Header image  
 
Radical Jewish Culture Scène musicale – New York - mis  en ligne le 06/05/2010 par Philippe Baledent.

 

Radical Jewish Culture Scène musicale – New York


Exposition, concerts 9 avril - 18 juillet 2010

Le MAHJ présente la première exposition consacrée à la Radical Jewish Culture, mouvance musicale issue de la scène underground new-yorkaise des années 1980 et 1990. En parallèle à l'exposition est organisé un programme de concerts exceptionnel : John Zorn, David Krakauer, Anthony Coleman, Mark Feldman et Sylvie Courvoisier, le Ben Goldberg Trio (ex New Klezmer Trio), Frank London,… Les plus grands noms de cette scène joueront dans des dispositifs pour la plupart inédits en Europe. En 1992 se tient à Munich un événement au titre manifeste : « Festival for Radical New Jewish Culture ». Le programme du festival est imaginé par le compositeur et saxophoniste John Zorn, s'entourant pour l'occasion de figures majeures de l'underground new-yorkais : Lou Reed, John Lurie, Tim Berne, mais aussi Marc Ribot, Frank London, David Krakauer, Roy Nathanson, Elliott Sharp ou encore Shelley Hirsch. John Zorn choisit d'y présenter une pièce intitulée Kristallnacht en remémoration de la nuit de pogroms en Allemagne le 9 novembre 1938 : une pièce puissante transgressant les normes d'écoute en mêlant improvisations free-jazz et klezmer, discours d'Hitler et bruits de bris de vitre.

L'événement fait date : des musiciens juifs américains jouent en Allemagne et tentent pour la première fois de retracer la genèse des musiques de la scène underground new-yorkaise à travers des sources juives. Dans le sillage de ce moment fondateur, des tournées sont organisées en Europe, tandis que des clubs de Manhattan, telle la Knitting Factory, accueillent des festivals de Radical Jewish Music mêlant performances, lectures et débats, et soulevant des questions essentielles à leurs yeux : qu'est ce que la musique juive d 'aujourd'hui ? Que dit la musique que l'on joue de nos origines et de notre expérience de vie ?

Dans les années 1970 et 1980, des musiciens juifs new-yorkais, très présents sur les scènes alternatives du rock, du punk, de l'avant-garde jazz et de la musique contemporaine, (re)découvrent le répertoire des musiques juives populaires, notamment celui des musiques juives d'Europe orientale, le klezmer. Ces acteurs clés de l'avant-garde musicale et de la world music y puisent – non sans un certain degré de contestation – un nouvel engagement musical qui souligne la force du lien qui les rattache à leur culture juive vécue comme source d'inspiration et de questionnements constants. New York est leur foyer de création, en particulier le sud de Manhattan. Les quartiers longtemps populaires de l'East Village et du Lower East Side ont accueilli au tournant du XXe siècle les populations juives immigrées d'Europe de l'Est. Dès les années 1950, ils deviennent le refuge des avant-gardes esthétiques, depuis la Beat Generation (Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs) jusqu'à John Cage et Andy Warhol. Espace de contestation intellectuelle, esthétique et politique, ce New York radical a longtemps gardé les traces de la culture yiddish qui y a connu une véritable renaissance. Cette atmosphère culturelle très spécifique imprègne encore fortement les lieux lorsque les artistes de ce qui deviendra la Radical Jewish Culture s'affirment artistiquement au cours
des années 1980.

Dans le prolongement de cet héritage, John Zorn crée en 1995 la collection Radical Jewish Culture (plus de 120 titres parus à l'heure actuelle) sur le label Tzadik, devenu depuis une référence incontournable des musiques alternatives. Les albums édités dans cette collection s'inscrivent comme autant de réponses aux questions qui s'imposent aux musiciens confrontés à la tradition protéiforme dont ils sont issus.

L’exposition met en lumière le réseau d'influences des musiciens, parmi lesquelles la Beat Generation,
présentée notamment à travers la démarche de deux icônes de ce mouvement, le plasticien Wallace Berman et le poète Allen Ginsberg, les artistes juifs révolutionnaires du début du XXe siècle, comme El Lissitzky, ou encore la scène du rock alternatif des années 1970. Le parcours est thématique : à travers une approche essentiellement sonore et visuelle, il revient sur les temps forts de la création musicale depuis la scène du Klezmer Revival jusqu'aux explosions sonores du groupe phare de John Zorn, Masada, en passant par le festival de Munich de 1992. À partir de l'écoute se déploie le contexte historique, musical et artistique dans lequel la musique a été créée. Grâce à l'implication des acteurs clés de cette scène, de nombreux documents d'archives (interviews, prises de concerts et textes largement inédits) ont pu être rassemblés.

Comme l'affirme John Zorn, Radical Jewish Culture est tout à la fois une mouvance musicale, un mouvement aux résonnances politiques diverses affirmées et assumées, une communauté de musiciens et plus largement une communauté esthétique.

 

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
Jours et horaires d’ouverture de l’exposition
Ouvert du lundi au vendredi de 11 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 18 h.
Nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h.
Ouvertures exceptionnelles jusqu’à 19 h 45 les 15 avril et 6 juillet.
Accès
Métro : Rambuteau, Hôtel de Ville
RER : Châtelet – Les Halles
Bus : 29, 38, 47, 75
Parking : Beaubourg, Hôtel de Ville

 



 

      

 

Radical Jewish Culture Scène musicale – New York