Extrait Entretien Avec Kad Merad
Vous êtes né d’une mère française et d’un père d’originealgérienne. Quels sont vos plus vieux souvenirsd’Algérie ?
Lorsqu’on partait là-bas pour le mois d’août. Un délicieuxexode ! Mon père avait une Ami 8, on était quatre mômesà l’arrière, ma soeur, mes frères et moi. C’était folklo, jevous assure. Je me souviens qu’on faisait minimumtrois heures de queue à la frontière algéro-marocaine. Levoyage durait trois jours sans climatisation, on dormaitdans la voiture garée sur le parking du bateau. L’arrivéeau village était une fête. Mes grands-parents avaient uneferme familiale, à Ouled Mimoun (en français Lamoricière)près de Tlemcen.
Quel accueil on vous réservait ?
On était super gentils avec nous, une chaleur communicativeimmédiate. On était quand même les p’tits blancs, même si grâce à nos prénoms l’intégration était plus facile : Kaddour, Karim, Yasmina et Reda. C’est ma mèrequi a voulu que nous ayons des prénoms algériens.
Vous parliez un peu l’arabe ?
Pas du tout. Et ma grand-mère ne parlait pas le français non plus ! En dépit de quoi, notre complicité était inouïe.Nos vacances se passaient à chanter à tue-tête, à jouerdans le patio, avec les tortues qui passaient parfois. Jeme souviens qu’il y avait un jet d’eau et qu’on était les roisdu monde. Ce n’était pas vraiment chez nous et pourtanton se sentait chez nous.
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