Synopsis
Hester Collyer, épouse de Sir William Collyer, haut magistrat britannique, mène une vie privilégiée
dans le Londres des années 1950.
A la grande surprise de son entourage, elle quitte son mari pour Freddie Page, ancien pilote de la
Royal Air Force, dont elle s'est éperdument éprise.
Sir William refusant de divorcer, Hester doit choisir entre le confort de son mariage et la passion.
Casting - Fiche Artistique
Rachel Weisz ..... Hester Collyer
Tom Hiddleston ..... Freddie Page
Simon Russell Beale ..... Sir William Collyer
Ann Mitchell ..... Mrs Elton
Jolyon Coy ..... Philip Welch
Karl Johnson ..... Mr Miller
Harry Hadden-Paton ..... Jackie Jackson
Sarah Kants ..... Liz Jackson
Barbara Jefford ..... La mère de Collyer
Nicholas Amer ..... Mr Elton
LA PRODUCTION
L'année 2011 marque le centenaire de la naissance de Terence Rattigan, un des dramaturges les plus
reconnus et populaires du XXe siècle.
Il excellait dans l'art de mettre à nu les difficultés des Britanniques dans le domaine de la sexualité et des
rapports complexes entre classes. Bonne Fête, Esther (The Deep Blue Sea) est considérée comme une de
ses plus grandes oeuvres.
Entre les mains de Terence Davies, l'histoire de Rattigan, qui s'interrogeait sur « l'amour inexplicable en
termes de logique », va bien au-delà du triangle amoureux. On est face à un dilemme qui reflète l'état de la
nation au début des années 50. La Grande-Bretagne n'est plus « grande » ; économiquement, c'est la
banqueroute, culturellement, l'usure, et sa puissance mondiale décline. L'heure est au rationnement tandis
que luxe et plaisir – à l'image de la vie antérieure d'Hester – ne sont plus que souvenirs d'avant-guerre.
L'histoire d'Hester, une femme à l'écoute de ses propres envies, est un appel à la liberté individuelle- en
particulier pour les femmes - qui reflète les mutations gigantesques, tant au niveau social que culturel, qu'a
entraîné la Deuxième Guerre mondiale, mais dont les résultats n'apparaîtront véritablement que dans les
années 1960.
C'est le producteur Sean O’Connor qui a réuni Terence Rattigan et Terence Davies.
La fondation Rattigan a eu l'idée de solliciter O’Connor afin qu'il participe aux célébrations du centenaire de
la naissance du dramaturge.
O'Connor, qui était très lié avec Frith Banbury le metteur en scène de Bonne Fête, Esther à Londres en 1952
avec Peggy Ashcroft dans le rôle d'Hester, avait déjà entamé un travail d'adaptation de la pièce pour le
grand écran. Il considérait qu'il existe un dénominateur commun entre les oeuvres de Davies et de Rattigan dans leur manière d'aborder la position de la femme dans une société de rigorisme moral et dans leur
description de la Grande-Bretagne de l'après-guerre. « DISTANT VOICES, STILL LIVES est un de mes films
préférés. Il montre la place des femmes dans les années 50 et c'est un film très douloureux, difficile et
accablant,” confie O’Connor. « Le scénario de The Deep Blue Sea, au-delà du triangle amoureux ; raconte
une nation qui émerge des décombres de la guerre et qui cherche à s'en sortir. La guerre a façonné tous les
personnages et aucun n'en est sorti totalement indemne ».
Il était facile d'imaginer que Terence Davies, en grand admirateur des mélodrames des années 1940 et 50
qu'on qualifiait autrefois péjorativement de « films de femmes » et qu'on considère aujourd'hui comme de
sérieux témoignages de la vie et des désirs des femmes de l'époque, serait sensible aux thèmes de la pièce.
Pourtant, Terence Davies hésite avant d'accepter ce projet, première pièce de théâtre qu'il adapte à l'écran.
