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Après sept années d'aide sociale, de logement insalubre,
"d'inadaptation au monde du travail", et à 50 ans passés, Jean-Claude n'est plus
sûr que d'une chose : s'il a réussi à tenir le coup tout ce temps, ce n'est pas
par hasard, mais grâce à son idole, son Dieu... Charles Aznavour !
Il
connaît toutes ses chansons par coeur. Charles lui a dicté sa conduite à chaque
moment important de sa vie : il s'est engagé dans la Légion après avoir vu UN
TAXI POUR TOBROUK, et a même chanté "La Mamma" à la mort de la sienne.
Pour tous ces moments intenses, durant lesquels il a trouvé soutien et
réconfort, Jean-Claude décide qu'il est grand temps de remercier "Charles"
!
Ça lui prend comme ça, un matin. Et comme il a peur d'être intimidé, de
ne pas trouver les mots, il enregistre ses remerciements sur bande vidéo, filmés
par son neveu Benoît. Une fois la déclaration d'amour "dans la boîte", c'est
pour lui une évidence Charles doit recevoir la cassette en mains propres... Et
c'est à pied qu'il va aller la lui apporter : Roubaix / Paris, ça fait jamais
que 200 bornes... Et il y a trop longtemps qu'il n'a pas fait d'exercice.
Benoît, qui est du voyage, décide de filmer son oncle pendant son "pèlerinage".
De jour comme de nuit, il enregistrera tout sans dormir ou presque : la
rencontre avec Arsène, l'antillais au chômage, Boris l'éboueur - un petit
bonhomme un peu demeuré qui commence toutes ses phrases par "En tout
cas"...
Ils seront quatre désormais sur cette route pavée du
Paris-Roubaix. Portés par les chansons d'Aznavour, leur traversée sera ponctuée
de rencontres en tous genres et de discussions interminables sur le "Grand
Charles", selon Jean-Claude, ne manquera pas de les recevoir à Paris : "Et quand
je vous dis que c'est du sûr, c'est pas du à peu près."
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