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| Aussi rouge que possible - mis en ligne le 17/03/2008 par Philippe Baledent - | |||||||||||||||||
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Les rouges La couleur rouge est ambivalente, multiple, effrayante, puissante, majestueuse, luxueuse, érotique, féerique et infernale. Sa force symbolique est aussi liée à ces deux référents principaux que sont le feu et le sang.Le visiteur n’est pas contraint par un parcours formel, c’est une présentation à plusieurs entrées qui permet de découvrir les facettes du rouge tout à fait librement sur deux niveaux de galeries: le rouge danger, le rouge infernal, le rouge plaisir et volupté, le rouge et le pouvoir, le luxe et l’habit rouge, l’intemporalité du rouge dans les arts décoratifs, les techniques tinctoriales…
Une sélection d’objets mobilier témoigne de la permanence du goût pour le rouge dans les intérieurs privés. On y voit le goût pour le laque, le rôle prépondérant des tapis orientaux, la chaleur du rouge sur les murs. Deux oeuvres par exemple symbolisent cette constante du rouge un fauteuil à oreilles XVIIIe et un siège des Frères Campana de 1993.
Dans les codes vestimentaires de l’Ancien Régime, le rouge apparaît comme réservé à une classe aristocratique et privilégiée. La non application des règles figurant dans ce code peut aller jusqu’à la sanction. Le vêtement de luxe s’approprie le rouge; c’est la couleur du mariage, de la fête et de l’apparat comme le montre une visite de la fin XIXe ou une tapisserie du début du XVIesiècle, « Le retour de l’enfant prodigue», qui témoigne de la sophistication du vêtement princier à cette époque.
Les uniformes civils ou religieux sont le plus souvent rouge. Deux portraits de magistrat, un tableau de Justinien, la représentation du pape Pie V ou celui de l’empereur Adrien symbolisent la puissance et l’autorité.
Un ensemble d’affiches retrace l’historique des grands mouvements révolutionnaires allant de la Révolution de 1848 à la rose rouge du Parti Socialiste qui prend le pouvoir en France en 1981. Le dénominateur commun de tous ces mouvements politiques est le drapeau rouge. Une vingtaine d’affiches illustre les combats politiques, révolutionnaires et sanglants menés dans le monde entier.
Les flammes de l’Enfer, perçues comme un vaste gouffre rougeoyant, symbolisent l’aspect le plus terrible du rouge. Mais il évoque aussi le sang du Christ versé sur la Croix en rédemption des péchés qu’illustre ici la « Crucifixion » imprimée sur un papier peint de 1852 ; c’est là que se situe toute l’ambivalence de cette couleur. L’horreur de l’Enfer s’exprime encore par trois têtes de mort en ivoire aux yeux grenat.
Trois salles sont consacrées à l’évolution des techniques de teinture à travers les siècles qu’elles soient organiques (cochenille), végétales (garance, kermès) ou encore synthétiques. Il existe des matériaux et des substances rouges à l’état naturel comme le porphyre et le corail mais la plupart des matières sont soit teintes dans la masse soit peintes en rouge : comme le laque d’orient, la cire à cacheter, les textiles, le cuir, le papier, la céramique, le verre ou le plastique. ROUGE ÉCRIN Cette salle présente l’aspect secret, précieux et raffiné de la couleur rouge. Il est fréquent de trouver à l’intérieur d’un coffret à bijoux, d’une boîte ou d’un vêtement une matière rouge soyeuse, un velours ou un damas qui donnent à l’objet un côté luxueux et intime.
inspiré du légendaire saint Nicolas - que Coca Cola a utilisé comme image publicitaire, et contribué à sa popularité - jusqu’au petit Chaperon rouge, les enfants affectionnent tout particulièrement les jouets rouges : une couleur chaude et voyante. « Aussi rouge que possible » révèle l’extrême variété de la typologie d’objets que couvre le domaine des arts décoratifs : mobilier, objets, verre, dessin, peinture, papier peint, jouet, affiche, vêtement, accessoire de mode…
Le rouge est la couleur de l’amour et de l’érotisme. Au Moyen Âge, les prostituées avaient l’obligation de porter une pièce de vêtement rouge afin d’afficher leur statut ; une lanterne rouge accrochée sur les maisons closes était aussi un signe distinctif. Dans le Roman de la Rose (1237-1280) où notations charnelles et sensuelles affluent, Largesse revêt une robe d’étoffe pourpre sarrasinoise au décolleté généreux laissant voir la couleur blanche de sa chair sous la chemise. Jusqu’au XIXe siècle, les vêtements touchant le corps étaient blancs ou non teints. Deux raisons déterminaient ce non-choix ; l’une morale, les couleurs vives étaient considérées comme impures, l’autre matérielle, les linges ne pouvaient bouillir sans se décolorer. Dès le XIXe siècle, les courtisanes adoptent le rouge, rouge des théâtres dans lesquelles elles se produisent, rouge de la luxure. Au XXe siècle, la mode colorée se répand, la femme s’émancipe et les fabricants ou dentelliers s’adaptent à leur clientèle en leur offrant un nouveau vocabulaire ; le rouge devient baiser, péché, ivresse, scandale. A cette lingerie aguichante et poétique s’ajoutent les artifices du maquillage, du vermillon des lèvres au rouge des pommettes.
La chimie du rouge a été précoce et efficace. Dès –30.000, l’art paléolithique utilise la terre ocre-rouge dans la grotte de Chauvet. Et la garance est exploitée dès –9.000 au néolithique. ORIGINE MINÉRALE : ORIGINE VÉGÉTALE : ORIGINE ANIMALE :
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Aussi rouge que possible |
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