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Entretien avec François Berléand - mis  en ligne le 02.01.2012 par Philippe Baledent.

 

Entretien avec François Berléand

 

François BerléandVous retrouver sur le nouveau film de Martin Valente n’est pas une surprise, et vous y êtes pourtant surprenant…
Après avoir terminé FRAGILE(S), Martin souhaitait que nous puissions à nouveau travailler ensemble. Il a donc écrit pour moi. Son scénario, d’une drôlerie et d’une finesse extraordinaires, m’a tout de suite enthousiasmé. À l’inverse de beaucoup de réalisateurs, Martin me voit comme je suis dans la vraie vie, assez réservé, plutôt timide, même si je fais toujours le pitre. Il connaît l’espèce de candeur qui est la mienne. À chaque fois, il me propose donc des rôles qui correspondent mieux à une autre facette de moi – ma part cachée que les gens ne connaissent pas. Intérieurement, je suis extrêmement sérieux, mais certainement pour évacuer le stress, j’ai besoin de faire le clown sur les plateaux. L’équipe est le premier spectateur. Sans doute en proie à une espèce de paranoïa ou de fragilité, j’ai besoin que les gens m’aiment et rigolent. Si certains ne rient pas, je suis malheureux.
Dans ma tête, je suis resté un peu enfant et je joue à quelque chose. On me prend comme je suis, ou on ne me prend pas.

Comment avez-vous réagi en découvrant votre personnage ?
Bernard est assez proche de moi et me demande moins d’efforts, moins de concentration pour l’approcher. Tout en étant très drôle, le cinéma de Martin est généreux et d’une grande pudeur – tout comme lui. La perception qu’il a de la fragilité des hommes est une des clés de son univers. Cela donne une histoire drôle mais qui vous touche.

Pouvez-vous nous présenter Bernard, votre personnage ?
Bernard est très riche et appartient à une classe sociale qui pourrait le placer au-dessus du personnage de Gérard. Or, c’est lui qui me tutoie et qui, dès le départ, me place dans une situation de vulnérabilité maximum, l’enjeu étant de découvrir enfin la fille que j’ai eue et dont j’ai rêvé. Du coup, le personnage n’est jamais dans un rapport de force qui lui donnerait l’avantage. L’un des points forts de ce duo est que les rôles s’inversent régulièrement entre Gérard et moi. Tantôt, il est fort, tantôt c’est moi. C’est ce qui rend ce scénario très intelligent et très intéressant à jouer parce qu’il montre différentes facettes des personnages. L’autre particularité de mon personnage est qu’il est bourré de tocs. Il fallait le jouer sobrement, en restituant les situations. C’est un aspect passionnant à jouer. Je connais des toqués et j’ai moi-même un gros problème : la phobie des oiseaux. Ils me terrorisent ! Si deux pigeons sont devant moi, je change de trottoir. Place Saint-Marc, j’ai cru que je n’y arriverais pas !

Comment travaillez-vous avec Martin et vos partenaires ?
Martin me connaît bien et nos rapports sont basés sur un profond respect mutuel, ce qui n’empêche pas de nous vanner chaque fois qu’on en a l’occasion. Il est d’une patience et d’une attention rares. Il fait de notre travail un bonheur. Avec Gérard, Olivia et les autres, nous avons pris un plaisir fou à interpréter cette histoire drôle, touchante, remplie de situations jubilatoires. En une fraction de seconde, on passe de la pure comédie à l’émotion. Jouer cette partition avec d’aussi bons partenaires est une chance. Martin nous gâte beaucoup et j’ai accepté ce film avec un grand enthousiasme pour le scénario qui fourmille d’excellentes situations.


François Berléand

 

© 2011 Gaumont

 

 

Bande Annonce de Un jour mon père viendra

 

   

 


   

      

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