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Sont aujourd’hui présents à Cannes :
Mathieu Amalric, Fanny Ardant, Asia Argento, Ariane Ascaride, Blanca Balti, Misha Barton, Zoe Bell, Jane Birkin, Elodie Bouchez, Amira Casar, Cécile Cassel, Patrick Chesnais, Marie-Josée Croze, Rosario Dawson, Catherine Deneuve, Julie Delpy, Faye Dunaway, Song Fang, Zoé Félix, Sara Forestier, Julie Gayet, Raisa Gichaeva, Marie Guillard, Marina Hands, Irène Jacob, Do-Yeon Jeon, Angelina Jolie, Adrien Jolivet, Gérard Jugnot, Miroslav Krobot, Doutzen Kroes, Tuncel Kurtiz, Vincent Perez, Marc Labrèche, Bernadette Lafont, Michel Leeb, Salomé Lelouch, Noémie Lenoir, Diego Luna, Chiara Mastroianni, Taylor Momsen, Gabe Nevins, Ermanno Olmi, María Pankratz, Alysson Paradis, Krzysztof Penderecki, Brad Pitt, Jocelyn Quivrin, Sandrine Rigaud, Stefania Rocca, Mickey Rourke, Claudia Schiffer, Hanna Schygulla, Emmanuelle Seigner, Kang-Ho Song, Tilda Swinton, Quentin Tarantino, Vittorio Taviani, Paolo Taviani, Tracie Thoms, Miriam Toews, Giuseppe Tornatore, Galina Vishnevskaya, Cornelio Wall Fehr, Vanessa Ferlito, Lucas Huang, Simon Iteanu, Ana Katz, Ayanat Ksenbai, Dan Liu, Noémie Lvovsky, Alessandra Martines, Carlos Portaluppi, Kurt Russell, César Troncoso, Max Von Sydow, Natacha Régnier, Hippolyte Girardot et Hélène De Fougerolles
Projection - Films en compétition
8.30 - 19.00: AUF DER ANDEREN SEITE (2h02) (The Edge of Heaven / De L'Autre côté) de Fatih Akin
Le réalisateur Fatih Akin entre aujourd’hui en Compétition avec son nouveau long-métrage intitulé De l’autre Côté. Il était déjà présent sur la Croisette il y a deux ans en tant que membre du Jury et pour la présentation, Hors Compétition, de son documentaire Crossing the Bridge : the Sound of Istanbul. Après son Ours d’Or à Berlin avec Head-on en 2004, Fatih Akin a connu le syndrome du blocage : « Je sentais qu’on me mettait la pression pour faire mieux que mon précédent film. Je voulais moi-même un meilleur résultat d’un point de vue artistique. Il fallait que j’arrive à me prouver que je n’étais pas allé au bout de mes possibilités. » Il en résulte De l’autre Côté, un drame actuel et complexe qui se penche sur l’importance des racines à son pays, sur la dualité des cultures, sur la mort, sur le pardon…
Malgré les réticences de son fils Nejat, Ali, qui est veuf, décide de vivre avec Yeter, une prostituée, d’origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, ne tarde pas à se prendre d'affection pour la douce Yeter lorsqu’il comprend qu'elle envoie presque tout son salaire à sa fille, en Turquie, pour lui payer des études supérieures. La mort accidentelle de Yeter va éloigner durablement le père de son fils…
« Le cinéma tient une place considérable dans ma vie, explique le réalisateur allemand d'origine turque. Mais il n’est rien à côté des problématiques telles que la naissance, l’amour et la mort. Pour passer vraiment à l’âge adulte, je me suis dit qu’il fallait que je réalise trois films. On peut appeler ça une trilogie, si l’on veut – mais en tous les cas, il s’agit de trois films indissociables, car ils traitent respectivement de l’amour, de la mort et du mal. Head-on parle d’amour. De l’autre Côté parle de la mort – la mort dans la mesure où chaque décès est une naissance : la mort et la naissance ouvrent toutes deux la voie à d’autres dimensions. Avec De l’autre Côté, j’ai le sentiment d’avoir atteint une nouvelle dimension, mais il manque encore quelque chose qui sera au cœur du troisième film – un film qui parlera du mal. Je pense à ces trois films comme à mes « devoirs », une fois qu’ils seront terminés, je pourrai passer à autre chose. Je pourrai peut-être aborder le film de genre et m’essayer au film noir, au western et même au cinéma d’horreur. »
11.30 - 22.00: THE MAN FROM LONDON 2h12 (L'Homme de Londres) de Béla Tarr
Venu au Festival de Cannes en 2000 pour présenter en Section parallèle Les Harmonies de Werckmeister, le réalisateur hongrois Béla Tarr concourt cette année pour la Palme d’Or avec son nouveau long-métrage intitulé L'Homme de Londres. Cette adaptation du roman homonyme de Georges Simenon raconte comment, en devenant le témoin d’un meurtre, un homme solitaire, joué par l’acteur Miroslav Krobot, voit sa vie basculer. Le voilà confronté au péché, à la morale, au châtiment, écartelé à la frontière de l’innocence et de la complicité. Et cet état de scepticisme l’entraîne sur le chemin de la réflexion, sur la signification de la vie et du sens de l’existence.
