L’art décoratif retrace pour la première fois l'histoire du film d'animation publicitaire en France. Prés de 100 films seront présentes su 22 novembre 2007 au 6 avril 2008 aux art décoratifs, dans les salles du musée de la publicité
Transformées pour l’occasion en salles de projection. Images d’archives, photographies << Makinh Of>> dessins, interviews. Présentation des réalisateurs témoigneront des relations quentretient le monde de la publicité
(Hélène DAVID-WEILL, Présidente Sophie DURRLEMAN,
Directrice générale Béatrice SALMON, Directrice des musées Pascale de SEZE, Directrice de la communication)
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Robert Lortac, Une innovation, Lavenfilet, non daté, capture d’écran |
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Antoine Payen, La revanche de Cendrillon, Lion Noir, 1920-1925,
capture d’écran |
Le cinéma d’animation est constitué
d’éléments dessinés, découpés, peints,
en volumes ou générés par ordinateurs,
et dont l’illusion du mouvement est
produite au moyen de la technique de
la prise de vue image par image selon
un rythme de vingt-quatre images par
seconde. Plus ancien que le cinéma en
prises de vue réelles des frères Lumière,
il a cependant longtemps vécu dans
l’ombre de ce dernier.
Emile Reynaud, pionnier dans la
projection animée, présente le 28 octobre
1892 dans le « cabinet fantastique » du
musée Grévin les premières pantomimes
lumineuses ou projections de son
Théâtre Optique. Pendant huit ans, plus
de 500 000 spectateurs s’y presseront.
Mais, face au cinématographe des frères
Lumière le succès de son invention
retombe et le musée Grévin arrête ses
projections en 1900.
Il faut attendre 1908, pour voir projeter
à nouveau, au Théâtre du Gymnase, un
dessin animé français, Fantasmagorie,
d’Emile Cohl. Considéré comme le père
du dessin animé, il réalise près de 300
films : des courts métrages de spectacles
et de très nombreuses publicités.
Après la Première guerre mondiale, le
film d’animation prend essentiellement
une forme publicitaire. Projetés dans les
salles de cinéma, ces films d’entracte le
plus souvent humoristiques, venaient
remplacer les simples projections de
reprise d’illustration d’affiche. Parmi
ces productions, celles du réalisateur
Robert Lortac sont les plus nombreuses
avec des sagas marquantes comme le
Nectar pour les Vins Nicolas, ou encore
de M. Pressé et de M. Ledoux pour
Citroën. On lui doit aussi la création à
Montrouge, en 1919, du premier studio
d’animation en Europe.
Avec l’arrivée de la couleur et du parlant
à la fin des années 1920, le genre se
renouvelle.
En 1937, des projections de films sont
organisées dans le pavillon de la publicité
de l’exposition des Arts et Techniques, à
Paris où de charmants scénarii associés
au prestige de la couleur sont offerts
avec une telle délicatesse et une telle
poésie qu’ils recueilleront tous les
suffrages. On applaudit alors au Palais
de la Publicité de petits chefs-d’oeuvre
comme Le Trône de France pour Lévitan,
Le Petit Chaperon bleu pour Olda…
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Alexandre Alexeieff, Pure Beauté, Monsavon, 1954, capture d’écran |
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Les Cinéastes Associés - P. Casalini, Les deux extras, Esso, 1955, capture d’écran |
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Cinema Nouveau – Les soeurs Clerfeuille, Gaz de France, 1961, capture d’écran |
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et aussi trois films d’Alexandre Alexeieff,
chef de file avec Paul Grimault de ce
renouveau : La journée d’André pour
André, La parade des Sools et La
fabrication des vêtements pour Bayard.
Tandis que Alexeieff innove en faisant
de l’animation en volume avec des
marionnettes ou des objets, Grimault
utilise la technique américaine de la
superposition de feuilles de celluloïd
permettant de créer des scènes et des
univers subtils et complexes. Cette
méthode est reprise par des réalisateurs
comme André Rigal ou Antoine Payen,
tous deux élèves de Lortac qui restent
quant à eux dans la veine du dessin au
comique appuyé.
Parallèlement, le Salon de l’imagerie
française ouvre en 1942 une section
consacrée au dessin animé au musée des
Arts décoratifs, pavillon de Marsan. Cet
épanouissement est cependant bref et
illusoire : en 1945, les studios périclitent.
Il faut attendre le plan Marshall à la fin
des années 1940 pour que la reprise
se confirme. La profession s’organise
alors et au début des années 1950
apparaissent d’importantes maisons
de production, qui pour certaines,
se consacrent exclusivement au film
d’animation publicitaire.

