James Lee Burke
Né le: 15 décembre 1936
Lieu: Houston, Texas
James Lee Burke, après
des études universitaires en Louisiane et au Missouri, a exercé
divers métiers : professeur d’anglais, travailleur social, reporter,
garde forestier au Kentucky, chauffeur de poids lourds, surveillant
de pipelines pétroliers au Texas et au Colorado. S’il est publié en
1965, avec un roman sur l’Ouest et les cowboys, ce n’est que vingt
ans plus tard qu’il fera son entrée dans la littérature dite “noire”.
La pluie de néon introduit d’emblée son héros fétiche, Dave
Robicheaux (dont il vient d’écrire la dix-huitième aventure).
Robicheaux a enseigné l’anglais, fait la guerre du Vietnam (qui l’a
profondément marqué), s’est engagé dans la brigade criminelle de
la Nouvelle Orléans (dont il a démissionné) et vit à New Iberia, où
il tient un stand de location de bateaux et de vente d’appâts (avec
l’aide de sa fille et de Batist, un vieux Noir) et prête main forte aux
services du Shérif du comté. Robicheaux se bat contre le crime
organisé, le racisme, la pollution, la violence qui le hante, le
déclin d’un pays rongé par le Mal.
Un personnage qui peut paraître classique, mais dont la saga
est transcendée par l’écriture de Burke, par sa peinture
amoureuse de la Louisiane, cet “univers d’eau” dont il rend, de
façon quasi-lancinante, et en d’admirables élans lyriques, les
couleurs, les senteurs, la beauté sauvage et souvent dangereuse,
la moiteur, la moisissure … un paradis qui fut perdu, à cause
des hommes et de ce qu’ils ont fait, l’esclavage, la corruption
politique et les intérêts égoïstes des sociétés pétrolières étant en
première ligne.
James Lee Burke dit volontiers que les histoires qu’il raconte
étaient déjà écrites et qu’il n’a eu qu’à les transmettre. Il veut dire
par là qu’il est à l’écoute des morts, parce que les morts vivent
toujours en nous, que les crimes du passé expliquent les malheurs
du présent et que nous faisons tous partie de l’Histoire (avec un
grand H).
Bertrand Tavernier s’est, lui aussi, mis à l’écoute de ces morts
confédérés, qui errent dans la brume électrique des marais et des
projecteurs de cinéma. Il est entré dans l’univers de Burke avec
justesse et vérité, et nous entraîne dans les bayous et les rues de
New Iberia tel que nous l’avions imaginé en lisant Burke. Nous
sentons les odeurs et la pluie. Et surtout, il a su donner leur
poids de chair et de sang à Robicheaux, sa compagne,
sa fille, le vieux Batist qui, pour nous, désormais
auront toujours le visage qu’il leur a donné.