Egalement interprété par Tilda Swinton, le film touche à cet indestructible désir des hommes pour la vie, la liberté, le bonheur, les illusions jamais réalisées, à ces riens qui nous apportent l’énergie, pour continuer à vivre, à s’endormir, à s’éveiller, jour après jour. L’histoire de Maloin est la nôtre, celle de tous ceux qui doutent et qui peuvent encore s’interroger sur leur pâle existence. « Si je devais répondre à la question de savoir pourquoi j’ai aimé et choisi cette histoire, déclare Béla Tarr, la réponse la plus adéquate serait, je crois, que c’est parce qu’elle traite à la fois de l’aspect universel et quotidien de la vie. Cette œuvre est à la fois cosmique et réaliste, divine et humaine ; pour moi, elle englobe la totalité de l’homme et de la nature tout comme leur banalité. »
16.00: PERSEPOLIS (1h35) de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud
Premier long-métrage et première sélection en Compétition au Festival de Cannes pour le duo Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud. Ces deux co-réalisateurs viennent en effet sur la Croisette présenter Persepolis, un film d’animation qui concourt également pour la Caméra d’Or. Adapté de l’œuvre originale de Marjane Satrapi, ce long-métrage voit son action débuter à Téhéran, en 1978, à la veille de la Révolution islamique. On y suit le destin de Marjane, une fille de 8 ans, qui se rêve en prophète sauvant le monde, puis, avec l’instauration de la République islamique, en révolutionnaire. Durant la guerre contre l’Irak, ses parents vont l’envoyer en Autriche pour la protéger. C’est là que Marjane va vivre sa deuxième révolution : l’adolescence, la liberté, les vertiges de l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence.