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Richard Williams, Nesquik, 1981, capture d’écran |
En 1952, Paul Grimault et André Sarrut
se séparent après avoir fondé en 1936
« les Gémeaux », premier groupe de
production de dessins animés, afin
de créer pour l’un « Les Films Paul
Grimault » pour l’autre « La Comète ».
L’année suivante, naissent les « Cinéastes
Associés » sur une initiative de Jacques
Forgeot. L’équipe fondatrice constituée
d’Alfred Monfred, André Heinrich et
Raoul Franco est bientôt rejointe par
les plus grands animateurs français, et
parfois européens, de l’époque comme
Alexandre Alexeïeff, Etienne Raïk,
Paul Casalini et le trio Bettiol-Lonatti-
Bettiol. Les « Cinéastes Associés » se
différencient alors des autres structures
par la pratique de toutes les techniques de l’animation : trucage, marionnette,
objet, dessin animé et par la qualité de
leurs scénarii.
En 1959, Raoul Franco quitte
l’association pour fonder en secret
avec Jean Mineur « Cinéma Nouveau ».
Il fait travailler les talentueuses
soeurs Clerfeuille, spécialisées dans
l’animation en papier découpé, mais
aussi des dessinateurs tels Sempé,
Savignac ou Barberousse. Par ailleurs,
le studio d’Albert Champeaux travaille
aussi régulièrement pour la régie Jean
Mineur donnant naissance, entre autres,
au petit mineur du générique « Balzac
001 ».
L’arrivée en 1968 à la télévision des
films publicitaires de marques, et, la
préférence pour les films en prises de
vue réelles portent un sérieux coup
au cinéma d’animation publicitaire
qui subit le même phénomène que
connut l’affiche avec le désintérêt
progressif de l’illustration au profit de
la photographie.
Au début des années 80, de nombreux
annonceurs, dont les produits sont
souvent liés à l’enfance, choisissent
sur le conseil des agences, de créer de
petits personnages en dessins animés
qui donneront lieu à de véritables sagas publicitaires : Oum le dauphin du
chocolat Galak, la grand-mère de Mamie-
Nova, Prosper l’ours de Vandamme, le
super héros des chewing gum Malabar,
la frite pin-up de Végétaline ou encore
la jeune fermière du fromage Belle des
Champs.
Parallèlement, on assiste à l’apparition
des premières publicités françaises
en images de synthèses. Dans ce
domaine, la France joue, en Europe,
un rôle de précurseur, encouragé par
la création en 1981 du Centre National
de la Cinématographie avec la volonté
d’y développer les outils informatiques.
Jusqu’en 1982, les objets sont rendus
par un maillage en 3 dimensions. Ce
n’est qu’avec Le voyage de la perfection,
Sharp en 1983, que les réalisateurs
parviennent à rendre la texture et la
fluidité des volumes.
Il faut néanmoins noter que,
jusqu’au milieu des années 90, c’est
l’habillage télévisuel qui favorisera
le développement de l’image de
synthèse. Son utilisation pour des films
publicitaires reste très anecdotique. En
effet, cette technique conjugue alors
des paramètres peu favorables : coût
très élevé, temps de production trop
long et une esthétique souvent qualifiée
de « froide ».

Finalement, une vague de jeunes
réalisateurs 3D français réunissant
Pierre Coffin, Tanguy de Kermel et Pascal
Vuong, apparaît à la fin des années
1990 et les maisons de productions
importantes comme Wanda Production
ou Mac Guff Ligne créent peu à peu des
écuries d’animateurs. Une meilleure
maîtrise des trois phases de l’animation
sur ordinateur (modélisation, rendu,
animation) alliée à une démocratisation
économique accrue de l’image
numérique ont permis à la publicité
d’exploiter pleinement les techniques
de la 3D passant d’une image futuriste
(Philips, Sharp) à un retour au dessin
animé. Pascal Vuong et sa Lara Croft
pour la Seat Ibiza par exemple, Tanguy de Kermel pour le film Pépito ou encore
Pierre Coffin avec Des Dés pour la
Française des Jeux.
La 3D est aussi devenue pour certains
annonceurs comme les banques ou
les assurances le moyen privilégié de
toucher une cible adulte sur un ton
ludique.
La qualité des films de ces animateurs
français est aujourd’hui reconnue par
les publicitaires du monde entier qui
recherchent en eux cette « French
touch » issue de la musique, du
graphisme et de la vidéo.


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