Actualité 16- 17- 18- 19- 20- 21- 22- 23- 24- 25- 26- 27 -
Tous les Cinémas du Monde : la Journée du Liban
Aujourd’hui, c’est le Liban qui est à l'honneur du Programme "Tous les Cinémas du Monde", initiative visant à la présentation par des pays sélectionnés d'un éventail de leur création cinématographique. Cette deuxième Journée témoigne du nouvel essor que connaît la production cinématographique libanaise, qui met en exergue les nouvelles données sociologiques, identitaires, politiques et existentielles nées de la situation de guerre qui perdure. « Si les films des années 90 étaient centrés sur la guerre en tant que réalité vécue, depuis 2000, les films « s’urbanisent » et Beyrouth devient le centre des interrogations » (Aimée Boulos, Présidente de la Fondation Liban Cinéma). En témoignent les films projetés aujourd’hui : Lamma Hikyit Maryam d’Assad Fouladkar, Le Dernier Homme de Ghassan Salhab, Yawmon Akhar de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige et Falafel de Michel Kammoun
Projection - Films en compétition
8.30 - 13.30 - 22.30: PARANOID PARK (1h25)de Gus Van Sant
Lauréat de la Palme d’Or et du Prix de la mise en scène avec Elephant en 2003, le réalisateur Gus Van Sant nous revient cette année avec Paranoid Park, un long-métrage dans lequel les protagonistes sont de nouveau des adolescents. Dans cette adaptation du roman homonyme de Blake Nelson, il est question d’Alex, un jeune skateur de 16 ans, qui a tué accidentellement un agent de sécurité tout près du skatepark le plus malfamé de Portland, le Paranoid Park. Prenant la décision de ne rien dire, il s’expose à un gros problème de conscience...
Tourné à la fois en super 8 et en 35mm dans le Portland natal de Gus Van Sant, Paranoid Park offre la particularité d’être interprété par de jeunes acteurs amateurs recrutés via Myspace. S’exprimant sur ce sujet, le réalisateur, qui a également connu par le passé les honneurs du Festival de Cannes avec la sélection Hors Compétition de To Die For en 1995 et celle de Last Days en Compétition en 2005, déclare : « Je pense que c’est ce que devraient faire toutes les agences de casting pour trouver des lycéens, surtout maintenant que Myspace est à ce point répandu. Nous avons fait comme les autres, en essayant simplement de trouver les moyens de convaincre des amateurs de jouer dans le film. »
16.00: IMPORT EXPORT (2h15) de Ulrich Seidl
Import Export, présenté en Compétition, marque le retour d’Ulrich Seidl à Cannes, cinq ans après qu’il ait dévoilé son sulfureux Dog Days à la Semaine Internationale de la Critique. Son nouveau long-métrage évoque deux trajectoires opposées : celle d’une jeune infirmière ukrainienne se rendant en Autriche pour trouver un emploi et celle d’un jeune Autrichien s’installant en Ukraine afin, lui aussi, de gagner sa vie. Tourné dans des conditions extrêmes, par des températures avoisinant les moins trente degrés, Import Export est porté par Ekateryba Rak et Paul Hofmann, deux acteurs amateurs dont c’est la première expérience devant une caméra.
Décrit comme « un film sur la sexualité et la mort, le pouvoir et l’impuissance, les gagnants et les perdants, ceux qui vivent et ceux qui meurent,… », Import Export s’inscrit dans la logique de travail de son auteur. Ulrich Seidl déclare : « Mon propos n’est pas uniquement de divertir le spectateur, mais aussi de le toucher, voire de le déranger. Mes films ne critiquent pas des personnes, mais la société dans laquelle ils vivent. Et j’ai une conception claire de la dignité. Un film atteint son objectif lorsqu’il dépasse le divertissement et pousse le spectateur à découvrir quelque chose en rapport avec sa propre vie. Mon intention est de renvoyer au spectateur une image de lui-même. »
Hors compétition
10.45 - 19.30: A MIGHTY HEART (1h48)(Un Coeur invaincu) de Michael Winterbottom
Après avoir été Juré en 1998 et avoir vu certains de ses films présentés en Section Parallèle (Jude en 1996) ou en Compétition (Welcome to Sarajevo en 1997, Wonderland en 1999 et 24 Hour Party People en 2002), le réalisateur britannique Michael Winterbottom voit pour la première fois l’un de ses longs-métrages sélectionné Hors Compétition au Festival de Cannes. Il s’agit de sa nouvelle œuvre, A Mighty Heart, une adaptation des mémoires de Mariane Pearl (Un Cœur Invaincu), épouse du journaliste défunt Daniel Pearl. Chef du bureau Asie du Sud du Wall Street Journal, celui-ci trouva la mort dans de mystérieuses circonstances au Pakistan alors qu’il enquêtait sur Richard Reid, le « terroriste aux semelles explosives » du vol Paris-Miami. La mort tragique de Daniel Pearl, son courage et sa foi inébranlable dans le pouvoir de la presse ont conduit sa femme à écrire ce roman, dans lequel elle relate les efforts intenses qu’elle fit pour identifier et retrouver les assassins.
