En 2006, le photographe allemand Juergen Teller choisit la Fondation Cartier pour présenter sa première grande exposition personnelle en France.
Le succès des photographies de Francesca Woodman (1998) et d’Alair Gomes (2001) a été initié par la Fondation Cartier qui a aimé leur travail et choisi de le montrer. Elle a tenu un rôle identique auprès d’autres artistes peu visibles en Europe, comme les photographes japonais Nobuyoshi Araki (1995), Daido Moriyama (2003) et Rinko Kawauchi (2005). La photographie africaine a été plusieurs fois mise à l’honneur. Les travaux de quelques-uns de ses grands représentants, comme Seydou Keita et Malick Sidibé ou J. D. ’Okhai Ojeikere ont été exposés par la Fondation Cartier pour la première fois en Europe. Parce que la frontière entre photographie et arts plastiques est parfois ténue, la Fondation Cartier s’intéresse également à des démarches plus plasticiennes, comme celle de Thomas Demand (2000) ou Hiroshi Sugimoto (2004).
Vidéo
Aujourd’hui reconnue comme une forme d’expression artistique en tant que telle, la vidéo a toujours fait l’objet de l’attention de la Fondation Cartier. Tout en exposant les grands noms de cet art, elle affirme sans relâche sa volonté de faire émerger de jeunes artistes.
Dès 1994, la Fondation Cartier soutient ainsi l’oeuvre de Pierrick Sorin, jeune artiste français, tandis que l’année suivante, elle coproduit Cremaster 4, le premier film de la série des Cremaster de l’AméricainMatthew Barney.
Dans le cadre de l’exposition Ce qui arrive (2003), le cinéaste arménien Artavazd Pelechian présente le film Notre Siècle réalisé en 1982. Ce magistral montage d’archives de la conquête spatiale entrecoupées d’images des débuts de l’aéronautique apparaît comme une longue méditation sur la conquête de l’espace.
Des artistes réputés comme Tony Oursler (2003) ou Gary Hill (2006), des grands noms du cinéma tels que Raymond Depardon, Olivier Assayas ou Agnès Varda sont également invités à réaliser des oeuvres de commande pour des expositions thématiques ou individuelles.
En 2006, la Fondation Cartier présente pour la première fois en France les installations vidéo de l’artiste japonaise Tabaimo, étoile montante de l’animation et des arts numériques.
Sculpture et installations
Depuis son installation boulevard Raspail en 1994, la Fondation Cartier a élargi la place accordée dans sa programmation à la sculpture et aux installations, deux disciplines artistiques particulièrement favorisées par les espaces d’exposition modulables du bâtiment de Jean Nouvel. Fermé par des parois de verre, l’espace vertigineusement vierge et sans limites invite les artistes à une appropriation de l’espace et à la création d’oeuvres uniques.
Ainsi, la Fondation Cartier a exposé entre autres les sculpteurs américaines Sarah Sze (1999) et LizaLou (2001), l’artiste français Jean-Michel Othoniel (2004), le sculpteur australien Ron Mueck (2005), l’artiste coréenne Lee Bul (2007) et elle prépare pour 2008 une rétrospective de l’oeuvre de César mise en scène par l’architecte Jean Nouvel.
Design
En présentant le travail et l’univers de différents designers, la Fondation Cartier aide le public à porter un regard nouveau sur cette discipline.
Déjà en 1987, la Fondation Cartier avait invité Andrée Putman à mettre en scène le design industriel avec l’exposition Hommage à Ferrari.
Puis, fidèle à sa politique de programmation, elle invite à la fois des jeunes artistes, tels que les Radi Designers (2000), figures montantes du design européen et des stars internationales comme Ingo Maurer (1989), Ron Arad (1994), Alessandro Mendini (2002), Marc Newson (1995 et 2004) ou encore Andrea Branzi (2008).
Ces expositions permettent aux artistes de réaliser des projets hors norme, de créer en dehors des règles du marché industriel et de réfléchir à leur spécialité ainsi qu’à sa place dans l’art contemporain. Ainsi en 2004, Marc Newson crée un avion à taille réelle, le Kelvin 40.
Mode
Invention de formes et de matériaux, rapport renouvelé au corps et à l’espace, la mode est un champ privilégié de la création contemporaine.
En 1986, la Fondation Cartier invite André Courrèges à mettre en scène la mode des années 1960
dans l’exposition retraçant l’histoire de cette décennie.
Par la suite, la Fondation Cartier interroge ce domaine à travers l’univers de personnalités singulières comme Issey Miyake et Jean-Paul Gaultier. Issey Miyake Making Things (1998) explore au rythme d’un parcours dynamique et original, les réflexions d’Issey Miyake : la liberté et le mouvement, la relation entre le design et l’art, la recherche sur les matières et les nouveaux modes de production, le vêtement du futur.
Transformant la Fondation Cartier en une véritable boulangerie, Pain Couture by Jean Paul Gaultier
(2004) est une véritable mise en scène de robes éphémères pour lesquelles la pâte à pain remplace le taffetas et la mousseline.
Créations inédites, ces expositions offrent un nouveau regard sur le monde de la mode.
Expositions thématiques
Les années 60, 1960-69, La Décade triomphante (1986), Nos années 80, Vraiment faux (1988), La Vitesse (1991), À visage découvert (1992), Azur (1993), By Night (1996), Comme un oiseau (1996), Amours (1997), être nature (1998), 1 monde réel (1999), le désert (2000), un art populaire (2001), Ce qui arrive (2002), Yanomami, l’esprit de la forêt (2003), J’en rêve (2005), Rock’n’Roll 39-59 (2007) : autant d’expositions thématiques organisées par la Fondation Cartier qui lui ont permis de prendre part à la création contemporaine et de forger son identité.
Réinventant une carte de Tendre de la déclaration amoureuse, Amours (1997), par exemple, met en écho des oeuvres majeures de l’histoire de l’art et des commandes passées à des cinéastes comme Olivier Assayas ou Claire Denis. Articulée autour d’une extraordinaire collection d’insectes, être nature (1998) révèle les coïncidences entre les créations d’artistes contemporains et celles de la nature
.
En 2002, avec Ce qui arrive, la Fondation Cartier invite le philosophe Paul Virilio à développer son projetde «musée des Accidents », analysant l’accident comme la conséquence inéluctable des inventions, un « diagnostique de la technologie », la face cachée du progrès.
En 2003, Yanomami, l’esprit de la forêt offre à voir un dispositif de correspondances et de résonances entre la réflexion cosmologique et l’expérience visionnaire des chamans de la communauté indienne yanomami d’Amazonie et les oeuvres d’artistes contemporains internationaux. En réunissant une soixantaine de jeunes artistes originaires d’une vingtaine de pays différents, l’exposition J’en rêve propose un état des lieux de la jeune création internationale en 2005.
L’exposition Rock’n’Roll 39-59 (2007) retrace la genèse et les débuts du rock’n’roll aux Etats-Unis, de l’explosion du boogie-woogie à partir de 1939 aux événements des années 50 qui ont marqué le déclin de ce qu’on peut appeler le premier âge d’or du rock’n’roll. Elle invite le visiteur à revivre ce bouleversement culturel, miroir d’une société en pleine mutation.