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Sont aujourd’hui présents à Cannes : Asia Argento, Claudine Auger, Alex Beaupin, Juliette Binoche, Jane Birkin, Anna Maria Cecilia Bonnevie, Elodie Bouchez, Michel Boujenah, Patrick Braoudé, Kelly Brook, Vincent Cassel, Sergio Castellitto, Patrick Chesnais, Minnie Driver, Faye Dunaway, Sara Forestier, José Garcia, Louis Garrel, Hippolyte Girardot, Judith Godrèche, Liz Hurley, Vlad Ivanov, Adrien Jolivet, Norah Jones, Diane Kruger, Bernadette Lafont, Ringo Lam, Konstantin Lavronenko, Jude Law, Gong Li, Andie MacDowell, Aïssa Maïga, Sophie Marceau, Olivier Marchal, AnaMaria Marinca, Helen Mirren, Julianna Moore, Carl Ng, Shu Qi, Jocelyn Quivrin, Tsui Hark, Laura Vasiliu, LinDa Yuen, Billy Zane, Zhang Zihi, Preity Zinta, Kerry Washington, Aishwarya Rai.
Projection - Films en compétition
8.30 - 15.00 - 19.00 : ZODIAC 2h36 de David Fincher
12.00 - 22.15: 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE 1h53
(4 months, 3 weeks and 2 days / 4 Mois, 3 semaines et 2 jours)
de Cristian Mungiu
Hors Compétition
Présenté Hors Compétition, Triangle est le résultat de la première collaboration entre Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To, trois maîtres incontestés du cinéma asiatique. Sur le principe du jeu du cadavre exquis, ils ont imaginé une rocambolesque course-poursuite autour de Sam, Fai et Mok, trois amis dans le besoin, des gangsters et une robe de cérémonie parée d’or, objet de toutes les convoitises. Entre survie, avidité et amitié, ils devront faire un choix…
Sur la conception de ce film atypique, Tsui Hark explique : « Notre série comporte trois parties. Ensemble, elles devaient constituer une histoire homogène. Nous nous sommes mis d’accord pour ne pas nous mêler des idées des autres. Chaque réalisateur devait avoir le contrôle absolu sur ce qu’il voulait faire, en espérant que nos efforts conjoints déboucheraient sur une œuvre excitante et divertissante. (…) J’ai choisi un sujet familier pour tout le monde : le pouvoir de l’argent. » Et Johnnie To de poursuivre : « En ce qui concerne la partie dont je suis responsable, mon intérêt s’est porté sur le dilemme suivant : quel prix sommes-nous prêts à payer pour nos désirs et nos obsessions ? Dans le film, nous voyons les trois personnages principaux enchaîner les situations périlleuses, tout ça pour la promesse d’un jour meilleur. » Enfin, Ringo Lam évoque ses intentions avec cet exercice de style : « Triangle raconte comment le destin joue avec nos héros. Je m’intéresse plus particulièrement à l’obsession du personnage de Sam pour son épouse. Il s’agit d’une femme capable de ressentir amour et haine en même temps. Elle incarne à la fois les qualités du bien et du mal. (…) son histoire illustre assez métaphoriquement mon rapport à la réalisation : une histoire d’amour et de haine. »
Un Certain Regard
« Naissance des Pieuvres » de Céline Sciamma
La jeune réalisatrice Céline Sciamma effectue son baptême cannois avec ce premier long métrage présenté dans la section Un Certain Regard. Concourant également pour la Caméra d’Or, Naissance des pieuvres nous emmène à la rencontre de trois adolescentes, Marie, Anne, Floriane, l’été de leurs quinze ans. Dans le secret des vestiaires d’une piscine, celles-ci vont connaître leurs premiers désirs et émois sexuels.
Entreprenant une radiographie de la naissance de la féminité et traitant avec pudeur du thème de l’homosexualité, la cinéaste déclare : « Le cinéma, c’est souvent le lieu où l’on parle des femmes mais c’est aussi le lieu du fantasme. Ce sont souvent les hommes qui en parlent et j’avais envie de donner un point de vue féminin sur ces trois filles. Et du coup, de prendre le contrepied de ce qui se fait en général, c’est-à-dire la nostalgie, l’émerveillement des premières fois. Au contraire, j’avais envie d’être au présent, dans la cruauté de cet âge-là, de travailler sur des sensations plus que sur la restitution d’états d’âme. » « C’est la raison pour laquelle je suis partie sur un film à trois têtes », conclut-elle.
