Header image

France espanol us   Biographie   Filmographie   Galerie Photos   Blog   Interview   Actualités    

 

Louise Bourgoin - Biographie

 

Louise Bourgoin Née Ariane Bourgoin
Actrice, mannequin et animatrice
Née le 28 novembre 1981
Lieu à Vannes, en Bretagne, France
Photo Fabrice Tricoche - Biosstars

2008 La fille de Monaco de Anne Fontaine est son premier role au cinema

2010 Louise Bourgoin sur la croisette pour le film L'Autre Monde, le deuxième-long métrage de Gilles Marchand, présenté à Cannes hors compétition, Louise tient l'un des rôles principaux aux côtés de Melvil Poupaud et Grégoire Leprince-Ringuet dans ce thriller.

Entretien

Comment avez-vous rencontré Anne Fontaine ?
Après m'avoir remarquée sur Canal Plus où je présente la météo, Fabrice Luchini a suggéré mon nom à Anne Fontaine. Au départ, elle a un peu hésité à me confier le rôle parce que je n'avais aucune formation, ni aucune expérience de comédienne. Je lui ai répondu que je savais très bien mentir ! Elle a ensuite eu peur que le personnage soit trop outrancier pour moi. Du coup, je lui ai montré des extraits d'une émission pour les 11-17 ans que j'animais il y a quelques années sur la chaîne du câble Filles TV : j'étais habillée en rose bonbon dans un décor zébré et léopard où je passais mon temps à interpeller les téléspectatrices sur un ton très accrocheur. Elle m'a alors dit que j'étais capable d'interpréter le rôle…

Qu'est-ce qui vous a séduite dans le scénario ?
En fait, au départ, j'ai fait plusieurs essais sans avoir lu le scénario : c'était la volonté d'Anne Fontaine. Une fois que j’ai su que j’avais le rôle, j’ai lu le scénario, et il m’a semblé que mon personnage n’était pas assez touchant. J'en ai parlé avec Anne et on a un peu réécrit quelques passages pour rendre Audrey plus drôle et émouvante – même malgré elle. Comme vous, votre personnage est présentatrice météo à la télévision… C'est un pur hasard ! Anne Fontaine voulait que le personnage de Fabrice Luchini tombe amoureux d'une e lle qui fait un boulot considéré comme pathétique. Je craignais pas mal qu'en interprétant une Miss Météo, le public ne perçoive en moi que mon image télévisuelle, et non pas le personnage d'Audrey. Mais j'ai compris qu'il y avait tout un jeu sur le rapport au temps et au climat et que la fonction d'Audrey trouvait finalement sa cohérence.> Suite


Filmographie


Love punch de Joel Hopkins - 2013
La Religieuse de Guillaume Nicloux - 2012
L'Amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder - 2012
Un heureux événement de Rémi Bezançon - 2011
Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec de Luc Besson (2010)
Sweet Valentine de Emma Luchini (2010)
Blanc comme neige de Christophe Blanc (2010)
L'Autre monde de Gilles Marchand (2010)
Le Petit Nicolas de Laurent Tirard
Monstres contre Aliens de Rob Letterman (2009)
La fille de Monaco de Anne Fontaine (2008)

 

 

   


2013 Sur le film La religieuse de Guillaume Nicloux : Guillaume Nicloux m’a proposé le rôle de soeur Christine au moins un an et demi avant le tournage. C’était dans un café. Il m’a parlé de son projet d’une manière presque professorale, très intelligente. Puis on ne s’est plus revus. D’habitude les metteurs en scène essayent de créer un lien, envoient des petits mots, lui était sans affect.
J’avais lu La Religieuse il y a longtemps, je l’ai relu pour le film. Guillaume Nicloux m’avait interdit de regarder la version du livre tournée par Jacques Rivette avant le tournage mais je l’ai fait quand même : je trouvais que le film était très théâtral.

