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Klaus Barbie - Biographie (REPÈRES BIOGRAPHIQUES)

 

Klaus BarbieNé le: 25 octobre 1913

Lieu: Bad Godesberg

Klaus Barbie rejoint les jeunesses hitlériennes en 1933. À 22 ans, il est un SS zélé sous les ordres d’Helmut Knochen, futur chef de la SIPO-SD en France. Il se marie en avril 1940, peu de temps avant l’invasion de la Hollande par l’armée allemande, à laquelle il prend part. Il y aurait participé à la rafle de 200 juifs en juin 1941.

 

À Lyon, 1942-1944

En France, peu après l’invasion de la zone sud par les Allemands, en novembre 1942, il devient responsable de la section IV de la gestapo de Lyon, section chargée de la répression des crimes et délits politiques. Début juin 1943, le siège de la gestapo, initialement installé à l’hôtel Terminus, est transféré dans les bâtiments de l’Ecole de Santé militaire, 14 avenue Berthelot. Le 21 juin 1943, il arrête, à Caluire, Jean Moulin, fondateur du Conseil national de la Résistance (CNR), chargé par le général de Gaulle d’unifier les mouvements de résistance français.

 

En Allemagne, 1944-1951

À la fin de l’été 1944, il s’enfuit de Lyon et rejoint sa femme et ses enfants en Allemagne. Au printemps 1947, il croise Kurt Merk, ancien membre de l’Abwehr (services de renseignements allemands), qui le fait entrer au CIC (contre espionnage américain), à Augsburg. Il bénéficie de la protection des Américains en échange de ses services comme agent spécialiste de la lutte anti-communiste. En 1948, il est entendu par des policiers français dans le cadre du procès de René Hardy, accusé en France d’avoir trahi Jean Moulin et d’avoir prévenu les autorités allemandes de la réunion de Caluire. Il est l’objet de plusieurs demandes d’extradition de la part de la France. Le CIC décide donc de l’évacuer, avec toute sa famille, en Amérique du sud : avec l’aide du père Draganovic, criminel de guerre croate, il embarque en mars 1951 à Gênes en direction de la Bolivie.


En Bolivie, 1951-1983

Le 23 avril 1951, après avoir transité en Argentine pendant 10 jours, Barbie et sa famille arrivent à La Paz. Il dirige une petite scierie, puis il se lance en parallèle dans le commerce de quinine. Ce commerce dure pendant quatre ans, jusqu’à ce que les Boliviens construisent eux-mêmes une fabrique. Barbie se constitue un réseau de relations dans les groupes d’anciens généraux allemands, lié avec le pouvoir bolivien.
En France, en 1952 et 1954, il est condamné pour crimes de guerre par contumace.
En mars 1966, avec le soutien du général René Barrientos, au pouvoir depuis le coup d’état de 1964, il créé la compagnie maritime Transmaritima Boliviana, alors que la Bolivie n’a aucun accès à la mer. Elle lui aurait servi de couverture pour mettre sur pied un trafic d’armes au profit des militaires d’extrême droite. Il devient conseiller des colonels et participe à la préparation de l’arrivée au pouvoir du général Hugo Banzer, le 21 août 1971.

 

En 1972

Beate et Serge Klarsfeld retrouvent sa piste. En janvier, TF1 diffuse pour la première fois une interview de Klaus Altmann, menée par Ladislas de Hoyos, qui a négocié auprès des autorités boliviennes la permission de le voir pendant cinq minutes dans la prison de La Paz où il a été enfermé pour une dette non payée. Relâché, il participe à la préparation du coup d’état qui permet au général Luis Garcia Meza d’arriver au pouvoir en 1980.

 

Le retour en France et le procès, 1983-1987
En octobre 1982, la gauche revient au pouvoir en Bolivie avec l’arrivée à la présidence du socialiste Hernan Siles Suazo. En France, Christian Riss, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Lyon, délivre le 5 novembre 1982 un mandat d’arrêt contre Barbie-Altmann. Le 4 février 1983, celui-ci est expulsé de Bolivie et conduit à Cayenne où il est arrêté par les autorités françaises. Le lendemain, il est conduit à la prison de Montluc, à Lyon, réaménagée par Robert Badinter, alors ministre de la Justice. Cette prison même où il avait sévi.


Comme la prison de Montluc n’offre pas toutes les garanties de sécurité, le détenu est transféré à la prison Saint-Joseph, au centre de Lyon, où il attend son procès. Sur les conseils de sa fille Ute Messner, Klaus Barbie choisit pour avocat Jacques Vergès.


L’instruction dure plus de quatre ans. Écartant les “crimes de guerre” (pour lesquels Klaus Barbie a déjà été jugé par contumace), Christian Riss dresse la liste des accusations. Klaus Barbie est inculpé de crimes contre l’humanité à propos des faits suivants : • la rafle de la rue Sainte Catherine : le 9 juin 1942, quatre-vingt-six membres de l’Union Générale des Israélites de France (UGIF) sont arrêtés et conduits à la prison de Montluc. Soixante-dix-huit seront déportés à Auschwitz.

• L’arrestation des enfants d’Izieu : le 6 avril 1944, 44 enfants et 7 éducateurs sont arrêtés dans le home d’enfants juifs d’Izieu, près de Lyon. Parmi eux, 34 enfants et 4 adultes sont déportés : seule l’une d’entre eux, Léa Feldblum, reviendra.
• La déportation de plus de 600 personnes dans le dernier convoi du 11 août 1944.
• La torture de membres de la Résistance.

 

Le procès s’ouvre le 11 mai 1987.
Trois jours après le début des audiences, Klaus Barbie annonce qu’il refuse d’y comparaître. Il y sera forcé à deux reprises par le président de la cour André Cerdini. Le 3 juillet 1987, jour du verdict, à la question “avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?”, il répond : “J’ai combattu la Résistance, que je respecte, avec dureté. Mais c’était la guerre, et la guerre est finie.”
Après trente-six jours d’audience, après les dépositions des témoins, les plaidoiries des avocats, le réquisitoire du procureur général, les jurés délibèrent. Après des heures d’attente, en pleine nuit, à 0h40, le verdict tombe : Klaus Barbie est déclaré coupable sans circonstances atténuantes des dix-sept crimes contre l’humanité dont il était accusé, et est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

 

Il meurt en prison le 25 septembre 1991.
Il sera enterré en Bolivie.


 

 

 

 

 


 
 

 

      

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