Réalisateur, acteur, producteur et scénariste français
Né le 15 mars 1944
Lieu à Paris, en France.
Ex Jane Birkin (1980 à 1992)
Enfants
: Lou Doillon, Lola Doillon, Lili Doillon
Jacques Doillon, cinéaste aux mains nues par Alain Bergala
Jacques Doillon appartient à une génération (c’est aussi celle de Philippe Garrel et de Jean Eustache) qui prend naissance dans le cinéma français à un moment très inconfortable et qui a érigé cet inconfort en morale de cinéma. C’est la génération de ceux qui arrivent dix quinze ans après la Nouvelle Vague, et qui ne seront jamais reconnus comme des fils par ceux qui les ont précédés et qui avaient eu, eux, la chance d’arriver au bon âge, au bon moment et au bon endroit, d’être parfaitement synchrones avec la sortie de l’après-guerre et le bouleversement général des valeurs et des modes de vie des années 60. Ces cinéastes, nés dans les années 40, ont été élevés, si j’ose dire, avec les films de Godard, Truffaut, Rivette, Rohmer, tout en sachant qu’il leur serait très difficile de trouver une place à eux dans la généalogie du cinéma français comme cela se passe plus aisément quand il y a une vraie différence de génération et que les nouveaux venus peuvent se détacher des pères, quitte à construire quelque chose contre eux. Le seul choix qu’il leur restait était de se constituer en fratrie de quasi-orphelins, ou en tout cas d’enfants délaissés pas des pères trop jeunes et trop soucieux de ne pas vieillir. Ils ont fait le choix d’assumer cet inconfort, plutôt dans la solitude, en croisant de loin en loin leurs frères en cinéma, pas très nombreux, jamais constitués en groupe ou en école, et essayant comme eux, tant bien que mal, de survivre en faisant malgré tout des films selon leur morale du cinéma, c’est-à-dire les films de la situation dans laquelle ils sont arrivés dans l’histoire et dans le cinéma, même si elle n’était ni bonne ni très porteuse. Arriver au moment où la vague se retire et où une autre n’est pas encore prête à déferler aura été le sort de cette fratrie à laquelle appartient Doillon, qui est resté obstinément fidèle à cette morale de l’inconfort, même lorsqu’il aurait pu intégrer, après certains succès, un cinéma plus industriel et normé.
Jacques Doillon - et d’une certaine façon il l’a toujours payé et le paie encore aujourd’hui - n’a même pas choisi le « confort dans l’inconfort » que donne le statut d’auteur-artiste. La revendication d’un style, surtout s’il est radical, protège d’une certaine façon le cinéaste par un statut d’artiste qui permet à la longue, même aux plus impatients et aux plus inattentifs, de le reconnaître, à tous les sens du terme. Rien de tel chez Doillon qui n’a jamais cherché à capitaliser quoi que ce soit d’une image de marque ou d’un style qui le caractériserait positivement comme auteur repérable. Il n’a jamais cherché à capitaliser quelques signes aisément repérables de son autorité, à l’inverse de tous les cinéastes qui cherchent à revendiquer à peu de frais un statut médiatique d’auteur. Il n’a jamais eu vocation à faire un cinéma de l’autorité, à tous les sens du terme, et a toujours refusé le confort d’une carrière labellisée. Suite Biographie