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Montée des Marches : Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication
Christine Albanel, la nouvelle Ministre de la Culture et de la Communication, a monté les Marches du Palais des Festivals pour assister à la projection de Chacun son Cinéma. Elle a lu une lettre adressée à Gilles Jacob, Président du Festival de Cannes, par Nicolas Sarkozy, dans laquelle le Président de la République rend hommage à l'exception culturelle "qui a donné sa vitalité à la création contemporaine", et promet qu'il combattra le "piratage de masse" vers lequel peut dériver la révolution numérique. Pour le Président, le Festival est "la preuve vivante que le cinéma est une grande famille, pas seulement au sens qu'on lui donne habituellement, celle qui réunit les réalisateurs, les scénaristes, les producteurs, les techniciens, mais une famille universelle qui rapproche les femmes et les hommes du monde entier". "Une famille, dit-il encore, qui fait de chacun d'entre nous sur la planète l'intime d'un paysan chinois contraint de quitter son village, d'un enfant qui fait les 400 coups, d'un photographe de mode anglais, d'un taxi new-yorkais ou d'un soldat indigène".
Mme Christine Albanel a affirmé pour sa part sa détermination "à mettre toutes ses forces dans le combat pour défendre l'exception culturelle", tout en se félicitant de la santé et du dynamisme du cinéma. Elle reviendra à Cannes le samedi 26 mai pour participer à la cinquième Journée de l’Europe
Le concert anniversaire
Dimanche 20 mai, un concert public de musique de films est organisé plage Macé, avec le concours du Traffic Quintet sur des transcriptions d'Alexandre Desplat et des images d'Ange Leccia puis du DJ Wax Tailor
accompagné du vidéaste Nils Incandela qui viendront revisiter les images et les musiques des films de Cannes.
Sont aujourd’hui présents à Cannes:
Anouk Aimée, Yonathan Alster, Fanny Ardant, Yvan Attal, Edouard Baer, Alex Beaupain, Ramzy Bedia, Manuela Binesci, Juliette Binoche, Jane Birkin, Dominique Blanc, Anna Maria Cecilia Bonnevie, Elodie Bouchez, Michel Boujenah, Jean-Claude Brialy, Josh Brolin, Patrick Bruel, Anne Caillon, Guillaume Canet, Claudia Cardinale, Vincent Cassel, Alain Chabat, Ronald Chammah, Chen Chang, Geraldine Chaplin, François Cluzet, Florence Darel, Catherine Deneuve, Alain Delon, Gérard Depardieu, Emilie Dequenne, Leonardo DiCaprio, Jean Dujardin, Faye Dunaway, Pascal Elbé, Sara Forestier, Gael García Bernal, Louis Garrel, Vahina Giocante, Limor Goldstein, Isabelle Huppert, Adrien Jolivet, Eric Judor, Doutzen Kroes, Diane Kruger, Marc Labrèche, Bernadette Lafont, Michèle Laroque, Konstantin Lavronenko, Samuel Le Bihan, Salomé Lelouch, Gong Li, Fabrice Luchini, Diego Luna, Andie MacDowell, Michael Madsen, Aïssa Maïga, Kad Merad, Helen Mirren, Taylor Momsen, Julianne Moore, Michael Moshonov, Gabe Nevins, Carl Loong Ng, Ermanno Olmi, Gilles Paquet-Brenner, Jocelyn Quivrin, Natacha Régnier, Mickey Rourke, Ludivine Sagnier, Emmanuelle Seigner, Vittorio Taviani, Paolo Taviani, Elisa Tovati, Jean-Claude Van Damme, Célia Watterson, Lambert Wilson, Michelle Yeoh, Zhang Zihi, Javier Bardem, Lou Doillon, Song Fang, Diane Fleri, Elio Germano, Paul Hoffman, Lucas Huang, Simon Iteanu, Tommy Lee Jones, Ana Katz, Ayanat Ksenbai, Mart Laisk, Dan Liu, Daniele Luchetti, Noémie Lvovsky, Kelly MacDonald, Alessandra Martines, Correa Miriam, Ji-A Park, Martinez Perez Petra, Ekateryna Rak, Kurt Russell, Riccardo Scamarcio, Almarcha Perez Sonia, Michael Thomas, Philippe Torreton, César Troncoso, Sharon Stone
Projection - Films en compétition
11.30: TEHILIM (1h36) de Raphaël Nadjari
Raphaël Nadjari, qui avait vu l’un de ses précédents films, The Shade, sélectionné à Un Certain Regard en 1999, présente aujourd’hui son nouveau long-métrage, Tehilim, en Compétition. A travers ce drame, qui témoigne - tout comme Avanim - de son attachement pour la terre d’Israël, le réalisateur français dresse le portrait d’une famille juive désemparée après la disparition du père, incarné par Shmuel Vilojni. Chaque membre tente de faire face comme il le peut à cette absence, aux difficultés du quotidien. Alors que les adultes se réfugient dans le silence ou la tradition, les deux enfants - interprétés par Michael Moshonov et Yonathan Alster - essaient, à leur manière, de retrouver leur père...
