Vrai Nom : Marie Georges Jean Méliès
Acteur réalisateur scenariste
Né le 8 décembre 1861
Lieu: Paris, France
Décédé le 21 Janvier 1938,( l’hôpital Léopold-Ballan à Paris)
Inhumé au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Le titre d’un de ses films, l’Homme-Orchestre (1900), définit parfaitement Georges Méliès,
dessinateur, peintre, caricaturiste, magicien, fantasmagore, directeur du théâtre Robert-Houdin,
décorateur, homme de théâtre, écrivain, acteur, technicien, réalisateur visionnaire de plus de 500 films
entre 1896 et 1912, créateur du premier studio vit ré conçu pour le cinéma. En effet, Méliès maîtrise
seul l’entière production de son oeuvre cinématographique, depuis la conception du film jusqu’à la
vente des copies : c’est lui qui dessine les maquettes de ses décors, qui finance ses films, les réalise,
les interprète, dirige les autres acteurs ; c’est encore lui qui dresse les plans de son studio, place la
caméra, écrit ses scénarios. Pendant presque vingt années, il va ainsi régner en maître absolu sur le
monde de la féerie et du trucage cinématographiques. Ses films seront d’ailleurs contretypés et
plagiés à travers le monde par de nombreux contrefacteurs plus ou moins habiles.
Sa contribution au septième art est essentielle, car il ouvre à la cinématographie alors naissante et
presque exclusivement documentaire, les portes du rêve, de la magie, de la fiction. Méliès accomplit
un acte fondateur en unissant l’univers de Robert-Houdin à la chronophotographie ou
cinématographie de Marey et des frères Lumière.
Toute l’oeuvre de Méliès brille d’une fantaisie dynamique, d’une imagination incoercible, d’une
irrésistible jubilation. Sa cosmogonie est un mélange explosif et unique de fantasmagorie, de
diableries, de trompe-l’oeil, d’illusions, de flammes, de fumées, de vapeurs soigneusement coloriées
au pinceau.
Dans le même temps, il suit de très près l’actualité de son époque. En 1899, il est capable de
reconstituer avec rigueur les grandes lignes de l’affaire Dreyfus. En 1902, c’est le couronnement
d’Edouard VII qu’il filme devant des toiles peintes, dans son jardin de Montreuil-sous-Bois. Tourné la
même année, son Voyage dans la Lune est une anticipation burlesque et merveilleuse du
débarquement de l’homme sur le satellite de la Terre, qui aura lieu quelque 67 ans plus tard. De la
même manière, le Tunnel sous la Manche ou le Cauchemar anglo-f rançais est réalisé en 1907, bien
avant son percement.
À la conquête du Pôle (1911) donne une version comique et féerique des exploits, alors tout récents,
d’Amundsen et de ses malheureux concurrents. Pour ce film, Méliès construit à l’intérieur de son
studio vitré de Montreuil un « Géant des neiges » dont la tête, à elle seule, mesure deux mètres.
Excellent acteur, mime remarquable doué d’une étonnante agilité, Méliès joue dans presque tous ses
films. Parfois il se multiplie sur scène, comme dans l’Homme-Orchestre (1900) où sept Méliès
apparaissent sur la même image ; ou bien, grâce à un trucage optique, il fait gonfler sa tête jusqu’à la
faire exploser (l’Homme à la tête en caoutchouc, 1902).
Génie des effets spéciaux, Méliès préfigure George Lucas et Steven Spielberg. Machinerie théât rale,
pyrotechnie, effets d’optique, arrêts de caméra, fondus enchaînés, surimpressions, prestidigitation,
effets de montage et effets de couleurs sur pellicule, tout semble avoir été conçu et utilisé par ce
virtuose de la technique.
Grâce à sa conscience précoce du pouvoir magique de l’image animée, grâce à son sens aigu de la
scène, Méliès a profondément bouleversé le monde du cinéma naissant, et exerce toujours une
puissante fascination.
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