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Jeux de princes, jeux de vilains
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Jeux de princes, jeux de vilains
17 mars - 21 juin 2009
Biribi ou brelan ; brusquembille ou cavagnole ; chouette et comète, dames
à la polonaise, dés, échecs, tarot… Connus ou oubliés, les jeux qui ont
distrait nos ancêtres ont une histoire où s’opposent le divertissement et
la vertu, la liberté et la règle, la vie collective et l’expression individuelle.
L’exposition offre un parcours à travers le monde ludique et la société qui
l’abrita, du Moyen Âge à la Révolution française, avec plus de deux cents
pièces présentées à la Bibliothèque de l’Arsenal.
Pour Bruno Racine, président de la BnF, « cette exposition dévoile une part
méconnue des collections de la Bibliothèque. Elle témoigne aussi d’une belle
fidélité au projet du fondateur de la Bibliothèque de l’Arsenal, le Marquis de
Paulmy, qui oeuvra toute sa vie à conserver des ouvrages et des objets liés aux
arts mineurs comme la cuisine ou les jeux ».
Organisée selon un parcours chronologique, l’exposition débutera par le Moyen Âge.
Dès cette époque, les références emblématiques du jeu apparaissent à travers un
ensemble de manuscrits enluminés qui seront exposés, parmi lesquels les échecs
moralisés de Jacques de Cessoles, traité dont l’Arsenal possède trois exemplaires
enluminés sur vélin, mais aussi le Decameron et Renaud de Montauban.
Les pièces des jeux eux-mêmes seront évoquées par des objets issus des fouilles
archéologiques ou des collections princières : dés en os, pièces d’échecs et jeux de
tables (ancêtres du trictrac), précieux échiquiers tel celui réalisé en émail par Léonard
Limosin, valve de miroir en ivoire représentant une partie d’échecs entre un jeune
homme et une jeune fille, où se lit l’ambiguïté amoureuse attachée à l’univers des
échecs.
De beaux jeux de cartes (piquet dit de Charles VII, jeu au portrait de Paris dit Hector
de Trois, tarot de Jean Noblet), issus des collections de la BnF, illustrent la diffusion
rapide du jeu de cartes apparu en France au milieu du XIVe siècle. Un matériel ludique
(boîtes à trictrac, boîtes à jetons de piquet, jeu de la chouette en ébène et ivoire,
tables à jeu et bourses de jeu ayant appartenu à la famille royale…) évoque l’intérêt
porté au jeu dans la société aristocratique et à la Cour du Roi.
Essentiellement consacrée aux jeux de réflexion, de stratégie et de hasard, l’exposition
fait aussi la part belle à la divination et ses détours, ainsi qu’à l’univers de la triche,
avec ses gains, ses risques et ses plaisirs.
Une partie sera consacrée au portrait des joueurs, à la Cour, à la taverne ou dans les
salons, les « pontes » enragés, repentis ou délicats, sombres ou joyeux. Ils sont au
centre de l’action et partagent les gains du tripot avec le tenancier, le banquier et tout
un monde de gagne-petit qui gravite autour de la société ludique. Des documents issus
des archives de la Bastille ainsi que l’Histoire de ma vie de Casanova évoqueront les
tricheurs et leurs ruses. Les manuels de jeu seront également présentés, complétés
par les ouvrages moraux, les caricatures et les traités mathématiques qui, tels celui
de Montmort, prennent les jeux comme modèles du hasard universel.
Quant aux divertissements à finalité pédagogique, ils sont des jalons essentiels pour
comprendre le monde de l’enfance et des apprentissages.
Leur usage a longtemps été
contesté, et ils ont dû souvent justifier le rôle essentiel qui leur revient, notamment
dans l’éducation des enfants. L’apparition des charmants jeux de cartes pour
apprendre à lire, la multiplication des jeux de l’oie qui guident l’apprenti et bientôt les
puzzles géographiques, tous ces jeux qui promettent d’apprendre en s’amusant se
sont peu à peu imposés au coeur de l’espace familial. Leur rôle en tant que marqueur
socioculturel fut et demeure d’une ampleur considérable
Exposition du 17 mars au 21 juin 2009
Bibliothèque de l’Arsenal
1, rue de Sully
Paris IVe
Mardi > dimanche
12h > 19h
Fermé lundi et jours fériés
Entrée : 7€ , TR : 5€ |
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