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Entretien avec Boris Rehlinger - mis  en ligne le 29.11.2011 par Philippe Baledent.

 

Entretien avec Boris Rehlinger - Le Chat Potté

 

Entretien avec Boris RehlingerQu’est-ce qui vous plaît dans l’univers du cinéma d’animation ?
C’est que, tout à coup, on se retrouve comme un enfant, projeté dans un univers porté par la folie créatrice des dessinateurs. Et, dans le même temps, il faut avoir un jeu extrêmement précis. C’est un exercice auquel j’adore me prêter.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans LE CHAT POTTÉ ?

Son côté grinçant et caustique. C’est un film qui a deux niveaux de lecture – pour les adultes et pour les enfants – et, quand on a la chance d’y participer en tant que comédien, on accède aux deux. Parfois même, on peut entrer dans la folie d’un autre acteur en y apportant la sienne et en tenant compte d’un cadre bien établi.

Comment pourriez-vous caractériser votre personnage ?

Il me fait penser à Matamore dans la commedia dell’arte, à ceci près qu’il a vraiment vécu tous les événements qu’il relate car ce n’est pas un mythomane, c’est un hidalgo qu’on verrait bien toréer dans les arènes de Cadix. C’est un spadassin doté de grandes valeurs morales, soupe-au-lait, un peu macho, mais qui est animé d’une belle générosité. Sous des dehors frondeur, c’est un être sensible et juste : ce qui le rend fou, c’est le mensonge et l’injustice. Sa dimension héroïque lui échappe et d’ailleurs, par moments, il ronronne comme un gros chaton car il a aussi énormément d’humour et d’autodérision.

Il se fait parfois damer le pion par Kitty…

Oui, leurs rapports me font penser à ceux de Catharina et Petruchio dans La Mégère apprivoisée de Shakespeare : ce sont deux écorchés vifs à la forte personnalité qui se rencontrent.

Comment avez-vous travaillé à partir de la voix d’origine d’Antonio Banderas ?

On a tous les deux une voix assez grave, ce qui facilite les choses. Mais il y a en anglais toute une musicalité qu’on ne retrouve pas en français : on peut monter très haut dans les aigus et descendre très bas dans les graves en anglais, ce qui est impossible en français. Et dans le même temps, il faut veiller à ne pas avoir un phrasé qui sonne faux, en respectant la contrainte de la bande rythmo qui défile très vite et en gardant un grain de folie propre au personnage. Sans aller non plus dans l’excès car les personnages de DreamWorks ne sont pas des caricatures. C’est donc un vrai travail de funambule !

Fiche de Boris Rehlinger - Le Chat Potté (Puss in Boots) de Chris Miller (II)


 

 

   

 


   

      

Entretien avec Boris Rehlinger