"À qui appartenaient ces tableaux ?" Spoliations, restitutions et recherche de provenance : le sort des oeuvres d’art revenues d’Allemagne après la guerre
Exposition jusqu' au 26 octobre 2008
Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme présente une exposition accueillie auparavant par le Musée
d’Israël, à l’initiative du ministère des Affaires étrangères et du ministère de la Culture et de la
Communication. Cet événement veut témoigner de la spoliation des oeuvres d’art subie par les Juifs de
France, et vise à informer le public, en particulier les jeunes générations, sur les points suivants :
- les différents processus de spoliations nazies durant la Seconde Guerre mondiale, depuis les premiers
pillages allemands de juillet 1940 jusqu’aux conséquences des lois raciales du gouvernement de Vichy.
- l’ampleur des restitutions de l’après-guerre, notamment aux grands collectionneurs et aux marchands les
plus importants, dont les biens étaient connus ou identifiables.
- la nature hétérogène des 2000 oeuvres d’art dites « MNR » (« Musées Nationaux Récupération »),
revenues d’Allemagne après 1945 et confiées au début des années 1950 à la garde de la direction des
musées de France.
- les méthodes de recherche de provenance, les réclamations et les restitutions aux individus rendues
possibles dans les dix dernières années, dans un contexte international de réexamen des dommages
matériels infligés aux Juifs d’Europe.
Cette exposition à vocation historique s’appuie sur 53 peintures, dont des chefs-d’oeuvre de Cézanne,
Chardin, Eugène Delacroix (Portrait de jeune homme), Ingres, Matisse, Claude Monet (Neige au soleil couchant), Edgar Degas, Peter Binoit (Mets, fruits et verres sur une table), Cornelis Pietersz Bega (Paysans jouant au tric-trac dans un cabaret)ou Seurat, issues en grande majorité du fonds « MNR ». Elle
s’inscrit dans la droite ligne des conclusions du rapport de la Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de
France dite « Mission Mattéoli ». Celle-ci préconisait que « pour porter témoignage de la spoliation,
quelques oeuvres significatives, sélectionnées d’un commun accord parmi les oeuvres de la Récupération
artistique, soient exposées au Musée d’Israël à Jérusalem, avec une notice relative à leur origine et aux
raisons pour lesquelles elles y sont déposées ». Les recherches menées par la direction des musées de
France sous l’égide de la « Mission Mattéoli » ont permis d’estimer qu’environ 10% des oeuvres MNR
relevaient de spoliations avérées envers des familles juives, demeurées non identifiées. L’origine des 90%
restantes est moins bien connue ; pour l’essentiel, ces oeuvres correspondent à des achats effectués
pendant l’Occupation par des musées ou des collectionneurs allemands sur le marché de l’art français -où
circulaient beaucoup d’oeuvres vendues sous la contrainte - sans que leur dernier propriétaire puisse
toujours être déterminé. Elles sont rentrées en France dans le cadre de la politique alliée de récupération
des oeuvres d’art transférées ou acquises par l’occupant allemand. Les peintures exposées illustrent ce
que nous savons aujourd’hui de ce pan de l’histoire des spoliations.
Un catalogue illustré bilingue français/anglais, rédigé par Isabelle le Masne de Chermont, conservatrice
générale à la direction des musées de France et Laurence Sigal-Klagsbald, directrice du musée d’art et
d’histoire du Judaïsme, est édité par la Rmn.
Un colloque international se tiendra au MAHJ les 14 et 15 septembre 2008.
Un répertoire complet et illustré des MNR est disponible depuis 1996 sur le site du ministère de la Culture
et de la Communication (www.culture.gouv.fr) et un catalogue des 1000 peintures anciennes a été publié
(Rmn, 2004).
Cette exposition a été organisée par le ministère de la Culture et de la Communication, le ministère des
Affaires étrangères et européennes, la Direction des musées de France et la Réunion des musées
nationaux, en collaboration avec le musée d’Israël, Jérusalem