Rue Santa Fe  
Documentaire  

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Rue Santa Fe

Rue Santa FeTitre original :Calle Santa Fe
Origine : France - Chili
Sortie : 31 octobre 2007
Réalisatrice : Carmen Castillo
Genre : Documentaire
Durée : 2H40

Distribution Ad Vitam Distribution

En selection officielle Un Certain regard - Au Festival de Cannes

 

 

 

 

 

 

Synopsis


C’est un film sur l’engagement politique, au plus près de la vérité d’une femme chilienne, Carmen Castillo, qui survit à son compagnon, Miguel Enriquez, chef de la Résistance contre la dictature de Pinochet, mort au combat, rue Santa Fe, dans les faubourgs de Santiago du Chili, le 5 octobre 1974.


Un récit tendu par une interrogation : tous ces actes de résistance valaient-ils la peine ? Miguel et les autres sont-ils morts pour rien ?


Au fil des rencontres, avec les habitants de la rue Santa Fe, la famille, les amis, leurs vies, leurs visages, Carmen Castillo parcourt un chemin, qui va de la clandestinité à l’exil, des jours lumineux d’Allende aux longues années sombres de la dictature, avec tous ceux qui ont combattu et ceux qui résistent encore aujourd’hui.

Se tissent l’histoire d’une génération de révolutionnaires et celle d’un pays divisé. La quête du sens de ces vies engagées nous conduira dans les sous-sols d’un pays amnésique où les morts ne sont pourtant pas morts et où les jeunes inventent, une nouvelle fois, un rêve.

 

Miguel Enriquez



Personnage central du film. C’est l’acte de résistance de cet homme libre, le souvenir fondateur. C’est donc “le sujet de l’acte” qui émerge. Non pas une biographie, mais l’humain, ombre et lumière, par à-coup, des fragments d’images, des mots de ses amis, puis la légende. Neurologue brillant, il quitte son métier en 1969, quand le mouvement populaire grandissant le mène à passer, un temps, dans la clandestinité. Sous sa direction, le MIR ne s’enfermera jamais dans le cercle de la violence et, en 1970, surprendra amis et alliés en appelant à voter pour Allende. Miguel était très proche d’Allende. Le 11 septembre 1973, avant de se suicider, le Président lui envoie le message : « Maintenant, c’est à toi de jouer, Miguel ». Une fois la machine à tuer de la Dictature de Pinochet en marche, Miguel décide de rester dans le pays, clandestin, et d’organiser la Résistance. « Le peuple ne peut pas se réfugier en masse dans les Ambassades, alors, nous, on ne s’exile pas. » Il n’y avait rien de sacrificiel en lui, il aimait la vie et la vie l’aimait. L’humour, l’amitié, une pensée ouverte, iconoclaste, inventive, il parlait à toute vitesse, charismatique et drôle, on le suivait dans un éclat de rire. Il meurt au combat le 5 octobre 1974. Il aurait pu s’enfuir, mais il est resté auprès de sa femme enceinte. Il
avait 30 ans.

 

 

Repères historiques Chili 1970 / 2006


 

Août 1965, création du Mouvement de la gauche révolutionnaire, MIR.
4 Septembre 1970, victoire de Salvador Allende, premier président socialiste. Le MIR appele à voter pour lui et organise le GAP “Groupe d’amis personnelles” qui assure sa sécurité. Le MIR appuie l’Unité Populaire, sans faire parti du gouvernement, et grandit dans les campagnes, les quartiers populaires, les syndicats et les étudiants.
11 septembre 1973, coup d’Etat militaire d’Augusto Pinochet. Rafles massives, torture, disparitions. Ecrasement des organisations sociales et des syndicats.Le MIR passe dans la clandestinité, interdit l’asile politique et tente une large alliance à la base pour organiser la résistance.
Novembre 1973, la dictature crée la DINA, sorte de gestapo chilienne avec le but d’anéantir en premier lieu le MIR : maisons clandestines de torture, politique de disparitions des prisonniers.
5 octobre 1974, mort au combat rue Santa FE de Miguel Enriquez, chef de la Résistance clandestine et du MIR. Puis, expulsion du pays de Carmen Castillo.
1978, politique du Retour clandestin des militants du MIR exilés.
1980, début des “protestas”, fort mouvement social non clandestin de résistance. Dans les poblaciones, bastions de la rébellion, une nouvelle génération de militants du MIR émerge. Ce large mouvement social mènera, entre autres, à la victoire du Non à Pinochet lors du référendum de 1989.
1985, mort des frères Vergara dans une “protesta” à Villa Francia. Fin 1985, division du MIR.
1989, auto dissolution du MIR.
1990, retour de la démocratie. Une transition lente dans le cadre constitutionnel de la Dictature commence.
Septembre 2004, levée de l’immunité d’Augusto Pinochet.

5 octobre 2004, à Santiago, Valparaiso, Temuco, lors des hommages au 30e anniversaire de la mort de Miguel Enriquez, on voit apparaître une nouvelle génération de résistants.

 

Quelques notes sur


 

Le MIR (Mouvement de la Gauche Révolutionnaire) A travers Gladys Díaz, Lucia Sepulveda, Margarita Marchi, Andrés Pascal Allende, Patricio Rivas, Pedro Fernandez et d’autres militants et dirigeants survivants du MIR, ce mouvement et sa mémoire vivante est un personnage à part entière
du film. Créé en 1965, dans la vague des Mouvements révolutionnaires d’Amérique Latine, le MIR considère la lutte armée comme un des moyens de lutter. Pas le seul ni le principal. Ni la géographie ni la culture du pays ne permettent de lancer une guérilla rurale. Le MIR n’est pas dans l’alliance de l’Unité Populaire, mais il appuie Allende et son gouvernement. Son programme repose sur le pouvoir populaire, l’autonomie et l’organisation à la base, une politique internationale
indépendante du bloc soviétique et de Cuba ; il défend la particularité du mouvement indien Mapuche, a un travail à l’intérieur des Forces Armées, crée des journaux, revues, documentaires, radios.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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