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Cyprien - Elie Semoun -

 

CYPRIEN - ELIE SEMOUNCYPRIEN - ELIE SEMOUN

Nom : Cyprien
Profession : Responsable informatique de Dress Code Magazine
Caractéristique : Leader One du Team jeux en réseau Godzilla, tombeur de ces clés usb

Comment le personnage du Bigleux est-il né ?
J’ai eu l’idée du Bigleux il y a des années : un type qui passait dans la rue en bas de chez moi avec de grosses lunettes et un énorme casque de walkman sur la tête qui chantait comme s’il était seul au monde. En le voyant, je me suis demandé comment un mec comme ça pouvait arriver à se taper une «jolie blonde à forte poitrine». Tout est parti du décalage entre son apparence et ce que je pensais être ses rêves, comme pour tous mes personnages, d’ailleurs.

Comment le projet du film est-il né ?
J’adore les films à sketchs des années 60-70. C’est ce que j’avais proposé à Arthur : j’avais réuni plein de petites scènes tirées de mes spectacles - Micheline, Georges-Andrée Gaillard, son fils et son père. En fait, au début, le Bigleux ne faisait pas partie de ma sélection. Je l’avais trop joué, et je ne voyais pas comment le faire vivre sur grand écran. Arthur sent bien les choses, et il pensait que Le Bigleux avait de quoi se développer et a eu l’idée d’en faire un DOCTEUR JEKYLL ET MISTER LOVE revisité...

C’est quoi le Top 10 de vos personnages ?
Quand je fais mes spectacles, j’ai l’impression d’être face à un club de fans qui connaissent mes personnages par coeur. Si je fais un petit déhanché, ils savent que c’est Toufik, si je prends une voie aiguë, ils savent que c’est Kévina, et les gens sont comme des fous. Cyprien faisait partie des tops.

Comme les Jedis avec leurs Padawan, avec CYPRIEN, vous avez créé une mythologie, une gestuelle, un comportement...
Cyprien, c’est un ado-adulte à part. On ne sait pas vraiment l’âge qu’il a, ni s’il a une sexualité. Il ressemble à ces ados pas très à l’aise dans leur peau qui marchent les bras le long du corps. Ça m’a inspiré.

Au cinéma, Cyprien existe dans une autre dimension, avec une autre histoire. Comment êtes-vous arrivé à dépasser les limites du personnage tel qu’il existait ?
J’ai créé une centaine de personnages pour les petites annonces, mais je prends de la distance avec eux. Je peux en parler comme d’un ami ou de quelqu’un que j’ai croisé dans la rue. C’est tellement vrai que la première fois que j’ai vu le film fini, je n’avais pas l’impression de me voir à l’écran. À force de côtoyer Cyprien, j’ai appris à l’aimer. Maintenant, je le trouve génial avec son côté FORREST GUMP très attachant, très émouvant.

Comment est-ce que l’histoire s’est construite ?
Je maîtrise les dialogues et les situations comiques sur des histoires courtes, mais pour des choses plus longues et structurées, j’ai un peu de mal. C’est pourquoi j’ai co-écrit cette histoire avec les scénaristes Benjamin Guedj et Romain Levy. On a créé l’univers de Cyprien, qui auparavant n’existait que devant un rideau rouge de photomaton, en le rendant accro à internet pour en faire le premier personnage «nerd» français. Pour lui qui n’a ni vie sociale, ni vie sentimentale, c’est assez cohérent. Tous mes personnages sont comme ça : ils sont face à un monde dans lequel ils n’arrivent pas à trouver leur place. Cyprien est un vrai gentil, toujours positif, même quand il se fait jeter, c’est pour ça qu’on l’aime bien. Ça fait ressortir le côté dur et cruel du monde qui nous entoure, et c’est encore plus visible dans l’univers de ce magazine de mode.

Être drôle, c’est bien, mais Cyprien et ses potes sont un peu plus que ça...
L’humour n’est pas une fin en soi. Je n’aime pas la blague pour la blague, sans rien derrière. En faisant rire, je veux aussi parler de choses qui touchent et qui émeuvent. Parce que je pense que beaucoup de gens peuvent se reconnaître dans ce qui arrive à Cyprien.

L’univers de Cyprien, c’est quoi ?
Benjamin Guedj et Romain Levy ont une grosse culture de cinéma américain, moi pas. Ils ont beaucoup apporté au film avec ça. Mais je connais mon époque, je sens très bien la tendance actuelle à se refermer sur soi, à cause ou grâce à internet, même si c’est censé nous ouvrir sur le monde. On a de plus en plus de moyens de communiquer et pourtant, les gens n’ont jamais été aussi seuls.

Clark Kent et Superman, Bruce Banner et Hulk, Cyprien et Jack Price, comment gérer une double personnalité ?
Avec Cyprien, ça allait, mais j’avais peur que l’on ne croie pas à Jack Price, son alter ego «beau gosse» un peu con. Dans la scène où je passe de Cyprien à Jack Price en me regardant dans une glace, j’angoissais à l’idée que les gens n’y croient pas. Le public se fera son idée, mais en tout cas, les rôles de composition où l’on passe d’une personnalité à l’autre, c’est mon grand kif !

Au final, il est comment Cyprien ?
Il est émouvant, sympathique, attachant, au final, on a envie d’être copain avec lui. Nous avons toujours eu ça en tête, dès l’écriture.

Votre scène préférée ?
J’adore la scène où je mime un dîner au restaurant alors que je suis seul sur mon vieux canapé. Elle développe la connaissance de Cyprien et de son intimité, c’est pour ça que je l’ai proposée à David. Peut-être que c’est parce que j’ai l’habitude de jouer seul. J’ai besoin de faire partager l’émotion au public. La solitude, la misère sentimentale, c’est une obsession pour moi. C’est pour ça que j’aime autant les comédies italiennes où les personnages sont à la fois pathétiques, bouleversants et drôles.

 

 

 



 

      

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