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Le Drugstore, là-haut, tout près de la Place de l'Etoile, ouvert en 1958 au
rez-de-chaussée de l'immeuble de l'ancien hôtel Astoria à l'angle des Champs et
de la rue de Tilsitt, n'existe plus, dévoré par un incendie spectaculaire une
nuit de septembre 1972, revendiqué parmi de multiples appels par l'organisation
palestinienne Septembre noir. L'édifice actuel qui le remplace n'offre pas
d'autre intérêt que d'être le siège de Publicis. Le Drugstore, la bande s'y tint de 1960 aux derniers jours de 67, allumant au
cour d'une génération d'adolescents parisiens le désir d'en faire partie.
Impossible désir du reste, puisque de nombreux groupes cohabitèrent et se
succédèrent sans jamais qu'aucun n'avoue qu'il cherchait à être un membre du
club. Le premier qui aurait énoncé qu'il était un mec du Drug aurait été frappé
pour toujours du sceau du bidon. L'appartenance ne se revendiquait pas. La
qualité de drugstorien n'était jamais réclamée par celui qui savait bien qu'il en
ralliait tous les suffrages. Au Drugstore, des groupuscules, des couples d'amis,
ou trios, comme celui auquel j'appartenais, se côtoyaient. Sous la loi du Drug,
la bande du Pub Renault, et plus loin, la grande cohorte des minets éparpillée
dans les lycées parisiens, et avec un métro de retard, jusqu'en province.
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Premier long
metrage pour Lucien
Gainsbourg
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