The Visitor - Le Casting
Tom McCarthy tenait absolument à ce que Richard Jenkins – connu pour ses seconds rôles – incarne le personnage principal. “Il était bouleversant dans L'AFFAIRE JOSEY AIMES,” explique le réalisateur. “Le fait de le choisir lui, a donné le ton du film. Cela fait un moment que j'ai le personnage de Walter en tête : un professeur vieillissant qui a perdu ses repères et son appétit de vivre. Et je voulais vraiment travailler avec Richard Jenkins. Il a un côté ‘monsieur tout le monde’ que j'adore.” Richard Jenkins, dont le visage est plus connu du grand public que le nom, a tourné des dizaines de films et séries télé et collaboré avec de grands réalisateurs comme Woody Allen, Mike Nichols, les frères Coen et les frères Farrelly. Mais il s'est surtout fait connaître grâce à la série SIX FEET UNDER dans le rôle du fantôme cynique de Nathaniel, le patriarche de la famille Fisher. “C'est un acteur de composition,” précise Tom McCarthy. “Il a beau avoir joué dans quantité de films, il parvient toujours à faire croire aux personnages qu'il interprète. Cela faisait de lui le comédien idéal pour le rôle de Walter. Regardons les choses en face : ce n'est pas un ‘jeune premier’ aux yeux de la plupart des gens, mais c'est précisément ce qui rend sa prestation si crédible et si bouleversante.” De son côté, Richard Jenkins n'a pas hésité une seconde à camper un rôle aussi gratifiant : “Je l'ai dit à Tom et c'est la stricte vérité : j'ai attendu toute ma carrière qu'on me donne un rôle pareil,” rapporte-t-il. “Quand j'ai lu le scénario pour la première fois, j'y ai vu un homme seul, ce qui m'a toujours intéressé. Quelqu'un qui se retrouve entraîné dans une situation nouvelle pour lui, mais qui n'est pas armé émotionnellement pour y faire face. Je me suis beaucoup retrouvé dans ce personnage. Je suis un peu réticent à l'idée de prendre des décisions, de tenter de nouvelles aventures et, du coup, j'ai trouvé cette facette de sa personnalité fascinante. Et je me suis dit que le chemin qu'il parcourait était tout simplement extraordinaire.”Mary Jane Skalski explique que la décision de confier le rôle à Richard Jenkins est intervenue très tôt. “Nous étions conscients que les autres comédiens n'étaient pas non plus des visages très connus,” reprend la productrice. “Par conséquent, nous voulions que le public s'identifie facilement à Walter. Richard est tour à tour drôle, grave et bouleversant.”
Pour Mouna, la veuve syrienne dont s'éprend Walter, Tom McCarthy savait dès le départ à qui il souhaitait confier le rôle. “J'ai découvert Hiam Abbass dans SATIN ROUGE de Raja Amari quand j'étais à Beyrouth et je l'ai immédiatement adorée,” note-t-il. “Je l'ai ensuite vue dans plusieurs films : LA FIANCÉE SYRIENNE d'Eran Riklis, PARADISE NOW de Hany Abu-Assad et MUNICH de Steven Spielberg. Je n'ai jamais pu l'oublier.” Il découvre alors que l'actrice vit à Paris. Alors qu'il travaille sur le scénario et qu'il est lui-même en France, il lui fixe un rendez-vous. “Je lui ai dit que je souhaitais lui offrir un rôle,” explique-t-il. “Après l'avoir rencontrée et vue faire des essais, le personnage de Mouna m'a semblé limpide. Quand le visage d'un comédien se superpose à l'image que vous avez d'un personnage, l'écriture s'en trouve facilitée.” Richard Jenkins a été impressionné par la curiosité intellectuelle et le sens du dialogue de sa partenaire, bien qu'elle s'exprime ici dans une langue qui n'est pas la sienne. “Hiam est d'une curiosité insatiable,” déclare-t-il. “C'est la première fois qu'elle tourne en anglais et, lorsqu'elle devait prononcer une expression typiquement américaine, elle demandait à Tom ‘Pourquoi est-ce que je dis ça ? Jamais je ne dirais une chose pareille !’ On a eu ce genre d'échange fructueux en permanence. C'était formidable.”