Expliquant le choix de cette histoire, Raphaël Nadjari déclare : « Je cherchais une histoire simple et intime pour parler des sujets les plus complexes (…) J’ai cherché au travers du réel et du quotidien d’une famille à raconter l’insurmontable, la disparition de ceux qu’on aime. Comme si quelque chose de Dieu lui-même nous avait abandonné, dévoilé notre vulnérabilité, provoqué le début d’un questionnement. Pour le retrouver (…) Je ne fais pas une étude sociologique, je cherche à comprendre spontanément la dimension composite et dialectique du judaïsme, au-delà de ses appartenances communautaires. »
Hors compétition
8.30 - 19.00 - 23.00: CHACUN SON CINÉMA (2h00)
To Each his Own Cinema) de Theo Angelopoulos, Olivier Assayas, Bille August, Jane Campion, Youssef Chahine, Chen Kaige, Michael Cimino, Joel & Ethan Coen, David Cronenberg, Jean-Pierre & Luc Dardenne, Manoel De Oliveira, Raymond Depardon, Atom Egoyan, Amos Gitai, Hou Hsiao Hsien, Alejandro González Iñárritu, Aki Kaurismäki, Abbas Kiarostami, Takeshi Kitano, Andrei Konchalovsky, Claude Lelouch, Ken Loach, Nanni Moretti, Roman Polanski, Raoul Ruiz, Walter Salles,
Elia Suleiman, Tsai Ming Liang, Gus Van Sant, Lars Von Trier,
Wim Wenders, Wong Kar Wai, Zhang Yimou .
Absent du Festival de Cannes depuis 1998, où il avait présenté le film Tokyo Eyes dans la section Un Certain Regard, le réalisateur français Jean-Pierre Limosin revient cette année avec le documentaire Young Yakuza, projeté Hors Compétition. Filmé sur une période d’un an et demi, Young Yakuza plonge dans le milieu de la pègre japonaise et trace deux portraits parallèles : celui de Naoki, 20 ans, nouvelle recrue du clan Kumagai, et de son chef, confronté à l’évolution de la société marginalisant progressivement les yakuzas.
Les caméras étant traditionnellement bannies de ce milieu, le réalisateur a dû installer un climat de confiance avec le clan qu’il a filmé. Pour cela, il a fixé plusieurs règles avec son chef : « J’avais proposé à M. Kumagai des règles, des principes pour que ce projet de film aille à son terme : je ne filmerai pas l’illégalité de leurs activités. Nous n’étions pas là pour faire une investigation télévisuelle, mais plutôt un travail cinématographique ».
