Georges Méliès magicien du cinema
Exposition a la Cinémathèque française A partir du 16 avril 2008 |
Georges Méliès à la Cinémathèque ! Voilà une histoire qui vient de loin, qui continue et
s’amplifie. L’inventeur d’abord : magicien et cinéaste de la Belle Epoque, auteur de plus de
500 films à l’imaginaire débridé, Méliès ou l’homme-orchestre, initiateur du tournage en
studio et des « effets spéciaux ». La collection ensuite : dessins, photos, appareils de
magie, costumes, lettres, maquettes, décors, et bien sûr les films : retrouvés, sauvés,
miraculés. C'est là que la Cinémathèque française entre en scène avant même sa création,
grâce à Langlois, cinéphile fou aux yeux brûlés par le cinéma des années 1910 et 1920.
Langlois connaît l’artiste, l’auteur du Voyage dans la lune, des Quatre Cents Farces du
Diable et de Escamotage d’une dame chez Robert-Houdin, du Mélomane, de Vingt mille
lieues sous les mers, d’À la conquête du pôle. Il lui rend visite et l’aide en ces temps
difficiles. A la naissance de la Cinémathèque en 1936 (deux ans avant la mort de Méliès),
Langlois commence à rassembler les pièces de ce qui est devenu alors un puzzle, à force de
dettes, de pertes et d’éparpillement.
Ce travail, à mi-chemin entre les travaux d’Hercule et la tapisserie de Pénélope, mené
conjointement par les héritiers (coup de chapeau à Madeleine Malthête-Méliès !) et une
institution, relancé en 2004 par la cession d’une collection au Ministère de la Culture et de la
Communication, Centre national de la cinématographie (et confiée à la Cinémathèque),
trouve en 2008 une forme « d’apothéose ». Après le temps de la création, après celui
douloureux de la dispersion, voici venu celui, plus joyeux, du remembrement.
Moment historique : jamais l’oeuvre préservée n’a été à ce point visible, parce que la
Cinémathèque a pour mission de montrer ce qu’elle conserve, parce que revient aujourd’hui
le désir de projeter une collection et de l’exposer à tous.
Dès lors, c’est toute la Cinémathèque (de la conservation à la restauration, de l’exposition à
l’édition, de la programmation à l’action culturelle et éducative) qui déploie pour tous les
publics, pendant plusieurs mois, une offre exceptionnelle autour de Georges Méliès
Magie et cinématographe
La première salle de l’exposition est consacrée au monde magique de Robert-
Houdin et à la découverte du cinématographe. Méliès rachète le théâtre de
Robert-Houdin, un illusionniste qu’il vénère et dont il collectionne les automates. Il
monte de grandes illusions et des saynètes magiques qui préfigurent ses propres
films à trucs. Nous montrons ici les accessoires, costumes et automates originaux de
Robert-Houdin. Deux pièces phares : le carton fantastique original de Robert-Houdin
et « l’armoire du décapité récalcitrant » de Georges Méliès.
Dès les années 1890, Méliès côtoie le monde de Marey et de la chronophotographie,
mais il faut attendre le printemps 1896 et le triomphe de la projection
cinématographique pour qu’il se décide à utiliser cette technique. Méliès achète sa
première caméra à Londres (1896), réalise ses premiers films, les projette au théâtre
Robert-Houdin – il les vendra également aux forains – et commence son abondante
production. Ses premiers films et ses premiers appareils cinématographiques (sa
première caméra, son premier projecteur)
Le Studio Méliès de Montreuil
On pénètre ensuite dans l’espace du Studio de Montreuil, premier studio vitré
(1897) réalisé uniquement pour la prise de vues cinématographiques. Nous en
présentons une maquette et proposons au visiteur de l’explorer virtuellement, grâce à
une reconstitution 3D interactive, et de pénétrer ainsi quelques-uns des secrets de ce
mystérieux atelier, détruit en 1947.
Dans cet espace figurent également les plans et esquisses préparatoires du film le
plus abouti que Georges Méliès ait tourné dans son studio : La conquête du Pôle (1912)
L’univers fantastique de Méliès
Les films à trucs plaisent au public des années 1900 et les forains sont les principaux
clients de Georges Méliès. Des affiches, programmes, pièces d’archives, dessins, costumes et
projections permettent d’évoquer le Voyage dans la lune, film-phare de Méliès (1902),
de même que les autres films relatifs à des « voyages fantastiques ».
La naissance rapide de l’industrie cinématographique, la montée en croissance des
géants Pathé, Gaumont, Eclair, ont su imposer une autre économie, d’autres
structures, un cinéma plus réaliste, moins rêveur. Ces trois sociétés, aux structures
financières solides, ont chassé des écrans les films féériques de Georges Méliès, dont le style,
avant la Grande Guerre, devient totalement obsolète.
Après avoir tenté de collaborer avec Charles Pathé, et après avoir connu de graves
échecs financiers, Georges Méliès arrête sa production cinématographique en 1913. Il connaît
alors la gêne. Le public l’oublie totalement. Il anime le théâtre des Variétés à
Montreuil mais, après la guerre, il doit gagner sa vie en vendant des jouets à la gare
Montparnasse. Un journaliste l’y retrouve, et en 1929 un gala est organisé pour lui
venir en aide. Il se retire au château d’Orly (maison de retraite réservée aux gens du
cinéma) et meurt en 1938..
Liens
http://www.cinematheque.fr