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Iris Sara Schiller - Biographie

Née à Haifa en 1955, elle a étudié à l’École des beaux-arts Bezalel, à Jérusalem.

Elle vit à Paris depuis plus de vingt ans. Son oeuvre conjugue et associe sculpture, photographie, vidéo, dessins et textes. Son travail a été exposé notamment au Musée Picasso d’Antibes (Une fille est une fille est une fille d’une fille, 2003), à la Synagogue de Delme, Centre d’art contemporain (Rites de deuil, 2001), au CREDAC d’Ivry-sur-Seine (1994), et au FRAC Languedoc-Roussillon à Montpellier (1994).

En 2005, elle a reçu le Grand Prix du 50° festival de court-métrage d’Oberhausen pour La tresse de ma mère.

Féminité : Iris Sara Schiller affronte avec passion et lucidité les questions qui nous hantent, transgressant ainsi les tabous de la naissance, la sexualité, les liens familiaux, le deuil. Il est difficile, face à la force de cet engagement, de ne pas aborder la question sous-jacente, mais habituellement dépassée, de la féminité. On retrouve en effet dans cette recherche un certain nombre des modèles récurrents du travail de certaines artistes femmes : le corps et son intimité, le tressage, l'enfance, la répétition, le virginité, l'ancrage dans une certaine forme de sauvagerie animale, archaïque, primitive, autant de caractéristiques du féminin. Mais un féminin dont les sources sont plutôt à rechercher du côté de Louise Bourgeois ou d'Eva Hesse, que de la catégorie pléthorique aujourd'hui de l'artiste femme enfermée dans des questions de genre et d'identité.

Les matériaux utilisés par l'artiste furent tout d'abord la terre cuite et le bois. Après ce besoin de vérité qu'elle trouve dans le travail manuel, Iris Sara Schiller s'attaque à d'autres techniques, le ciment, la pierre, la résine, puis le plâtre qui va devenir son matériau de prédilection. […] Le recours au moulage du corps est apparu, dit-elle, en réponse à la mort d'un proche. Ses préoccupations s'inscrivent désormais dans un « rite de deuil », « état d'âme qui a provoqué en moi une nouvelle attitude vis-à-vis du corps humain, en légitimant l'affectif et l'apparition de l'objet figuratif dans mon travail ». Mouler un corps humain, comme on prend l'empreinte d'un visage défaut pour garder la trace, la mémoire de cette enveloppe charnelle, de cette peau. Iris Sara Schiller est passé du noyau des êtres à leur enveloppe. Que devient le corps après la mort ? « Dans des études sur la Kabbale, j'ai trouvé le terme énigmatique et séduisant de tselem : une gaine subtile qui revêt l'âme. Tissé au paradis avant la naissance, de lumière ou d'air du ciel, le tselem évolue en corrélation avec la bienfaisance de l'homme sur terre : il ne l'abîme pas après la mort, et forme l'habit de l'âme au-delà », raconte l'artiste.

La gémellité : la question du double, de la dualité, du dédoublement se décline de multples façons : homme-femme, femme-femmme, mère-fille, frère-soeur, garçon-garçon… Iris Sara Schiller cherche à donner forme à l'état fusionnel de l'amour, tant maternel que filial, ou fraternel, se posant ainsi la question de la part de projection de soi dans l'autre.

Le mouvement dans les sculptures d'Iris Sara Schiller se traduit par l'élévation et la chute, par l'envoi de corps arrêtés dans leur élan. Les bras, prolongement du torse, sont omniprésents ; tendus, écartés, repliés, enlaçant, embrassant, ils sont comme des « ailes de l'âme », les battements de l'émotion.

Marie-Laure Bernadac, « L’habit de l’âme »,
Iris Sara Schiller, une fille est une fille est une fille d’une fille,
catalogue de l’exposition du Musée Picasso, Antibes, Hazan, 2003.


 

 



 

      

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