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Sommes-nous libres de mener notre vie conformément à nos désirs, ou sommes-nous les jouets du
destin ? Nous avons tous été confrontés à cette question, d'une manière ou d'une autre, et parfois dans
des circonstances inattendues. Même si notre voie est tracée, nous pouvons toujours tenter de modifier
le cours de notre vie et d'agir au mieux. Mais le destin n'a pas toujours le dernier mot, nous sommes
lescoauteurs de nos destinées.
Curieusement, le destin semble avoir joué un rôle non négligeable dans la façon dont j'ai réalisé WU JI,
LA LEGENDE
DES CAVALIERS DU VENT, que ce soit dans le choix de mes partenaires, des extérieurs et même de
certains personnages
principaux.
J'avais bien sûr imaginé cette histoire bien avant la préparation du film : il y aurait une belle Princesse,
un courageux
Esclave, un puissant Général ambitieux et charismatique, un Duc rusé et maléfique, tous mus par de
fortes passions :
la cupidité, l'ambition, la loyauté, la vengeance, la quête inlassable du grand amour.
La "remise en question de leur destinée" ne serait pas seulement réglée par d'irrépressibles besoins et
désirs, mais aussi
par des promesses et des pactes scellés des années plus tôt. Qui plus est, j'avais situé l'histoire "3000
ans plus tôt, en
Asie". Telles étaient l'essence et les prémices du film. Mais une série d'événements se combinèrent
simultanément pour
donner à WU JI, LA LEGENDE DES CAVALIERS DU VENT une forme plus atemporelle.
Le rôle de l'Esclave est particulièrement important, puisqu'une bonne partie de l'intrigue tourne autour de
sa métamorphose,
d'une créature quasi animale en un être humain accompli, doté d'une stature héroïque. C'est, en un
sens, le personnage
qui fait le plus d'efforts pour transcender son destin et modifier le cours de sa vie - celui en qui je vois un
reflet de mes
propres aspirations.
Le film fini est différent de celui que j'avais prévu au départ, car il suit son propre cours. Peut-être le
destin murmure-t'il
à notre oreille, dans nos rêves et notre subconscient, des histoires que nous nous sentons obligés de
raconter. Mais
une chance nous est offerte de leur donner une autre forme, de les embellir et de nous les approprier. Chen
Kaige
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