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Copacabana - Bande Annonce

 

 

Copacabana de Marc Fitoussi


 

Extrait Entretien avec Marc Fitoussi: Comment vous est venue l’idée de ce film ?

Tout d’abord, j’avais envie de faire le portrait d’un seul personnage. LA VIE D’ARTISTE, mon précédent long métrage, s’articulait autour de trois destins. Or, la logique du film choral m’obligeait à privilégier les seuls moments forts dans le parcours des protagonistes. Tout au contraire, Babou est quasiment de tous les plans de COPACABANA. Cette omniprésence m’a laissé toute latitude pour la mettre en scène, non seulement dans ses mésaventures rocambolesques, mais également dans ces moments de pas grand-chose qui illustrent le désoeuvrement mélancolique auquel elle s’abandonne parfois. Par ailleurs, je voulais explorer des thèmes que j’avais précédemment abordés dans BONBON AU POIVRE : une femme contrainte à suivre un stage de reconversion professionnelle afin de devenir VRP ne supporte pas les techniques de vente agressives qu’on lui demande de reproduire avec ses futurs clients. Le tournage de ce moyen métrage m’avait donné envie d’aller plus loin dans cette veine-là : faire de la critique sociale sur un mode comique, à travers le portrait d’une femme habituée à la marge et soudain confrontée à un univers dit «normal» qui lui est complètement étranger. Ce personnage, dans COPACABANA, c’est bien évidemment Babou qui l’incarne : à la faveur d’une expérience qui devrait faire d’elle une femme comme les autres, elle se révèle incurablement rétive à la ligne droite et définitivement passionnée par les chemins de traverse.

Justement, vous offrez à Isabelle Huppertun rôle dans lequel on n’avait plusl’habitude de la voir. Était-ce un choixdélibéré ? Qu’est-ce qui vous a poussé àlui proposer ce rôle ?

La certitude qu’elle est de ces rares actricesqui savent tout jouer, non seulementparce qu’elles ont le goût du risque, maisaussi parce qu’elles ont les moyens derelever brillamment tous les défis. Maispour être tout à fait honnête, si je nepensais qu’à elle dans le rôle de Babou,il m’a fallu quelque temps avant d’oserlui soumettre le scénario. Au regard deshéroïnes dangereuses et glacées qu’elle achoisi d’incarner ces dernières années, jecraignais que Babou ne lui semble tropinconséquente et «foutraque».En revanche, le choix de Lolita Chammah [NDLR : la fille d’Isabelle Huppert à la ville]s’est imposé comme une évidence pour lerôle d’Esméralda. J’avais eu l’occasion detravailler une première fois avec elle surLA VIE D’ARTISTE, et j’avais adoré lenaturel avec lequel elle incarnait cettelycéenne arrogante et butée, toujoursprompte à dire ses quatre vérités à son profde français. Il me semblait évident qu’elleapporterait à Esméralda cette impulsivitétrès adolescente qui la caractérise encore,ainsi qu’une densité dramatique qui, chezelle, n’est jamais ostentatoire.J’ai donc procédé classiquement : je leur aifait parvenir séparément le scénario et j’aicroisé les doigts en attendant leur réponse.Il s’est avéré qu’elles étaient toutes deuxintéressées par le film et désireuses d’êtreréunies à l’écran.

Comment avez-vous travaillé avec Isabelle Huppert ?

Isabelle Huppert s’est d’abord montrée une lectrice d’une grande acuité. Dès notre premier rendez-vous, elle m’a posé des questions si avisées qu’elles valaient conseils pour une réécriture du scénario. Elle m’a notamment demandé si Babou était victime de sa paresse. Isabelle pointait là le risque que Babou soit seulement perçue comme une ex baba cool, parfumée au patchouli, qui se laisserait vivre en fumant des joints à longueur de journée. Or, cet écueil, je tenais précisément à l’éviter. J’avoue avoir été un peu pris de court par cette question, mais fasciné par ce qu’Isabelle avait déjà su lire au-delà du scénario : elle avait commencé à construire son personnage et voulait en évacuer les lacunes pour mieux se l’approprier. En amont du tournage, nous avons essentiellement procédé à des lectures, tout d’abord à deux, puis avec d’autres comédiens. Isabelle s’est montrée très désireuse de préserver une certaine spontanéité pour ne pas fabriquer Babou, mais la laisser surgir dans l’immédiateté de chaque prise. Pour autant, et c’est un paradoxe que j’adore, nous nous sommes mis d’accord pour multiplier les prises, si bien que cette spontanéité s’est pour ainsi dire minutieusement approfondie et affinée Et puis, je crois pouvoir dire qu’Isabelle et moi, nous partageons cette obsession du détail qui contribue à la construction minutieuse d’un personnage. Par exemple, je voulais que Babou soit parée de toute une quincaillerie de bijoux, afin qu’elle apparaisse coquette et loufoque. Isabelle a eu l’idée de concentrer toute cette fantaisie sur trois bagues de perle de couleurs différentes. Détail insignifiant pour certains, peut-être, mais indispensable à nos yeux. Au point que nous avons longuement réfléchi à l’ordre dans lequel Babou pourrait disposer ces bagues, et décidé qu’elle était assez «barrée» pour les porter toutes aux petits doigts. Enfin, travailler avec Isabelle a ceci de formidable qu’il s’agit d’une vraie collaboration. Nous avons tissé un lien de confiance et de complicité qui s’est révélé très fructueux. Tout au long du tournage, elle s’est montrée respectueuse de ma volonté comme de mon statut. Elle ne se repose jamais sur l’évidence de son talent, mais demande au contraire à être vraiment dirigée. Tout en proposant une multitude de trouvailles interprétatives

 

 



 

      

 

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