Pour dénicher l'acteur à même de camper Tarek, la production a entrepris un casting de grande envergure qui s'est déroulé à Paris, Londres et New York. Le choix s'est finalement porté sur Haaz Sleiman qui s'est illustré dans les séries 24 HEURES CHRONO, NCIS : ENQUÊTES SPÉCIALES et VERONICA MARS, ainsi que dans les films American EAST et AMERICAN DREAMZ. “La vraisemblance est très importante pour moi,” précise Tom McCarthy. “Avec le personnage de Tarek, je voulais parler d'un jeune homme qui, à la mort de son père, est venu se réfugier aux Etats-Unis avec sa mère. Haaz est libanais, et non syrien, mais il s'est installé à Dearborn, dans le Michigan – la ville même où son personnage et sa mère s'installent dans le film – et puis il est parti à New York pour devenir comédien. Son parcours est étonnamment proche de celui de son personnage. Je savais que cela ne pouvait qu'être bénéfique à sa prestation.” Haaz Sleiman a été intrigué par les rapports entre des personnages issus de mondes totalement différents. “C'est tellement improbable que ces gens se rencontrent,” note-t-il. “En raison de circonstances particulières, ils sont obligés de faire connaissance. C'est très proche de la manière dont les gens nouent des liens dans le monde actuel.” Pour mieux comprendre ce que subit son personnage, Haaz a rendu visite à des détenus. “Cela s'est avéré une expérience intense et nécessaire pour mon travail d'acteur,” souligne-t-il. “La plupart d'entre eux sont là depuis des années. Je veux dire depuis quatre, cinq, dix ans. C'est bouleversant.”
Pour Zainab, orfèvre sénégalaise et petite amie de Tarek, la production a choisi Danai Gurira, qui est née aux Etats-Unis, mais a grandi au Zimbabwe. “Danai est la première personne que j'aie vue,” confie Mary Jane Skalski. “C'est donc la première comédienne qui ait donné corps au personnage.” Même si THE VISITOR marque ses débuts au cinéma, Tom McCarthy explique que le talent de la jeune actrice égalait celui des comédiens plus expérimentés. “Danai est solide comme un roc,” remarque le réalisateur. “Elle a une force incroyable. Elle n'avait pas fait grand-chose jusque-là et en visionnant les rushes, c'était formidable de voir qu'elle s'affirmait peu à peu.” Danai Gurira a puisé dans sa propre expérience pour camper le personnage. “Ma famille est originaire d'un pays dont les ressortissants ne sont pas particulièrement bienvenus dans le reste du monde,” reprend-elle. “Je sais ce qu'il peut leur en coûter. Je me suis beaucoup renseignée sur les femmes sénégalaises, et j'ai constaté que se sont des femmes très fières, impériales. Elles ont un sens très fort de leur identité et de ce qu'elles sont capables de faire.” Elle s'est extrêmement bien entendue avec Haaz Sleiman, bien qu'ils ne se soient pas rencontrés avant la fin du casting. “L'alchimie entre Zainab et Tarek a fonctionné immédiatement,” souligne-t-elle. “On s'est tout de suite sentis à l'aise l'un avec l'autre et ce, dès les répétitions.”Pour favoriser ce type d'alchimie entre les comédiens, Tom McCarthy a organisé près d'un mois de répétitions. “J'aime faire des séances de lectures avec les comédiens,” dit-il. “Cela me donne l'occasion de revoir le scénario puisque j'en suis l'auteur. Cela me permet d'approfondir les rapports avec les comédiens et cela aide ces derniers à entrer dans la peau de leurs personnages.” Tout d'abord sceptique, Richard Jenkins reconnaît que le temps consacré aux répétitions s'est avéré précieux par la suite. “Je n'aime pas les répétitions en général, mais au bout d'une semaine, j'ai compris que Tom souhaitait réellement s'attacher au parcours de cet homme, et non pas donner un pseudo tempo au film.”
Libellés : the_Visitor

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire
Liens vers ce message:
Créer un lien
<< Accueil