Jacques Tati
Véritable nom Jacques Tatischeff,
Né le : 9 Octobre 1907
Lieu: Le Pecq, Seine-et-Oise, France
Mort : 4 Novembre 1982, Paris France
Son père, d'origine russe, a repris le commerce d'encadrement de son beau-père, Van Hoof, célèbre pour avoir refusé à Van Gogh trois toiles en paiement de ses cadres. Jacques est naturellement destiné à lui succéder. Passionné de rugby, Tati s'inscrit en 1928, après son service militaire, au Racing Club de France, et joue dans l'équipe d'Alfred Sauvy (futur économiste et démographe)
. C'est à cette époque qu'il improvise ses premières pantomimes comiques et donne, de 1930 à 1934, dans la revue annuelle du Racing, son premier spectacle, qui deviendra Impressions sportives au Théâtre Michel (1935)
Sa chance est le gala organisé en 1934 pour fêter le ruban Bleu du paquebot “Normandie”. Maurice Chevalier et Mistinguett sont à l’affiche, mais ce soir-là, Tati a la vedette. Le directeur de l’A.B.C. lui offre sa scène. Colette qui rit avec tout Paris écrit : “Je crois que nulle fête, nul spectacle d’art et d’acrobatie, ne pourront se passer de cet étonnant artiste qui a inventé quelque chose. Quelque chose qui participe du sport, de la danse, de la satire et du tableau vivant. Il a inventé d’être ensemble le joueur, la balle et la raquette ; le ballon et le gardien de but, le boxeur et son adversaire, la bicyclette et son cycliste. En Jacques Tati, cheval et cavalier, tout Paris verra vivante la créature fabuleuse : le Centaure !” Malgré l'opposition paternelle, il part en 1936 en tournée avec Marie Dubas et la troupe de l'A.B.C : désigné comme "la révélation de l'année" Tout en promenant Impressions sportives à travers l'Europe jusqu'à la guerre, il a débuté au cinéma en écrivant et interprétant en 1932 Oscar, champion de tennis, demeuré inachevé faute de moyens. C'est ensuite deux films avec le Clown Rhum, petit et nerveux, parfaite antithèse de Tati. Après On demande une brute (1934) , écrit avec Sauvy, et Gai dimanche (1935) , écrit par Rhum et Tati, Soigne ton gauche (1936) , réalisé par René Clément et produit par Fred Orain, préfigure enfin l'oeuvre à venir. Tati y interprète un valet de ferme qui assiste à l'entraînement d'un boxeur et se retrouve sur le ring
Démobilisé en 1943, Tati s'installe en zone libre, près du village de Sainte-Sévère-sur-Indre, avec son ami Henri Marquet. Ils y écrivent le scénario de L’École des facteurs (1946)
, dont René Clément, pris par le tournage de La Bataille du rail, abandonne à Tati la réalisation. Fred Orain lui donne carte blanche. Le film est un succès et recevra le Prix Max Linder en 1949 Tati commence, en mai 1947, son premier long-métrage, extension et transformation de L’École des facteurs. Si Jour de Fête ne trouve un distributeur qu'en 1949, c'est ensuite un succès. À Paris, Londres, New York..., on salue l'apparition non seulement d'un mime, mais surtout d'une nouvelle forme de burlesque. Primé à Venise, le film reçoit le Grand Prix du Cinéma Français en 1950. Insensible aux multiples propositions, Tati refuse de poursuivre les aventures de François le facteur. Il le trouve trop français et veut surtout suivre sa propre voie avec une rigueur et un entêtement qu'il partage avec peu d'autres cinéastes français de cette époque, à l'exception de Robert Bresson. Tati réalisera ainsi seulement six longs métrages en trente ans. "Pas un chèque au monde qui puisse faire que je change, dira-t-il plus tard. C'est un choix. Le respect de la Banque de France ou celui d'une nouvelle génération. "
En 1977, Jacques Tati reçoit le César du cinéma français pour l’ensemble de son oeuvre. Il prend alors la parole pour défendre avec ferveur les jeunes réalisateurs et la production de courts-métrages. En 1982, il représente la France lors d’un hommage rendu par le Festival de Cannes aux dix meilleurs réalisateurs du monde. Il décède le 4 novembre 1982 d’une pneumonie, laissant inachevés les projets de Confusion, scénario qu’il venait d’achever avec Jaques Lagrange, et de L’Illusionniste…