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| Rétrospective de Robert Aldrich a la Cinematheque francaise - mis en ligne le 02/09/2009 par Philippe Baledent............................. | ||||||||
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C’est l’une des références de la cinéphilie française des années 1950. Robert Aldrich (1918-1983) représente le spectaculaire renouvellement du cinéma hollywoodien de l’après-guerre. Ses films, qui abordent souvent des sujets audacieux (antiracisme dans Bronco Apache, peur atomique dans En quatrième vitesse, turpitudes d’Hollywood dans Le Grand Couteau), mettent souvent en scène des héros ambigus et complexes. En évoluant, son oeuvre s’attachera de plus en plus à des personnages un peu monstrueux, à des situations extrêmes. Elle reste une réflexion irremplaçable et morale sur la brutalité comme expression du désir, de l’hyper virilité ou de l’invidia féminine. Le dernier des récalcitrants par Jean-François Rauger Il n’est pas difficile d’imaginer le choc que fut pour les cinéphiles français (et peut-être pour les autres aussi !) la découverte, en l’espace de quelques mois, de Apache (Bronco Apache) en 1954, Vera Cruz la même année, et Kiss Me Deadly (En quatrième vitesse) en 1955. Soudain, le cinéma hollywoodien était apparu plus libre, plus brutal, plus fou peut-être. Ces trois films étaient signés Robert Aldrich, un nom qui allait, avec quelques autres, incarner une formidable promesse de renouvellement du cinéma américain de l’après-guerre. Retour à Hollywood Son retour à Hollywood se fait avec What Ever Happened to Baby Jane? (Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?), duel néo expressionniste d’anciennes stars (Bette Davis et Joan Crawford) transformées en figures grotesques et cruelles. C’est un nouveau succès commercial et le départ d’un malentendu avec la majeure partie de la critique qui lui reproche sa vulgarité, l’accuse d’avoir perdu son âme et son talent et d’être « idéologiquement suspect », comme on disait à cette époque. Après le succès commercial de The Dirty Dozen (Les Douze Salopards) en 1967, Robert Aldrich rentre dans la deuxième phase de sa carrière, composée presque essentiellement de réussites. The Dirty Dozen sera à tort reçu comme un film belliciste alors qu’il s’agit d’une réjouissante mais amère méditation sur l’individualisme et le groupe, inaugurant le goût du cinéaste pour des personnages rebelles. À partir de ce moment, Aldrich va en remontrer à la cette génération émergeante de cinéastes américains composant ce que l’on a appelé le Nouvel Hollywood. L’auteur de Kiss Me Deadly réussit à intensifier une partie des composantes de son oeuvre en forçant souvent le trait et en mélangeant les genres, exercice particulièrement difficile qu’il accomplit avec éclat. Le filmage « à la truelle » prend de plus en plus son sens dans sa manière d’alterner les gros plans de visages avec des choix de cadres inattendus (plongées ou contre-plongées). Des effets de dissonance (plastique, sonore) interviennent sporadiquement. Le grotesque menace toujours de pervertir les émotions violentes. Aldrich filme des situations extrêmes qu’il désamorce parfois par son humour trivial. Tout ceci confère une dynamique unique à ce que le réalisateur aime par-dessus tout : des récits d’affrontements. Ceux-ci, dans leur essence la plus pure, peuvent être de véritables chocs de civilisation, comme dans Ulzana’s Raid (Fureur Apache), chef-d’oeuvre du western en 1974, dans lequel il constate une altérité radicale des Indiens attestée par ce que les Blancs considèrent comme de la cruauté. Aldrich aime les monstres engendrés par les groupes masculins, soldats en guerre dans The Dirty Dozen ou Too Late the Heroes (Trop tard pour les héros) en 1970, gangsters tarés dans The Grissom Gang (Pas d’orchidées pour Miss Blandish) en 1971, détenus et gardiens de prison composant une équipe de football dans The Longest Yard (Plein la gueule) en 1974, trimardeurs dans Emperor of The North Pole (L’Empereur du Nord) en 1973, flics dans The Choirboys (Bande de flics) en 1977. Il est fasciné également par les personnages féminins excessifs, starlettes hollywoodiennes paumées dans The Legend of Lylah Clare (Le Démon des femmes) en 1969, actrices de télévision alcooliques et lesbiennes dans The Killing of Sister George (Faut-il tuer Sister George ?) en 1969, catcheuses dans… All the Marbles (Deux Filles au tapis) en 1981. Une complète indépendance artistique L’identité sexuelle est au centre d’une oeuvre qui passe en revue différentes formes d’hystérie masculine transformées en manifestations d’hyper virilité et une féminité parfois étonnement agressive. L’affrontement entre les sexes, enfin, prend la forme de contradictions parfois brutales notamment lorsqu’il filme les histoires d’amour d’une vieille fille mûrissante avec un jeune schizophrène dans Autumn Leaves, d’une adolescente héritière de bonne famille avec un truand attardé mental dans The Grissom Gang, d’un policier de Los Angeles et d’une call-girl dans Hustle (La Cité des dangers). Ce dernier film, chefd’oeuvre inconnu de l’oeuvre d’Aldrich, réalisé en 1975 avec Burt Reynolds et Catherine Deneuve, semble contenir l’intégralité des obsessions et préoccupations du cinéaste : la recherche de la meilleure action morale possible, une nostalgie avouée, un individualisme forcené qui peut s’affirmer au-dessus des lois, la constatation surtout de l’existence d’une barrière infranchissable entre les sexes. Par ailleurs, tout au long d’une carrière ponctuée de divers conflits avec le système hollywoodien, Robert Aldrich ne cessera de tenter de parvenir à une complète indépendance artistique, en créant sa propre compagnie de production, en s’entourant d’une troupe de collaborateurs fidèles (Joseph Biroc à la photographie, Franck DeVol à la musique), en achetant ses propres studios en 1967, en s’impliquant enfin dans la Director’s Guild. Attitude cohérente pour un artiste qui n’a cessé, dans ses films, d’exalter les individualités les plus récalcitrantes.
Autour de la rétrospective intégrale à la Cinémathèque française - Réédition en salles : |
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Rétrospective de Robert Aldrich a la Cinematheque francaise |
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