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Grégory Peck

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PARIS (AP) - Jacques Chirac a rendu hommage jeudi soir à "un géant du cinéma" mais aussi "un ami très cher", après la disparition de Gregory Peck, décédé à l'âge de 87 ans.

"Depuis de nombreuses années, il était pour moi un ami très cher", a déclaré le président de la République dans un communiqué diffusé par l'Elysée. "Ce soir, je pense tout particulièrement à son épouse Véronique, à ses enfants et à ses petits-enfants".

Pour Jacques Chirac, l'acteur américain "n'était pas seulement ce géant du cinéma que nous admirions, c'était un homme d'une culture exceptionnelle, un homme de coeur toujours attentif aux autres et profondément concerné par les événements du monde".

"Figure marquante du septième art, Gregory Peck était un immense artiste, au charisme rare. Avec une extraordinaire sensibilité, avec ce don de vérité et de sincérité qu'il portait en lui, avec une élégance si particulière qui le caractérisait, il savait exprimer et transmettre l'émotion de vie à travers les personnages qu'il incarnait à l'écran", a ajouté le président français.

"Personnalité de très grande culture, rien de ce qui fait battre le coeur de l'homme ne lui était étranger et il était animé par une vision profondément humaniste", a souligné M. Chirac. "Gregory Peck était aussi un homme de partage et d'amitié, ouvert aux autres et généreux, qu'aucune souffrance, aucune détresse, ne laissaient indifférent". AP

sb/com

 

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 LOS ANGELES (Reuters) - L'acteur Gregory Peck, l'un des plus populaires de l'histoire du cinéma américain et l'archétype du "good guy" (bon gars) droit et intègre, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 87 ans à son domicile de Los Angeles.

 

Peck avait remporté l'Oscar 1963 du meilleur acteur pour sa prestation dans "To Kill A Mockingbird" ("Du silence et des ombres") sorti un an plus tôt.

 

Né en 1916 à La Jolla, en Californie, il avait entamé sa carrière au théâtre avant d'être rapidement remarqué au cinéma, où sa silhouette longiligne, sa haute taille, son élégance et son visage carré lui offrent les atouts d'un jeune premier.

 

Il a tourné 52 films, souvent pour les plus grands réalisateurs, d'Alfred Hitchcock ("La maison du docteur Edwards") à Raoul Walsh ("Le monde lui appartient").

 

Certains rôles ont fait date, comme celui du capitaine Achab dans le "Moby Dick" de John Huston (1956), qui saluera dans son autobiographie la "superbe dignité" de son acteur. "Greg est l'un des types les plus sympathiques, les plus droits que j'aie jamais connus", écrira le réalisateur.

 

Cette stature de héros lui a valu d'incarner des figures historiques comme Douglas MacArthur ("MacArthur", 1977), le roi David ("David et Bethsabée", 1951) ou Abraham Lincoln pour la télévision, et de nombreux personnages d'aventurier, notamment dans les westerns ("La Conquête de l'Ouest", "Les Grands Espaces").

 

Son style tout en tensions à peine esquissées s'est moins adapté à l'exubérance des comédies, même si sa prestation dans "Vacances romaines" reste dans toutes les mémoires.

 

Au point que certains critiques de cinéma comme Pauline Kael du New Yorker le jugeront "compétent mais toujours un peu ennuyeux".

 

UNE EDUCATION STRICTE

 

Parallèlement à sa carrière devant la caméra, Gregory Peck a également été connu pour son engagement en faveur d'oeuvres de solidarité. Il a été le président fondateur de l'American Film Institute.

 

A 10 ans, Eldred Gregory Peck - son premier prénom choisi dans l'annuaire sera vite abandonné - était entré à l'académie militaire St John's de Los Angeles où il avait reçu un enseignement strict, marqué notamment par la religion. Il envisagera d'ailleurs brièvement de devenir prêtre.

 

Emigrant à New York, il se retrouve camelot à la foire mondiale de 1939 et décroche son premier rôle sur la scène, à Broadway en 1942 dans "Morning Star". A cette occasion, il est remarqué par le légendaire producteur David O. Selznick qui lui fait passer une audition mais ne l'engage pas.

 

Il ne participe pas à la Seconde Guerre mondiale en raison de problèmes au dos.

 

En 1944, il tourne son premier film dans "Days of Glory" de Jacques Tourneur où il joue le rôle d'un partisan russe. Un an plus tard, il devient prêtre, mais pour "Les clés du royaume".

 

En 1956, il joue deux de ses plus grands succès, "Moby Dick" et "L'homme au complet gris".

 

Il s'est essayé aussi à la production.

 

Sa dernière apparition sur les écrans, furtive, remonte à 1991 et au remake de Martin Scorsese des "Nerfs à vif" ("Cape Fear"). Il avait incarné le héros avocat dans la version originale signée John Lee Thompson en 1962.

 

Divorcé de sa première épouse Greta Rice en 1954, avec qui il a eu trois enfants, il a épousé un an plus tard la journaliste française Véronique Passani, de trente ans sa cadette, avec laquelle il a eu deux autres enfants.

 

C'est elle qui l'a accompagné jusqu'à la dernière heure. Elle a déclaré qu'il s'était éteint paisiblement dans son sommeil.