Comme chaque année, depuis 2004, le Festival de Cannes rend hommage, dans le cadre de Cannes Classics, aux oeuvres cinématographiques du passé, présentées en copies neuves. Aujourd'hui, les festivaliers ont donc pu découvrir, ou redécouvrir, dans une version entièrement restaurée Yoyo (1965) de Pierre Etaix.
A cette occasion, le réalisateur a honoré le Festival de sa présence. Enthousiaste à l'idée de revoir ce film dans de meilleures conditions, il n’a pas manqué de remercier Gilles David et la Fondation Groupama Gan pour le cinéma sans qui ce projet de restauration n’aurait pas vu le jour.
Le programme de Cannes Classics se poursuivra, durant toute la durée du Festival, avec le centenaire de John Wayne, la projection d’adaptations des œuvres shakespeariennes par Laurence Olivier ou encore le lancement de la World Cinema Foundation vouée à la préservation, la restauration et la diffusion des chefs d'œuvre du cinéma mondial, par son fondateur Martin Scorsese.
Leçon de cinéma : Sergio Castellitto
La première des trois leçons de cinéma proposées cette année par le Festival de Cannes est celle qu’a donnée l’acteur et réalisateur italien Sergio Castellitto, héros entre autres du Sourire de ma Mère et de Va savoir, deux films présentés à Cannes. Au cours d’un entretien mené par Elisabeth Quin, le comédien a évoqué son parcours et livré quelques réflexions sur son métier, illustrées par des extraits de films, avant de répondre aux questions du public – au sein duquel figuraient notamment Michel Piccoli et Marco Bellocchio, deux Jurés qui ont eu l’occasion de travailler avec Sergio Castellitto. Morceaux choisis.
Sur Buster Keaton : « J’admire sa façon de créer une complicité à travers l’angoisse existentielle. Grâce à lui, j’ai appris qu’il fallait avoir le courage de rester fixe, de ne rien faire, et d’exprimer quelque chose autrement que par le geste, par le regard par exemple. »
Sur ses débuts : « Chez moi, la vocation est née avec l’expérience : plus j’ai pratiqué ce métier, plus je l’ai aimé. Je n’avais pas l’envie de jouer au départ. Je pensais que je n’avais pas d’aptitude artistique, mais peut-être avais-je en fait peur de découvrir en moi cette aptitude. Mon premier maître, le metteur en scène Otomar Krejca, m’a appris quelque chose que je n’ai jamais oublié : jouer, c’est aussi se faire jouer par les autres. Un peu comme au judo : on prend l’énergie des autres. »
Sur l’importance du corps : « Je pars toujours du corps, du comportement. Le geste le plus intelligent pour un acteur, c’est de ne pas penser. Il y a une intelligence du corps. »
Sur le jeu de l’acteur en Europe et aux Etats-Unis : « Nous avons une tradition de théâtre ancienne. Nous préférons montrer plutôt que d’être. Les Américains ont une tradition plus récente, ils sont plus naturalistes. Je n’ai jamais pensé que c’était mieux qu’un acteur pleure vraiment. Je crois à la représentation. »
Sur le fait de jouer en français : « Le problème quand vous jouez dans une autre langue, c’est que la première fois, votre voix change, elle monte. Il m’a fallu du temps pour régler ma voix sur mon corps. »
Sur sa double casquette d’acteur et de réalisateur : « Quand je suis interprète, je suis un premier violon, qui se met au service de la partition d’un auteur. A un moment, j’ai eu envie de me lancer dans ce projet mégalomaniaque : construire l’histoire. J’ai compris que la mégalomanie était du côté du réalisateur. L’acteur, lui, est un cheval intelligent et fou. Il faut être intelligent pour se mettre à la disposition du réalisateur, mais aussi pour trahir le metteur en scène sans qu’il s’en aperçoive… Les acteurs se cachent derrière les personnages, les metteurs en scène derrière la caméra : chacun a son cheval de Troie. Jouer, c’est donner son opinion sur les choses. Mais ne pas jouer aussi : à côté du CV qui mentionne ce qu’on a fait, il faudrait donner celui qui mentionne ce qu’on n’a pas fait… »