Un Certain Regard
11.00 - 16.30: MANG SHAN 1h42 (Blind Mountain) de Li Yang
Sélectionné pour la première fois au Festival de Cannes, le réalisateur chinois Li Yang présente dans la section Un Certain Regard Mang Shan, son second long-métrage. Il y trace le drame humain de Bai Xuemei, jeune diplômée, qui est abusée par des trafiquants d’êtres humains et vendue comme « épouse » dans un village reculé. Violée et battue, elle devient une esclave du sexe et de la reproduction, sans espoir d’évasion en raison de l’apathie et de l’égoïsme des villageois. Quand enfin arrive de l’aide, c’est le début d’une autre tragédie…
14.00 - 22.00: MIO FRATELLO È FIGLIO UNICO 1h40n(My Brother is an Only Child / Mon Frère est fils unique) de Daniele Luchetti
Le réalisateur italien Daniele Luchetti revient pour la troisième fois au Festival de Cannes afin d'y présenter un film. On l’avait déjà remarqué en 1988 avec Domani, Domani dans la section Un Certain Regard, puis en 1991 avec Le Porteur de Serviettes, sélectionné cette fois-ci en Compétition. Aujourd’hui, de retour dans la sélection Un Certain Regard, il soutient Mon Frère est Fils Unique, un drame familial dont l'action se déroule dans l'Italie des années 70. On y suit le parcours d’Accio et Manrico, deux frères que tout oppose, à part leur amour pour une même femme. Ils vont se battre sur deux fronts politiques opposés, et traversent, dans une confrontation sans fin, une période de leur vie faite de fugues, de retours, d’échanges de coups et de grandes passions.
« Mon Frère est Fils Unique n’est pas un film politique, prévient Daniele Luchetti. C’est un film qui parle d’êtres humains qui aiment, souffrent, qui rient, et qui font aussi de la politique. Ce film, idéologiquement, ne prend pas position : il raconte l’histoire de personnages qui adoptent des positions. Je pense que c’est le point de vue que j’ai adopté. L’élément humain, affectif et émotif, est au cœur de mon film. »
Impressions des cinéastes : sur l’importance du Festival de Cannes
Durant un point presse, quelques-uns des 35 réalisateurs nous ont livré leurs impressions sur l’importance du Festival de Cannes.
Elia Suleiman : « C’est un endroit où les films sont projetés, achetés pour être distribués. C’est assurément le festival le plus important de tous les temps. Parfois, c’est la folie parce que c’est l’endroit qui veut ça. Autrement, vous rentrez toujours chez vous avec un souvenir. Il est essentiel pour mes films de venir à Cannes. »
Takeshi Kitano : « Concernant Cannes, je pense que c’est le festival où vous pouvez apprécier les aspects agréables comme odieux du cinéma en tant qu'industrie et en tant qu’art. Les deux se retrouvent en un seul endroit. C'est définitivement le plus grand festival dans le monde. »
Roman Polanski : « Cannes symbolise parfaitement ce que doit être un festival. Lorsque j’étais encore dans mon école de cinéma, tous les films qui étaient récompensés ici sortaient en Pologne. Je me souviens de Jeux Interdits, de Marty ou encore 8 et Demi. »
Raoul Ruiz : « Je suis venu ici seize fois : quinze fois avec un film et une fois en tant que Juré. Je trouve que Cannes gère tout à fait bien les mondanités. C’est bien joli ces cérémonies auxquelles tout le monde assiste avec bonne humeur. La Montée des Marches déguisé en pingouin... C’est très vivable. »
Wim Wenders : « Chaque année, les gens me disent que Cannes a changé. Même lorsque je suis venu pour la première fois en 1975, on me disait déjà : « C’est différent maintenant ». Je ne pense pas qu’il change. Je le vois plus évoluer que changer. Bien sûr, il doit toujours se positionner entre le cirque et ses blockbusters et le cinéma. Chaque année, c’est une nouvelle définition, une nouvelle orientation du Septième Art. »
Walter Salles : « Ce que Cannes représente avant tout pour moi, c’est un lieu d’échange, un lieu de découverte, un lieu de résistance. C’est l’endroit qui prouve que le cinéma d’auteur peut s’exprimer ; une manière de refléter les sociétés et les cultures spécifiques. Dans ce sens-là, nous sommes en train de fêter l’anniversaire d’une très jeune fille et elle aura une vie très longue. »
Alejandro González Iñarritu : « Ce qu’essaie de faire ce Festival, c’est de dénicher les meilleurs réalisateurs à travers le monde, de nouveaux talents, de nouvelles tendances et de les révéler. Cannes sera bon tant que les productions internationales le seront. »
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