Un mécénat d’entreprise singulier
Le bâtiment de la Fondation Cartier vu du jardin
Photo Georges Fessy
Créée en 1984 par Alain Dominique Perrin, alors Président de Cartier International, sur une suggestion
de l’artiste César, et dirigée par Hervé Chandès, la Fondation Cartier pour l’art contemporain constitue
un exemple singulier de mécénat d’entreprise en France.
Pionnier dans le domaine, Cartier mène depuis plus de vingt ans un mécénat qui s’exprime à travers
la production d’oeuvres, des expositions et une collection. Cette passion du mécène se révèle particulièrement
à travers les commandes: clé de voûte de l’idée de mécénat, elles représentent un engagement
total en faveur des artistes et de la création, du concept à la réalisation.
À travers la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Cartier exprime l’image d’une entreprise
attentive à la création la plus actuelle et qui a su inventer un lieu d’expression libre et différent. La
Fondation Cartier a très vite dépassé le cadre formel du mécénat pour devenir un acteur majeur de
la création contemporaine. Lieu vivant d’échanges et de dialogues, elle développe une relation suivie
avec les artistes, dont elle défend le travail à travers des expositions, des commandes et des publications.
Son histoire est jalonnée de projets menés en étroite collaboration avec des créateurs français et étrangers
qui ont fait sa singularité.
Une dimension internationale
Depuis sa création, la Fondation Cartier a tissé un important réseau à travers le monde et entretient
des relations avec les grandes institutions internationales. Elle poursuit et développe ainsi chaque
année sa présence à l’étranger.
Après leur présentation à Paris, de nombreuses expositions font l’objet d’une itinérance dans les
grandes institutions étrangères. Près de 100 expositions ont ainsi été présentées à travers le monde.
L’exposition de Seydou Keita a été montrée quatre fois en Europe et trois fois aux États-Unis, celle
d’Issey Miyake à New York et à Tokyo. Les photographies de Francesca Woodman ont été présentées
six fois en Europe; les oeuvres de Pierrick Sorin à Barcelone; celles de Takashi Murakami et de William
Eggleston à Londres ; l’exposition Yanomami, l’esprit de la forêt à Rio de Janeiro et celle de Jean-Michel
Othoniel à Miami. En 2007, l’exposition de Gary Hill a été présentée à Londres puis à Düsseldorf,
celle de Raymond Depardon à Berlin et celle de David Lynch à Milan.
Depuis 1990, la Fondation Cartier est à l’origine de la création d’oeuvres dont certaines ont ensuite
été offertes à une ville, un pays, une institution, créant ainsi autant d’occasions de faire découvrir des
artistes français. Avant d’en faire la donation au Centre Pompidou en 1997, la Fondation Cartier orchestrait
ainsi le voyage de Berlin à Pékin du Pot doré de Jean-Pierre Raynaud, commandé en 1985. En
1991, elle faisait don de la sculpture monumentale de César, The Flying Frenchman à la ville de Hong-
Kong. En harmonie parfaite avec le lieu où elle est installée, cette sculpture, créée spécialement pour
le site, fut la première oeuvre commandée par la Fondation Cartier à faire l’objet d’une donation.
Par ailleurs, nombre de pièces de la collection ont été présentées à travers le monde et ont pour vocation
de faire l’objet de futures expositions, en France et à l’étranger. Ainsi en 1991, la Fondation Cartier
organisait l’exposition Too French au Musée d’art moderne de Tokyo et au musée Hara de Hong-Kong,
afin de faire connaître les artistes français de la collection, qu’il s’agisse d’artistes consacrés ou de jeunes
talents. Au printemps 2006, elle présentait une sélection de pièces majeures de sa collection au
musée d’art contemporain de Tokyo.