Revenant sur la genèse du projet, Marjane Satrapi déclare : « Ce qui m’intéresse le plus dans la vie, c’est d’apprendre, de tenter de nouvelles expériences. En fait, après avoir fait des bandes dessinées, des livres pour enfants, des dessins pour des journaux, des fresques murales… J’avais le sentiment d’arriver à une période de transition. Mais je savais aussi que je ne voulais pas faire un film toute seule. Et s’il fallait le faire à deux, je ne pouvais le faire qu’avec Vincent. Il était partant, excité comme moi par le défi que ça représentait. Je me suis dit qu’on allait bien rigoler… Parfois, ça tient à des riens, les décisions dans la vie… Comme je connaissais Marc-Antoine Robert, on a commencé à travailler ensemble. »
Hors compétition
00.30: GO GO TALES 1h36 de Abel Ferrara
Avec Go Go Tales, présenté Hors Compétition en Séance de minuit, Abel Ferrara effectue sa cinquième venue à Cannes après y avoir défendu Bad Lieutenant dans la section Un Certain Regard en 1992, Body Snatchers en Compétition en 1993, The Blackout en Hors Compétition en 1997 et Christmas dans la section Un Certain Regard en 2001. Pour ce nouvau film, le réalisateur américain a réuni devant sa caméra un casting international composé de Willem Dafoe, Bob Hoskins, Matthew Modine, Asia Argento et Lou Doillon. Go Go Tales, immersion dans l’univers du strip-tease, met en scène le pathétique mais émouvant gérant d’un club de Manhattan. Devant faire face à une faillite imminente, il va se battre pour remonter à la surface, et ce quelqu’en soit le prix…
Go Go Tales est l’hommage d’Abel Ferrara aux clubs de strip-tease qu’il fréquentait, jeune, à New York, dans le quartier de Broadway. Il se souvient : « Je faisais mon entrée comme un prince, et une fois à l’intérieur, les filles m’éblouissaient au premier coup d’œil. Elles étaient vraiment fabuleuses : grandes, cools et déchaînées. Peut-être était-ce la combinaison de leurs corps presque nus dansant pour des hommes bien sapés, et de la musique qui semblait toujours meilleure que partout ailleurs, qui rendait les souvenirs si vivants. »
Un Certain Regard
11.00 - 16.30: KUAILE GONGCHANG 1h28 (Pleasure Factory) de Ekachai Uekrongtham
Kuaile Congchang est une chronique intime et séduisante, qui réunit à Geylang, quartier chaud à la fois populaire et peu connu de Singapour, des personnages en quête de plaisir et de ceux à même de le leur fournir. Présenté dans la section Un Certain Regard, Kuaile Congchang est le deuxième long-métrage de Ekachai Uekrongtham, metteur en scène thaïlandais de cinéma et de théâtre, très primé dans son pays.
« Autrefois, raconte-t-il, le quartier de Geylang abritait surtout des usines qui transformaient les produits issus des plantations de cocotiers. De nos jours, les machines tournent toujours à plein régime – mais elle produisent désormais du plaisir pour ceux qui le recherchent, nuit après nuit. Avec ce film, j’ai tenté de montrer les barrières qui empêchent les personnages de connaître vraiment le plaisir. Je voulais que le film soit à la fois profondément sincère et réaliste. Je voulais qu’il nous confronte à un monde à la fois répugnant et beau, obscur et lumineux, triste et drôle, chaud et froid, abrupt et raffiné. Si ce plaisir peut être fabriqué à la chaîne, que restera-t-il lorsque les machines s’arrêteront ? »
14.00 - 22.00: ET TOI, T'ES SUR QUI ? 1h30 (Just About Love?) de Lola Doillon
En lice pour la Caméra d’Or, Et toi, t’es sur qui ? est le premier film de Lola Doillon, fille de Jacques Doillon, présenté dans la section Un Certain Regard. Comme son père, la jeune réalisatrice de 32 ans filme les amours adolescents, leurs difficultés, leurs joies et leurs peines… Élodie, quinze ans, décide avec sa meilleure amie, Julie, une gothique du même âge, de coucher pour la première fois avec des garçons. Il ne leur reste qu'une semaine avant les vacances. Elles vont se confronter à une réalité qu'elles avaient envisagée différente…
Lola Doillon raconte la genèse de son film : « C’est venu après avoir réalisé le court-métrage Majorettes, qui racontait trois petites histoires d’adolescents. Comme le tournage s’était bien passé, que j’avais aimé diriger les ados, j’ai eu l’envie de prolonger et d’approfondir cette aventure dans mon premier long-métrage. Je me suis donc posé la question : « Qu’est-ce que vivent les adolescents ? ». Or ils vivent beaucoup de premières fois, y compris sexuelles ou sentimentales. Ils ont tout d’un coup beaucoup de responsabilités qui leur tombent sur le coin de la gueule, des choses qu’ils apprennent à vivre dans beaucoup de domaines, notamment en amour. Et tout ça, c’est compliqué à vivre. C’est ce débordement de confusion qui me touche. Tout le monde a vécu ça, c’est universel. Je me suis dit que c’était ça mon sujet, « les premières fois ».
Texte Copyright Festival de Cannes 2007
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