Le rôle de Mariane Pearl est tenu par l’actrice Angelina Jolie, dont le compagnon Brad Pitt avait acquis, via sa société de production Plan B Entertainment, les droits du livre en 2003. Michael Winterbottom fut immédiatement emballé par le projet : « J’étais au Pakistan en 2001, à l’époque où Daniel et Mariane couvraient le conflit afghan. Nous étions alors en train de filmer In This World dans la ville de Peshawar lorsque nous apprîmes la mort de Danny. J’avais donc une expérience personnelle de ce pays avant de lire ce récit qui m’a fait une forte impression. J’y ai retrouvé ma propre image du Pakistan. » Concernant sa préparation au rôle, Angelina Jolie déclare : « Mariane a connu les pires aspects de notre monde, et elle a surmonté son drame avec la conviction qu’on ne peut pas simplement s’abandonner à la colère et à la haine, mais qu’on doit poursuivre le dialogue. Si je n’arrivais pas à la représenter avec sa beauté, sa force, son ouverture d’esprit et son amour, j’aurais rendu un mauvais service et fait du tort à cette femme d’exception. »
Un Certain Regard
11.00 - 16.30: LA SOLEDAD 2h13 (Solitary Fragments) de Jaime Rosales
Après le succès de son premier long-métrage Las Horas del Día, prix FIPRESCI à la Quinzaine des Réalisateurs de Cannes en 2003, Jaime Rosales revient sur la Croisette présenter dans la section Un Certain Regard La Soledad. Le réalisateur-scénariste espagnol s’intéresse au destin de deux femmes, Adela et Antonia, dans le Madrid d’aujourd’hui. La première, seule à élever son enfant, sera brisée par un attentat terroriste, tandis que la seconde verra sa famille se déchirer pour une histoire d’argent…
« Tout a commencé par une émotion, se rappelle Jaime Rosales. Une émotion diffuse sur la vie, sur le monde qui nous entoure, sur les relations qui nous unissent les uns aux autres. Cette émotion est devenue un besoin de faire un film, de partager avec le spectateur des préoccupations, une certaine angoisse aussi. D’une certaine façon, la mort est au centre de cette angoisse. Nous sommes faits pour souffrir mais aussi pour surmonter la souffrance. Nous sommes des êtres durs et sensibles mais au bout du compte, notre dureté prend le pas sur notre sensibilité. Ce film montre des moments de dureté et des moments de fragilité de la vie des personnages. Finalement, la vie continue son chemin à travers le temps. »
14.00: EL BAÑO DEL PAPA 1h37 de César Charlone, Enrique Fernandez
Présenté dans la section Un Certain Regard, El Baño del Papa est un premier film co-réalisé par Enrique Fernández et César Charlone. En lice pour la Caméra d’Or, cette comédie dramatique raconte l’émoi des habitants d’un petit village en Uruguay qui s’apprête à recevoir la visite du Pape Jean-Paul II. Tous n'ont plus qu'une idée en tête : vendre sandwiches et boissons à la foule qui se pressera pour accueillir le Saint Père. L’occasion pour Beto, petit contrebandier misérable, de faire enfin fortune en construisant des toilettes pour les pelerins…
« Nous avons fait un plan de tournage très précis et avons beaucoup répété avant de tourner, raconte Enrique Fernández. Nous avons eu de longues discussions à propos des personnages, des situations, des enjeux du film, et de la manière de les rendre à l’écran. Le tournage a été facile et agréable. Sur le plateau, nous sommes restés très proches pour la direction des acteurs. César prenait soin de tout ce qui était lié à l’aspect visuel, pendant que je m’assurais que nous restions fidèles à notre scénario. »
22.00: AM ENDE KOMMEN TOURISTEN 1h25 (And Along Come Tourists / Et puis les touristes) de Robert Thalheim
Présenté dans la section Un Certain Regard, Et puis les touristes est le second long-métrage de Robert Thalheim. Il y décrit, depuis la perspective d’un jeune Allemand, le quotidien d’une ville polonaise immortalisée par les crimes nazis et la difficulté à trouver des moyens adéquats de ne pas oublier.
« C’est évidemment formidable d’être selectionné, confesse le réalisateur allemand. Je ne suis jamais allé à Cannes et je suis très heureux de penser que les gens s’arrêteront certainement sur le film, et que nous pourrons poursuivre avec le public les discussions que nous avons eues pendant tout le développement du thème. C’est une belle récompense pour le long chemin que les producteurs Britta Knöller et Hans-Christian Schmid ont parcouru à mes côtés. »
Hors Compétition - Séances Spéciales : « Boxes » de Jane Birkin
Jane Birkin vient cette année au Festival de Cannes pour présenter Boxes, son premier film en tant que réalisatrice. Venue par le passé défendre des œuvres sélectionnées en Compétition telles que La Pirate (1984), Daddy Nostalgie (1990) et La Belle Noiseuse (1991), elle concourt aujourd’hui pour la Caméra d’Or. Avec Boxes, elle livre une chronique douce amère sur une femme en plein questionnement sur sa vie. Son personnage, Anna, vient de s’installer dans sa nouvelle maison, remplie de cartons d’emménagement. De chaque boîte surgissent des souvenirs. A cette période vertigineuse de sa vie, le temps court toujours plus vite, Anna prend son élan pour affronter le passé, pour essayer de se projeter dans l'avenir... Et croire encore à l'amour ?
« C’était il y a une dizaine d’années, se rappelle Jane Birkin , je voulais écrire un film sur la crise d’une femme de 45-50 ans et de cette vertigineuse terreur : à quoi être utile quand on cesse de pouvoir des enfants ? Qu’est-ce qui va se passer ? Comment va se passer ? Est-ce que quelqu’un m’aimerait si je n’avais cet encombrant passé ? C’est une grande question pour moi. (…) Quand j’ai décidé de faire ce film, c’était aussi dans le même temps, ce moment précis où un homme vous trouve aimable, et qu’une adolescente rebelle le prend très mal, où les autres enfants trouvent que vous n’avez pas été claire sur les autres séparations, et finalement sur ce moment où tout le monde vous en veut de quelque chose. »
|