|
Écrit et joué par une jeune fille de 17 ans, le film suit le journal intime
d'une lycéenne qui rentre en première au lycée Claude Monet à Paris.
" Pucelle, demoiselle, jeune fille... Adolescente. Tous ces mots d'hier et
d'aujourd'hui désignent l'espèce de monstre que je suis, mi-gamine mi-femme. Je
réponds à l'étrange nom de Bethsabée Pasolini et au surnom de Bébé. Je suis née
un vendredi 13 mais je n'ai pas assez vécu pour savoir si ça m'a porté chance ou
pas.
Mon père est ostéopathe , il remet les gens à l'endroit, ma mère
colle des trucs sur des toiles, enfin elle est artiste-plasticienne. Quand elle
est dans sa période "poupées", elle me pique les miennes et leur enlève un oeil,
ou deux si elle est inspirée. J'ai failli oublier mon frère Fabien qui a deux
ans de plus que moi. Il se prend pour un grand mais, comme tout le monde le
sait, le corps calleux, partie du cerveau, mûrit à douze ans chez les filles et
à quatorze chez les mecs... et question maturité, je me sens à sa hauteur (sinon
plus).
Cette année, pour aller de mon quartier au bahut, un bus, le 62. Une
ligne droite, austère, sans virages ni ronds points...
A la maison il y a
les parents, à l'école les profs et dans le bus c'est le chauffeur le roi.
Comment trouver ma place dans toutes ces mini-sociétés, avec chacune leur maître
?
Je suis une éponge, j'absorbe tout ce que les autres m'envoient, bien
ou mal. Mais peu à peu, j'apprends à faire ce que mon père appelle "ma plume de
canard ", qui rend imperméable aux ondes indésirables. Je sais qu'à force de
vouloir prendre mon envol toute seule je peux me brûler les ailes... Faute de
prudence, elles sont déjà noircies mais mes plumes se renouvellent. C'est ma
première peau qui s'en va doucement ce qu'on appelle " le complexe du homard ".
Alors moi, Bébé, petite homarde, j'avance de traviole dans la vie,
pendant que cet enfoiré de bus, immuable, me conduit jour après jour tout droit
dans le monde. "
|