mon téléphone : 01 42 23 18 58.
Bien cordialement
Jean Beaujouan
Message à Charles Pépin au sujet de Nietzsche et surtout SPINOZA.
Cher Monsieur,
J'ai lu avec grand plaisir votre dernier livre "Les philosophes sur le divan". Je crois que c'est un travail d'éducation philosophique, et même un travail philosophique tout court, puisqu'il donne des éclairages, que je trouve très éclairants, sur l'œuvre des philosophes concernés. En vous lisant, je me suis dit : super, et maintenant j'aimerais bien qu'il continue, notamment avec un "Nietzsche sur le divan" , qui mériterait un ouvrage à lui seul, et surtout avec un "Spinoza sur le divan". Pourquoi Spinoza ? D'abord parce qu'il me semble être le prince des philosophes. Cela, on peut évidemment en discuter. Mais aussi et surtout parce que j'ai l'intuition que Spinoza a vécu des expériences d'illumination ou de révélation soudaine (au sens de ces expériences mystiques sauvages, c'est-à-dire non recherchées et non religieuses, dont traite Michel Hulin - professeur honoraire de philosophie indienne et comparée à Paris IV- Sorbonne - dans son livre très intéressant intitulé "La mystique sauvage" 1993, PUF/Quadrige). Je pense également probable que Spinoza ait tiré, de ces expériences mystiques, des matériaux importants pour son œuvre philosophique. Si mon intuition est juste, cela ouvre sur des questions passionnantes, en relation avec le fonctionnement de l'inconscient, notamment sur le point de savoir d'où vient le savoir, et notamment le savoir philosophique...!
N'étant pas moi-même philosophe (je ne suis qu'un modeste diplômé d'HEC (promo 1965) qui a fait ensuite de la psychologie clinique et de la sociologie), je n'ai ni le temps ni surtout les moyens de creuser cette piste, mais je serais évidemment ravi si quelqu'un de compétent avait envie de le faire.
Si vous étiez intéressé par cette question, je vous en dirais volontiers un peu plus sur mes motivations dans cette affaire. Car je ne veux pas allonger trop ce message dans l'immédiat.
En tout cas, merci de ce "cadeau" qu'est votre livre...!
Si vous souhaitiez me mettre un mot voici mon adresse courriel "jean.beaujouan@free.fr", et mon téléphone : 01 42 23 18 58.
Bien cordialement
Jean Beaujouan
Félicitation our votre passage sur fun radio il y a 20 min, cela ma bien fait rire.
Bon courage pour vos copies d'examens.
Félicitation pour le passage sur fun radio, il y a 10 min de cela. On voit bien la différence dexpression entre un prof reconnu et un animateur radio de jeune. Ca me bien fait rire, surtout le :
_Mais quest ce que vous faite quand vous enseigner pas ?
_Jecris des livres.
_Et vous ecrivez quand vos livres ?
_Quand je suis pas au telephone.
Bon courage pour la correction des copies dexamens.
Un de ces jour je devrais lire un de vos livres.
Au cas où mon mail se serait perdu, je vous suggère de lire ma réponse à votre réponse dans "Philosophie" d'octobre 2009 :
http://trex58.wordpress.com/2009/10/01/un-pepin-entre-la-religion-et-la-philosophie/
Attention, je vous décoiffe...
Comme ça, vous savez où me répondre...
je voudrais atteindre la serenite.
quelles sont les vertus du lacher prise; Gaston Bachelard a dit:
"Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant.Autrement le temps est une réalité ressrrée sur l'instant et suspendue entre deux néants"
g
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