Sur Jacques Rivette : « Je l’ai rencontré dans un bar des Champs-Elysées. Il m’a donné une simple feuille, et m’a dit que plus tard j’aurais le scénario. Ce n’était pas vrai, il n’y a jamais eu de scénario… Quand un acteur lui pose une question, il répond toujours « je ne sais pas ». J’ai mis du temps à comprendre que ce qu’il veut, c’est découvrir avec l’acteur, jour après jour. »
Sur Le Sourire de ma Mère : « La première fois, je n’ai rien compris au scénario, mais j’avais très envie de travailler avec Bellocchio. C’est un des films les plus spirituels faits en Italie ces dix ou quinze dernières années, avec une éthique unique. Je suis croyant, Marco ne l’est pas, mais on a trouvé un équilibre formidable. C’est un film qui parle de façon symbolique de notre pays, de sa sociologie. »
Photo Copyright Anne-Laure Bigot
Conférence de presse : "Zodiac"
A l'occasion de la présentation en Compétition du long-métrage Zodiac, une partie de l'équipe du film était réunie pour se prêter au jeu des questions-réponses avec les journalistes lors d'une conférence de presse. Etaient présents : le réalisateur David Fincher, l’actrice Chloë Sevigny, les acteurs Jake Gyllenhaal et Mark Ruffalo, le producteur et scénariste Jamie Vanderbilt, ainsi que les producteurs Brad Fischer, Mike Medavoy et Arnold Messer. Extraits choisis.
David Fincher sur sa motivation à refaire un film sur un tueur en série : « Après Seven, je ne voulais plus aborder ce genre. Mais mon agent m’a appelé et m’a dit que je devais tout de même lire un livre, celui de Robert Graysmith sur le Zodiac. C’est un roman extraordinaire, cette affaire va à l’encontre des règles. Je me souviens,, quand j’étais enfant, de la peur régnant autour du Zodiac, des voitures de police qui circulaient près des bus scolaires. Zodiac possède un aspect politique bien plus intéressant que Seven. (…) Ce n’est pas un film sur un tueur en série, mais un film sur un fait divers. L’esprit y est la recherche de vérité, d’une logique à travers le chaos. »
Jake Gyllenhaall sur son rôle : « David Fincher ma dit que dans le film, j’étais d’abord comme un extra, comme un figurant. Puis que dans la seconde partie de l’histoire, je devenais l’un des personnages principaux. J’ai trouvé cette évolution particulièrement intéressante. »
David Fincher sur l’évocation des années 70 : « Nous ne voulions pas d’un pastiche des années 70, avec des pattes, des grosses cravates. Nous ne voulions pas nous focaliser sur les clichés du San Francisco de l’époque, mais sur des personnes venant des années 60, certains même des années 50. (…) Nous ne voulions pas faire du « Starsky & Hutch », nous concentrer sur des détails. »
David Fincher sur la densité du matériau d’origine : « Nous avions beaucoup de données, il fallait les aménager. Ce qui est important, c’est ce que disent les gens, ce sont leurs mots. Il fallait compiler ces fragments d’informations, ne pas faire de fioritures. Adopter un style rigoureux, serré, se concentrer sur la manière dont les personnages interagissent. »
Jake Gyllenhall sur sa collaboration avec Robert Downey Jr. : « Travailler avec lui, c’est être dans la 8e dimension. Un acteur typique doit faire 25 choix en une minute. Je crois que lui en fait 500 ou 600 ! J’appelle cela du génie. Il a sans cesse des idées, il insuffle toujours du rythme, c’est comme jouer avec un musicien de jazz. Il est dans un monde d’émotions pures. »
Mark Ruffalo sur sa rencontre avec David Toschi : « J’ai passé deux jours avec lui à San Francisco. Il a été très clair avec moi : il avait beaucoup de réticences sur le film, sa femme n’était pas d’accord non plus. Je lui ai dit que je le respectais énormément et que je voulais être le plus juste et honnête possible en l’incarnant, que David Fincher allait également dans ce sens. J’ai gagné sa confiance, j’ai travaillé sur sa façon de parler, de bouger. Aujourd’hui, je suis toujours en contact avec lui. »
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