Titre original :
Origine : Israel
Sortie : 15 novembre 2006
Réalisateur :Amos Gitai
Scénariste:
Image: Haim Asias
Son: Ravid Dvir, Alex Claude, David Gillain
Montage: Isabelle Ingold
Recherches: Ayelet Tamari, Jamil Khoury
Producteurs: Amos Gitai , Michael Tapuach, Laurent Truchot, Patrick Quinet
Genre : Documentaire
Durée : 97 Minutes
Distribution:
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Synopsis
25 Ans après « House » (1980) et 14 ans après « Une maison à Jérusalem » (1998), Amos Gitai revisite la maison et son voisinage. Regards sur son pays au travers des personnages israéliens et palestiniens qui traversent le temps, au milieu du tumulte du Moyen-Orient, autour de ce lieu unique. Regards sur les différentes transformations au fil de ces dernières 25 années, de cette métaphore qu’est la maison et des personnages qui s’y rattachent.
Comme un archéologue, Amos Gitai inspecte, couche par couche, le tissu humain. Le tailleur de pierre palestinien de 1981 qui, aujourd’hui, a 70 ans et vit dans son village de Waladja, séparé depuis peu par le mur. Le Docteur Dajani, l’ancien propriétaire palestinien, né dans la maison, et dont la famille est aujourd’hui dispersée dans le monde entier. Michel Kichka, le voisin belge ; Claire Cesari, la propriétaire actuelle, sont autant de destinées qui retracent l’histoire de cette région vécue de façon intime, les yeux dans les yeux, à hauteur d’homme.
Note d’intention du réalisateur
Récemment, le projet gouvernemental du mur a séparé deux villages en Cisjordanie, Batir et Walaja, de leurs terres arables. Le mur passe entre les maisons et les champs créant une large cicatrice dans le paysage, bloquant l’accès aux villages et détruisant le système d’irrigation utilisé depuis des centaines d’années. Le tailleur de pierre de mon film de 1980 est originaire de Waladja. J’ai décidé de retourner à Jérusalem Ouest, revoir la maison qui était le sujet de deux de mes films ; il y a 25 ans dans HOUSE et également en 1998 dans A HOUSE IN JERUSALEM. Toujours le même microcosme de la société israélo-palestinienne. NEWS FROM HOME / NEWS FROM HOUSE étaye encore la densité des biographies de la région. Le tailleur de pierre a maintenant 70 ans. Le docteur Dajani, le premier propriétaire de la maison vit à Jérusalem Est. Sa cousine, Rabija Dajani, vit à Amman. Claire Cesari, la propriétaire actuelle, Steve Levy, l’entrepreneur construisant les nouveaux bâtiments à côté, Michel Kichka, le voisin... Des nouvelles de la maison est une sorte d’écho des deux chapitres précédents. La désintégration de la maison et de ses habitants, emportés aux quatre vents en tout fin fragments que l’on retrouve dans les diaspora au Canada, en Jordanie, à Gaza... Pour un cinéaste, qui voyage vers ces endroits, la réalité devient une juxtaposition de ces fragments de souvenirs contemporains et archaïques.
C'est un film tourné plusieurs fois pendant vingt-cinq ans. Il raconte l'histoire d'une maison à Jérusalem et de ses habitants. C'est comme observer un site archéologique humain. Juste avant la guerre de 1948, la Maison appartenait au docteur Mahmoud Dajani. Puis la famille Touboul, de Colomb Béchar, s'y est installée. Son nouveau propriétaire, Haïm Barkai, un économiste, utilise des pierres des montagnes de Hébron pour la transformer (House / La Maison, 1980). Il y a neuf ans, Amos Gitaï est retourné sur le site de la maison et dans le quartier, la rue Dor Dor ve Dorshav ("chaque génération et ses maîtres"). Une maison à Jérusalem (1998) expose une nouvelle fois les rapports entre Israéliens et Palestiniens, entre habitants passés et présents. A sa façon, chacun devient la métaphore du destin de cette terre. Dans News from Home/News from House, le tailleur de pierres du premier film a aujourd'hui 70 ans. Il habite le nouveau village de Wallaja. Une partie de la famille Dajani vit à Amman. Certains habitants de la rue Dor Dor ve Dor Shav sont encore là. La Maison n'est plus cet espace commun qui unissait le premier film au deuxième. La juxtaposition des récits et des souvenirs se substitue maintenant au site de la Maison et d'Une maison à Jérusalem. L'espace est devenu un espace mental. Le lieu s'est décomposé en un microcosme qui se prépare à l'exil, intérieur ou extérieur. Au cours de ces vingt-cinq années, la réalité concrète s'est transformée en souvenirs, en mémoires. Nous assistons à la création d'une identité nouvelle, une identité de diaspora. Pour le cinéaste, le voyageur dans ces lieux, la réalité est une juxtaposition de ces fragments de mémoires contemporaines et anciennes que nous revisitons.
Information Complementaires
Le tailleur de pierre vient d’un village qui s’appelle Walladji, et a été rasé après la guerre de 1948. Le village a ensuite été reconstruit à côté de Batir. C’est en Cisjordanie, qui était sous contrôle jordanien jusqu’à la guerre des 6 jours, en 1967. Batir est un village palestinien qui porte le même nom que Betar, la dernière citadelle des Juifs, perdue en 135 après J.-C, 65 ans après la chute de Massada et 70 après l’incendie et la destruction de Jérusalem. Les Palestiniens l’appellent Hirbet el Yahud, ce qui signifie « la ruine des Juifs ». Notre tailleur de pierre est originaire de ce village. Depuis peu, le projet de mur inclut un tronçon qui va séparer les deux villages de leurs terres cultivables. Ce sera une immense cicatrice dans le paysage. Elle bloquera l’accès aux villages et détruira un système d’irrigation qui a des centaines d’années, si ce n’est plus.
Dans le cessez-le-feu négocié en 1949 sur l’île de Rhodes entre les Jordaniens et Moshé Dayan pour la partie israélienne, la frontière était censée longer la ligne de chemin de fer construite par les Ottomans, qui passe près de Batir et de Walladji, dans la vallée. Dayan avait insisté pour que la frontière soit établie 200m plus loin en territoire jordanien, à l’endroit où la ligne de chemin de fer suit une courbe. A l’époque, les Jordaniens avaient objecté que les villageois de Walladji et de Batir seraient obligés d’abandonner leurs villages, leurs terres étant situées entre la ligne de chemin de fer et les collines appartenant à Israël, en territoire israélien. Dayan donna alors un accord tacite qui ne figura nulle part, mais était en substance le suivant : si le train a le droit de passage, les villageois pourront cultiver leurs terres ; mais s’ils s’opposent au passage du train, ils ne pourront pas aller cultiver leurs
terres. Récemment, l’Etat d’Israël a tenté de contester le droit de propriété des Palestiniens sur cette terre en faisant valoir qu’il n’existe pas de contrat écrit. La Cour suprême a donné raison aux Palestiniens et dit qu’il s’agissait d’un accord oral qui devait être respecté. La compagnie de chemins de fer a décidé de rouvrir la ligne entre Tel-Aviv et Jérusalem. Elle a essayé elle aussi de contester le droit de propriété de certains terrains…
Festivals
Berlin International Film Festival / Berlinale 2006 - Présenté au Forum international du jeune cinéma
Paris : Cinéma du réel 2006 - Hors compétition
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