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François Mitterrand a incarné la possibilité du socialisme en France et en Europe
au moment même où les pays socialistes s'effondraient dans le monde entier.
Il a, qu'on le veuille ou non, qu'elles qu'aient été, dans son destin,
les parts de conviction et d'ambition personnelle, rendu le rêve socialiste
crédible pendant une longue décennie.
Cette décennie, je l'ai vécue avec obstination.
Poser à nouveau, aujourd'hui, la question d'une alternative
au capitalisme mondialisé à travers un personnage historique
me semble être en droite ligne (devrais-je dire en gauche ligne)
avec tout ce que j'ai tenté de faire jusqu'à présent :
c'est-à-dire participer à travers le cinéma aux interrogations de notre époque.
LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS est une fiction librement adaptée du livre
de Georges-Marc Benamou : LE DERNIER MITTERRAND.
Ce récit était déjà une mise en forme artistique par sa construction
et par son interprétation permanente des faits relatés.
Par ailleurs, il permettait de développer en toute liberté le personnage
du jeune journaliste dans lequel je pouvais m'investir face à un personnage
plus contraignant par définition parce que historique.
Enfin et surtout, le livre contenait l'idée d'un "compte à rebours"
face à la maladie et à la proximité de la mort.
LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS tient tout entier dans
la conversation-relation entre ce jeune homme en quête de certitude
et ce vieil homme saisi d'effroi devant sa prochaine disparition.
Par ailleurs, le désir de m'éloigner de mon sentier battu me titillait
depuis longtemps. Non pas que j'éprouve les moindres gêne ou empêchement
à y cheminer mais. La curiosité.
Il fallait pour cela un enjeu à la mesure de cette curiosité, un sentier très différent.
C'est Frank Le Wita qui m'a proposé ce film, assorti de la présence de Michel Bouquet.
Et si le film est une fiction sur François Mitterrand, c'est aussi un document
sur l'art de Michel Bouquet.
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