Mais plus il relit la pièce, plus il se passionne pour ses thèmes : « C'est l'histoire d'une femme qui quitte
son mari, William, et sa vie de luxe, pour Freddie, un homme plus jeune dont elle tombe follement
amoureuse. C'est la première fois qu'elle éprouve un amour charnel car son mariage relève davantage
d'une amitié avec un homme bon, et elle en est bouleversée. Quand j'ai relu la pièce, j'ai compris qu'il
s'agissait d'amour, c'est-à-dire de l'émotion humaine la plus inexplicable. Chaque personnage, Hester, son
mari Collyer, et Freddie, recherche une forme d'amour différente qu'ils ne pourront pas recevoir. »
Il poursuit : « Si on n'a pas grandi dans les années 50, on ne peut imaginer combien il était choquant pour
une femme de son monde de faire ce qu'elle a fait. Elle agit de manière très courageuse et bohème. Le
public moderne ne comprendra pas réellement combien son geste est choquant. Mais elle quitte quelqu'un
qui l'aime car elle a trouvé l'amour charnel. Cette volonté d'agir sous le coup d'une émotion incontrôlable
est quelque chose d'intemporel. »
Terence Davies a pris bien soin de ne pas imposer de jugements de valeur sur les personnages : « Je voulais
poser un regard de compassion sur chacun des personnages même si leurs agissements peuvent être mal
perçus, ou considérés comme choquants. Il y a beaucoup de personnages différents, on retrouve une sorte
de microcosme typique de la Grande-Bretagne de l'époque. Je voulais qu'ils soient tous très humains car
dès qu'on montre une grande part d'humanité, on fait accepter les bons et les mauvais côtés. Il y a donc
Mme Elton qui s'occupe de son mari et M. Miller qui est bourru, mais sensible et serviable. Ils ont tous un
équilibre fragile, mais ils font tous preuve de courage à leur manière. »
Naturellement, il avait conscience des similitudes entre les thèmes abordés par la pièce et ceux qu'il avait
déjà développés dans ses oeuvres précédentes : « Mes films traitent toujours de ceux qui restent à la
marge. Moi-même, je me suis toujours senti en marge ; je ne me suis jamais senti dans la vie, j'ai toujours
eu le sentiment d'être un spectateur. Et je crois que c'est ce qui m'intéresse chez les gens et dans ce que
j'écris. Dans mon film CHEZ LES HEUREUX DU MONDE, Lily Bart est en marge. C'est aussi le cas pour Hester.
La nature du temps est une autre de mes obsessions. Je trouve formidable de jouer avec la linéarité du
temps. Et j'aime traiter de la nature de l'amour, de la culpabilité et de l'honorabilité même si on nuit à
autrui. »
Adapter l'histoire pour le grand écran posait plusieurs défis qui ont pourtant permis au réalisateur de la
raconter différemment : « Le cinéma et le théâtre fonctionnent sur des modes différents. Le cinéma permet
de révéler des éléments. Et si on peut révéler des éléments, il est inutile d'en parler. Il est possible
également de montrer les ambiguïtés qui se développent entre les scènes. On peut avancer et reculer dans
le temps à volonté. Par le truchement du fondu, le public comprend qu'on recule ou qu'on avance dans le
temps. On peut donc se jouer de la linéarité et des souvenirs, ce qui influence ici toute la trame narrative.
J'adore montrer les rêveries des personnages qui songent au passé et à la manière dont il conditionne leur
présent. »
O’Connor et Davies se sont d'abord attelés au scénario grâce au soutien de la fondation Rattigan. En juin
2010, O’Connor a confié le script au UK Film Council qui a immédiatement exprimé le souhait de soutenir le
film. A ce moment-là, la productrice Kate Ogborn a rejoint le projet. Ensemble, Ogborn et O’Connor ont
lancé la phase de financement en ambitionnant de démarrer le tournage avant la fin de l'année, afin que le
film soit prêt pour sortir au Royaume-Uni en 2011, au moment des célébrations prévues pour le centenaire
de la naissance de Rattigan.
Le concerto pour violon et orchestre, Op.14 composé par Samuel Barber est interprété par Hilary Hahn & The Saint Paul Chamber Orchestra et dirigé par le chef d’orchestre Hugh Wolff. |