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Denys Arcand
= Merci pour l'émotion que vous m'avez donnée dans votre beau film
"Les Invasions barbares" que j'ai vu ce soir.Il est rare d'émouvoir autant sans
tricher, en étant aussi vrai et intelligent. Durant le dernier quart d'heure du
film, je n'ai pas cessé de me frotter discrètement les yeux en espérant que
personne ne me voie (même pas mon épouse).La fin est tellement émouvante que
je me dis que lorque (le plus tard possible j'espère) votre heure sonnera, vous
comme vos merveilleux acteurs (particulièrement Rémy Girard bien sûr) songerez
sans doute à cette mort au cinéma tellement "réussie", alors qu'en vrai, bien
sûr, ce ne sera peut-être pas aussi bien, soit que la mort ne vous laisse pas le
temps de revoir vos vieux amis, soit que la souffrance vous empêche d'être aussi
lucide que Monsieur Rémy Girard dans le film.Moi qui suis, depuis
l'adolescence plutôt dépressif, (sans avoir jamais consulté un spécialiste ni
avoir pris d'autre drogue que de l'alcool), je peux vous dire que la mort de
Rémy Girard est tellement poignante que, pour quelques instants, j'en viendrais
presque à aimer la vie autant que lui, alors que le plus souvent, je me sens
plus proche de l'état psychologique de la jeune fille droguée qui apporte
l'héroine à Rémy GIRARD. Je n'en suis pas au point d'espérer être sauvé comme
semble l'être justement la jeune fille droguée, mais je suis heureux d'avoir
ressenti cette émotion, même si elle cédera bientôt au retour de la routine et
de l'ennuyeux quotidien.Rien de tel qu'un film triste pour rendre quelque
temps le moral ...Dans le film, Rémy Girard regrette de n'avoir rien réalisé
d'important dans sa vie, et se dit que la mort lui aurait paru plus douce, plus
acceptable, s'il avait laissé des traces, comme un bouquin réussi, ou autre.
J'espère, Monsieur, que vous, quand votre heure sonnera, votre souffrance sera
un peu atténuée par le sentiment d'avoir fait de belles choses dans votre vie,
et d'avoir réussi à susciter autant d'émotion et de bonheur à des millions de
personnes dans vos beaux films.J'espère, un jour ?, avoir la chance de
visiter le Québec. Si ce jour arrive, sachez qu'aussi lointain soit-il, je
penserai à vous et à votre film lorsque je découvrirai le Québec, et je songerai
à la nostalgie de Rémy GIRARD dans son fauteuil roulant chaque fois que je
verrai un lac. Encore merci. François Jaunas - La Roche sur Yon (France)
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