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Christophe HONORE  

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Note d'intention 17 FOIS CECILE CASSARD

"Il y a des femmes aux fenêtres. Si je laisse ma mémoire trier, ce sont d'abord ces images là qui apparaissent, des actrices encadrées. Derrière les vitres, le visage de Kim Novak dans "Vertigo", celui de Jeanne Moreau dans "Querelle", d'Anouk Aimée dans "Lola". Elles regardent toutes plus ou moins le même homme partir et elles ont toutes le regard de celles qui restent, celles qu'on abandonne. A la fois protégées et désignées par les fenêtres, elles s'imposent dans la douceur, avec ce peu d'espace autour d'elles dont elles sont maîtres.


L'image suivante ce sont deux cowboys au bord de l'eau. L'heure tranquille, loin des chevaux. La nuit tombe. Ils se parlent délicatement. Ils parlent de ce qu'ils feront à la fin du film, la ferme, la femme, les enfants... A côté d'eux le fleuve clapote ironiquement, il nous rappelle que de toute façon avant la fin du film, un des deux cowboys sera mort. Dans les westerns, les seuls vrais territoires que les fleuves séparent sont ceux des vivants et des morts.


"17 fois Cécile Cassard" s'est construit sur ces deux images du cinéma. La femme encadrée et le fleuve du western. Sa mémoire vive se tient là, tout contre l'histoire des films qui m'ont touché. Je pourrais dire aussi que "17 fois" vient d'une autre mémoire, beaucoup plus familiale, qu'il vient d'une image de ma mère qui nettoie une grande pierre plate de granit polie alors que ses fils jouent à cache cache entre les tombes, je pourrais aussi citer mes mots d'enfant ne sachant pas encore que l'enfance s'est achevée, "hé maman, il faut refaire ta vie", des mots de rien du tout qui pourtant se révèlent sonner comme l'injonction d'un chœur. Mais je me méfie de cette intimité, je préfère Hitchcock, Demy et Fassbinder. Je préfère croire que les nouveaux films viennent des déjà films, que c'est par eux qu'ils sont nourris et éclairés."

"Je me doute qu'un jour, quelqu'un finira par me demander pourquoi je n'ai pas choisi d'écrire l'itinéraire de Cécile Cassard sous forme d'un roman, et déjà je sens que je vais être agacé par cette question. Que ce sera plus fort que moi, je l'entendrai comme un reproche, du type qu'est-ce que vous venez faire ici, vous qui avez déjà les romans. La réponse est pourtant simple : Cécile Cassard doit tout au cinéma, elle ne peut tenir droite qu'au milieu d'un plan, pas au milieu d'une phrase. C'est un personnage qui a besoin d'espace et de durée, un personnage qui demande à être incarné, pris en main par une actrice, regardé par un cinéaste, la lecture ne suffit pas à faire exister un tel personnage."

"Cécile Cassard en dix-sept fois.
Dix-sept moments pour baliser une vie qui se métamorphose, dix-sept stations qui tissent une histoire, qui la construisent, parfois à la manière de Pénélope, broder le jour, débroder la nuit, n'empêche, qui travaillent toutes ensemble, se répondant au bord de la Loire de manière linéaire, puis, lorsqu'on aborde les rives de la Garonne, le lien fait place à la discontinuité, les ellipses gagnent du terrain, le temps entre les stations grandit, Cécile Cassard est bientôt envisagée en pointillé, remettre l'imaginaire au travail. Une inconnue dans la ville. Une étrangère en ce monde... Avec comme seule assurance qu'elle n'est pas déjà morte, le regard porté sur elle par quelques hommes... Une femme qui s'abandonne au dernier espoir. Jusqu'à l'émergence du bonheur. A travers l'abandon et le renoncement, pouvoir voir Cécile Cassard heureuse. Et ce bonheur là ne sera pas un bonbon, un sucre en récompense des épreuves qu'elle a dû endurer. Non, il sera le cœur des épreuves, comme la réalité retrouvée de l'abandon et du renoncement, du mari mort et du fils perdu. Le bonheur de Cécile est son essence même, son immoralité penseront certains, moi je crois qu'il est plutôt sa persévérance, son insolite désir de vie. Voilà ce que je veux filmer, une femme qui s'obstine à vivre, je veux filmer la joie de vivre."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Synopsis


 

 

Casting


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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