 

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 LOS ANGELES (AP) - Sa sobre élégance avait marqué le cinéma américain. Héros aussi impeccable qu'inoubliable, Gregory Peck, qui avait obtenu l'Oscar du meilleur acteur en 1962 pour "Du Silence et des Ombres", est mort à Los Angeles à l'âge de 87 ans.

Depuis ses débuts en 1944, il était l'une des grandes stars du cinéma hollywoodien, à la carrière exceptionnellement variée -"Les Clés du Royaume", "Les Neiges du Kilimanjaro", "Moby Dick", "Les Canons de Navarone", "Vacances Romaines"- et jalonnée de grands noms, Hitchcock, Hathaway, Walsh ou Huston.

L'acteur s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile de Los Angeles avec son épouse Véronique à ses côtés, a annoncé jeudi son porte-parole Monroe Friedman à l'Associated Press. "Elle m'a juste dit qu'il était mort paisiblement", a-t-il déclaré. "Il est mort de vieillesse".

Grand, brun, racé, son style sobre et son charme certain l'avaient imposé dans le rôle du héros honnête, courageux et parfois vulnérable, une image dont il n'avait que rarement pu se défaire pour interpréter des personnages antipathiques -le fils traitre de "Duel Au Soleil" ou le médecin nazi Josef Mengele dans "Ces garçons qui venaient du Brésil".

Né le 5 avril 1916 à La Jolla en Californie, Gregory Peck avait connu une enfance solitaire. Son père, un pharmacien discret d'origine irlandaise, et sa mère, une femme enjouée originaire du Missouri, se séparent quand il a six ans. A dix ans, il est envoyé dans une école militaire catholique de Los Angeles.

A l'université de Berkeley, où il étudie l'anglais, il est un jour abordé par le directeur du théâtre du campus qui recherche un homme grand pour une adaptation de "Moby Dick". Il dit oui et fait ses premiers pas au théâtre.

Après son diplôme, il part à New York avec 195 dollars en poche. Il prend des cours de théâtre avec Sanford Meisner et Martha Graham et fait ses débuts à Broadway. La pièce est un échec mais il est remarqué par Hollywood. Il accepte un film modeste, "Days of Glory" (1944), une histoire de paysans russes durant l'occupation nazie, pour payer la facture du dentiste et ses autres créanciers. Le producteur Darryl Zanuck lui offre alors le rôle du prêtre dans "Les Clés du Royaume".

Les cinq premières années de sa carrière cinématographique lui valent quatre nominations à l'Oscar du meilleur acteur, pour "Les Clés du Royaume" en 1944, "Judy et le Faon" en 1946, "Le Mur Invisible" en 1947 et "Un Homme de Fer" en 1950.

Dans "Le Mur Invisible", Gregory Peck incarne un journaliste dans un magazine qui se fait passer pour un juif pour dénoncer l'antisémitisme. En 1971, l'acteur avait confié que son agent lui avait déconseillé ce rôle. "Tu es en train de te faire une place et beaucoup de gens ne vont pas aimer ce film. L'antisémitisme est profond dans ce pays". "Le Mur Invisible" s'était révélé un succès avant de remporter l'Oscar du meilleur film.

L'acteur le citait parmi ses films préférés, avec l'aventure maritime "Captain Horatio Hornblower", "Vacances Romaines" (1953) dans lequel il tombait sous le charme d'une princesse incarnée par une débutante nommée Audrey Hepburn, "Les Canons de Navarone" (1961) ("du bon, du pur divertissement, même si c'est en réalité une comédie") et "Du Silence et des Ombres" (1962) qui lui avait valu l'Oscar.

Il jouait Atticus Finch, avocat dans une petite ville du Sud qui brave l'opinion publique pour défendre un homme noir accusé de viol. "J'ai mis tout ce qu'avais dans ce rôle - tous mes sentiments et tout ce que j'avais appris en 46 ans de vie, sur la vie de famille, les pères et leurs enfants", disait-il en 1989. "Et aussi mes sentiments sur la justice raciale, les inégalités et les chances".

Cette année, Atticus Finch était arrivé en tête de la liste des héros de l'histoire du cinéma dressée par l'Institut du film américain (AFI).

Dans les années 60 et 70, les rôles s'étaient raréfiés. En 1993, il était apparu dans un téléfilm américain "The Portrait" au côté de Lauren Bacall, sa partenaire dans "La Femme Modèle" et de sa fille Cecilia, devenue elle aussi actrice et en 1998, il avait joué le père Mapple dans le feuilleton télévisé tiré de "Moby Dick", après avoir incarné le héros Ahab dans le film de 1956.

A plusieurs reprises la rumeur avait couru que Gregory Peck pourrait se lancer dans une carrière politique aux côtés des démocrates. Mais il avait toujours démenti. L'acteur avait fait campagne en 1948 pour Harry Truman "à une époque ou personne ne pensait qu'il avait une chance de gagner" et s'était engagé pour de nombreuses causes, produisant en 1972 un film contre la guerre du Vietnam.

Dans la vie comme au cinéma, il émanait de Gregory Peck une dignité tranquille et discrète. Après un divorce à l'amiable de sa première femme Greta, dont il avait en trois fils, Jonathan -qui devait se suicider à l'âge de 30 ans-, Stephen et Carey, il avait épousé Véronique Passani, une journaliste parisienne. Ils avaient eu deux enfants, Anthony et Cecilia, tous deux acteurs. AP

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