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Ce qui frappe d’emblée à la vision de COSMOPOLIS, c’est une fois de plus le défi relevé par David Cronenberg de porter à l’écran un roman a priori cinématographiquement inadaptable, et la façon dont le réalisateur creuse et peaufine une oeuvre unique, hantée de thèmes jugés obsessionnels et marginaux à ses débuts, et qui, pourtant, «dit» le monde mieux que toute autre. Voici donc, après les gageures que représentaient LE FESTIN NU inspiré de William S. Burroughs et CRASH d’après J.G. Ballard, la mise en images du roman de Don DeLillo, «Cosmopolis», son «extériorisation» en quelque sorte. Pour cette vision prophétique et infernale de l’évolution globale du monde, DeLillo disait avoir concentré dans un espace littéraire tous les langages annonciateurs de la catastrophe qui se profilait alors et qui est en cours aujourd’hui. Comme en écho, Cronenberg crée un espace cinématographique qui mélange les genres et chamboule littéralement le spectateur. On en sort groggy, ne sachant plus très bien où l’on est. Ce que l’on sait, par contre, c’est que Cronenberg a toujours été un visionnaire. Oui, l’homme a toujours eu en lui des «parasite murders», qui le métamorphosent peu à peu en mutant, qui, lui-même, contamine irrémédiablement le corps social. Les golden boys de Wall Street sont les derniers produits de cette mutation, et ce sont eux qui vont achever le grand corps malade de «Cosmopolis». — François Guerif, Directeur de la collection Rivages Noir.
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Cosmopolis |
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