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 Même la pluie - Galerie Photos 

 

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Même la pluie - Réalisateur Icíar Bollaín

 

La guerre de l’eau...
La guerre de l’eau... En Avril 2000, une série de manifestations enflamme les rues de Cochabamba en Bolivie. Des barricades quadrillent la ville, le président bolivien déclare l’état d’urgence, un jeune homme tombe sous les balles des forces de l’ordre. L’objet de la révolte ? L’eau. Son prix. Sa propriété. Au terme des protestations, la rue obtient gain de cause : le service d’eau de la ville, privatisé quelques mois plus tôt, repasse dans le domaine public et l’augmentation de tarif est annulée. La légende de la guerre de l’eau de Cochabamba est née. Oscar Olivera en a été l’un des leaders.

A Cochabamba, la troisième ville la plus importante de Bolivie, dès la fin des années 1990, le service d’eau potable n’est assuré que quelques heures par jour. Principale raison : la population a drastiquement augmenté durant les trente dernières années. Pour faire face à cette situation il y aurait bien une solution : la construction du barrage de Misicuni. Installé derrière la montagne qui borde le nord de la ville, il permettrait de l’alimenter au travers d’un tunnel creusé dans la roche. Un projet qui fait l’unanimité au sein de la population et des dirigeants locaux... mais qui pose un problème de taille : son coût, estimé à 77 millions de dollars. Certaines mauvaises langues le soulignent, ce coût n’est de toute façon pas vraiment un problème pour ceux des dirigeants politiques qui espèrent des dessous-de-tables proportionnels au budget.

Pour assurer les investissements nécessaires, le gouvernement bolivien se lance, sous l’influence libérale intransigeante de la Banque Mondiale, sur le chemin de la privatisation du service d’eau potable. En 1999, au terme d’un appel d’offres bâclé, la concession de l’eau de Cochabamba est attribuée au seul candidat, Aguas de Turani. En position de force, le consortium, mené par l’américain Bechtel, réussit à inscrire dans le contrat un retour sur investissement de 15% par an. Ce n’est pas la première privatisation que connaît la Bolivie, mais, comme Oscar Olivera le souligne, « pour le peuple, la privatisation d’une compagnie aérienne est invisible. L’eau, c’est autre chose ».

Le 20 octobre 1999, une loi entérine la décision. Elle s’accompagne d’une clause qui donne à Aguas de Turani la concession de toutes les ressources en eau autour de la ville. Cette idée était évoquée depuis quelques années déjà pour autoriser le pompage dans les nappes phréatiques des environs. Mais pour les villageois cette loi représente une perte de contrôle, et même la menace d’une redevance, sur leurs puits et leurs systèmes d’irrigation. « Un véritable vol du patrimoine commun », s’insurge O. Olivera, « c’est ainsi que la guerre de l’eau a débuté dans les campagnes ».

Dès novembre 1999, les fédérations agricoles prennent la route et viennent manifester à Cochabamba. Côté ville, une des premières mesures de Aguas de Turani est d’augmenter les tarifs : +35% en moyenne mais certaines personnes des quartiers pauvres, où on vit en moyenne avec moins d’un dollar par jour, voient leur facture doubler ! Une telle hausse est bien trop sévère pour la majorité de la population : des syndicats, des associations décident à leur tour de descendre dans la rue. Le 12 novembre 1999, les principales organisations d’agriculteurs, d’écologistes et les syndicats créent la Coordinadora, « la coordination pour la défense de l’eau et de la vie ». La Fédération des Travailleurs Manufacturiers de Cochabamba d’Oscar Olivera est au premier plan de la lutte, il devient l’un des principaux leaders du mouvement.

Les premiers mois de l’an 2000 voient se succéder de nouvelles manifestations mais le président Banzer, ancien dictateur du pays, reste inflexible. La répression policière fait des centaines de blessés. Début avril, la Coordinadora hausse le ton et bloque complètement la ville de Cochabamba. La violence fait cette fois un mort et la révolte menace d’enflammer le pays tout entier. Face à ce tsunami social, Aguas de Turani jette l’éponge et le gouvernement modifie en urgence la loi du 20 octobre 1999. Cette victoire signe le dernier acte de la guerre de l’eau : Aguas de Turani retrouve son nom original (SEMAPA) et est reprise en main par les pouvoirs publics. Ces événements ont eu des répercussions bien au-delà des frontières de Cochabamba. Selon Oscar Olivera, « Le peuple a pu réaliser à cette occasion qu’il était possible de changer les choses. » Extrait de « A Cochabamba, l'après-guerre de l'eau »

 

 



 

      

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