J’ai demandé à Guillaume Nicloux comment préparer le rôle, il m’a répondu que cela ne servait à rien. J’ai ri, croyant à une provocation parce que généralement on répète, les metteurs en scène donnent des détails, des indications susceptibles de vous aider à faire mûrir le personnage en vous. « Surtout ne fais rien ! ». Et avec un sourire un peu narquois, il m’a dit qu’il n’avait vu aucun de mes films, alors que d’habitude les metteurs en scène insistent sur le fait qu’ils vous ont particulièrement appréciée dans tel film... J’avais l’impression d’avoir été imposée par un producteur, j’ai trouvé ça surprenant mais moi, rien ne me vexe.

J’ai insisté : on pouvait la jouer de mille manières cette soeur ! Alors il m’a dit : « Puisque tu insistes et que tu as fait les Beaux-Arts, je vais t’envoyer une peinture qui me fait penser au film, et une chanson ». La peinture était très obscure, abstraite, une sorte de conglomérat de moisissures vertes, on aurait dit des traces d’oxydation de bronze. Et la chanson c’était quelques notes, un chant de femme très faible, très méditatif. Sigur Rós à côté c’est de la techno ultra hardcore ! Cela m’a donné un point de vue. Il m’a dit aussi qu’il n’y aurait pas de chauffage, qu’il ne voulait pas de maquillage, pas de préparation. Il m’a quand même fourni un reportage des années 1980 sur des vieilles Carmélites qui faisaient état à la fois de leur frustration d’être restées toute leur vie au même endroit et de leur amour de Dieu : ces femmes s’exprimaient avec des yeux brillants d’émotion. L’une, presque les larmes aux yeux, confessait avoir cessé d’aimer Dieu durant quinze ans, sans jamais avoir douté que son amour allait revenir. J’y ai vu une détermination proche de celle des grands artistes, les Louise Bourgeois, allumés de l’intérieur, qui ne dévient pas de la voie qu’ils se sont choisie. J’ai essayé de retrouver cette vibration, d’être dans cette retenue de l’émotion. J’ai joué une soeur Christine s’effaçant pour essayer de tenir son rang.

On s’était quand même entendus sur une chose lorsqu’on s’était vus dans le café, et c’était ce qui m’avait donné envie de jouer cette femme : soeur Christine dit des choses très dures mais il faut qu’on ait le sentiment qu’elle veuille bien faire, qu’elle fasse cela pour l’amour de Dieu, qu’elle prenne sur elle. À la lecture, j’avais imaginé cette femme au premier degré, pleine de haine, de volonté de meurtrir, et il a voulu que j’aie un instant d’hésitation, de regret, chaque fois que je profère un châtiment. Il voulait que j’aie l’air de souffrir d’imposer la souffrance. Cette idée m’a beaucoup plu.
Il a voulu que j’aie un dentier, de fausses dents pourries. Puisque je disais des insanités, puisque le mal sortait de ma bouche, il fallait que celle-ci soit comme une bouche d’égout, putréfiée. Cela m’a forcée à bien articuler ce texte du XVIIIème, en même temps que cela me donnait un air de gargouille diabolique médiévale.

Le premier jour de tournage j’étais face à Pauline Étienne pour la scène où je la fais fouiller, lui demande de se déshabiller pour vérifier qu’elle porte un cilice, qu’elle ne cache pas des lettres. Il m’a demandé de dire mon texte, ce que j’ai fait, et il m’a dit que ce n’était pas bien du tout. Cela a été assez dur, jusqu’à me plonger dans un état de doute et de vulnérabilité. Je tremblais. Et là, il a décidé que j’étais prête à tourner. C’est une technique de travail que je ne connaissais pas. C’est quelqu’un de doux mais il vous place dans un certain état, et selon la manière dont vous réagissez il tourne ou non.

Le matin, il venait au maquillage pour vérifier qu’on ne nous mettait aucun fond de teint. Rien sur le visage ! C’est très beau à l’image… Et c’est pour cela que j’ai souvent les yeux rouges : on voit que je viens de pleurer… Juste avant la prise. Il imposait qu’il n’y ait aucune musique pendant qu’on nous préparait. Il était là, sans nous parler, à nous regarder, nous fixer pendant une demi-heure… Comme pour nous insuffler une concentration, nous obliger à penser à notre travail.

 

   
      

 

Louise Bourgoin