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Qu’est-ce qui vous a décidée à tenter le cinéma ?
J’ai une formation de comédienne de théâtre, mais la vie a fait qu’à l’âge 20 ans la musique a pris le pas sur tout le reste. J’avais déjà reçu des propositions de films ces dernières années mais je ne voulais pas me lancer n’importe comment, juste pour le plaisir de jouer. J’attendais de trouver un projet qui me plaise vraiment, un metteur en scène qui ait assez confiance en moi et en qui j’avais assez confiance pour me jeter à l’eau une première fois. C’est ce qui s’est passé avec Un jour mon père viendra et Martin. J’ai eu envie de faire ce film-là avec ce réalisateur là. Et ce malgré le fait que le tournage ait lieu au beau milieu de ma tournée, car Martin m’a convaincue que j’y arriverai si je faisais preuve de concentration et de travail.
Qu’avez-vous pensé en découvrant le scénario ?
En le lisant, toute seule chez moi, et en collant les visages de Gérard et François à leurs personnages respectifs, je riais déjà. J’ai vu ce projet comme une chance. En rencontrant Martin, j’ai découvert quelqu’un d’aussi simple et sincère que j’essaie de l’être. Il semblait avoir envie de me faire découvrir ce travail malgré les lourdeurs que cela impliquait, comme celle de répondre à toutes mes questions de débutante euphorique et curieuse. Même quand j’essayais de le décourager en lui expliquant que je ne savais pas comment j’allais réagir face à la caméra, il me répondait que j’étais le personnage. Il m’a fait confiance malgré ma fébrilité et mes angoisses.
Qui est Chloé, votre personnage ?
Chloé a imaginé et veut maintenant créer sa vie. Après avoir supporté un père alcoolique et affronté la perte prématurée de sa mère, c’est endurcie par ces blessures qu’elle a décidé de s’inventer une autre existence. Elle a dépeint à son futur mari un portrait de son père correspondant à son rêve d’enfant puis de femme, honteuse d’assumer celui qui l’avait réellement élevée. Elle fera tout pour avoir ce parfait petit bonheur si souvent fantasmé. Ce personnage est à la fois classique, dans le choix de ses fringues, et complètement dingue aussi. Elle poursuit le but qu’elle s’est fixé sans jamais déroger aux règles qu’elle s’impose. Elle est ambitieuse, et comme son père biologique, elle peut révéler un peu d’anxiété voire de psychorigidité.
Comment avez-vous travaillé avec Martin Valente ?
Martin souhaitait que ce personnage soit tout sauf Olivia Ruiz. J’essayais juste d’écouter avec attention ce qu’il me disait, d’apprivoiser le texte, de m’adapter au rythme et à l’environnement. Et surtout de contrôler mon accent, qui revenait au galop dès que le rôle me demandait de m’énerver un peu! Dans mes clips, je participe à l’écriture, à chaque choix, du décor au stylisme en passant par le grain de l’image, et surtout j’ai le final cut. Là, j’avais conscience que je devais m’abandonner à la vision de Martin. J’ai du mal à donner ma confiance d’habitude, mais cette fois j’ai eu envie de suivre Martin sans me poser de questions et ça a été beaucoup moins dur que ce que j’imaginais.
Comment avez-vous vécu cette première expérience de tournage ?
Martin s’est montré très patient. Il vous dirige tout en psychologie, tout en finesse. Il m’a amenée sur des terrains que je ne connaissais pas. Mais j’ai l’impression qu’il en a fait autant avec François et Gérard. On les redécouvre alors que ce sont pourtant deux monstres sacrés. Martin sait ce qu’il veut de ses comédiens et comment l’obtenir. François et Gérard, avec leurs blagues jusqu’au moment où retentit « Action ! », m’ont permis d’échapper aux moments de trac qui précèdent le jeu.
Quel a été votre plus grand défi ?
Pour moi qui suis habituée en tournée à me lever tard, à m’économiser toute la journée, et à tout donner d’un seul coup pendant 2h de concert, ce n’était quelquefois pas simple au niveau du rythme des journées et de la gestion de la concentration. Mais j’ai appris au fil des jours de tournage. La scène la plus dure a été celle du mariage. Échanger un baiser avec quelqu’un qu’on connaît depuis 3 jours me paraissait insurmontable. Même si c’est du cinéma, cela reste quelque chose d’intime. J’étais morte d’angoisse, alors que Jamie était adorable. Du coup, j’ai décidé de le laisser faire en lui disant : « Fais le toi, moi j’y arriverai pas ». Tout le monde riait de me voir m’en faire une montagne. Finalement, ce n’est effectivement rien du tout, même pour moi qui suis si pudique. Jaimie est un comédien très précis, très constant, et ça m’a beaucoup aidée. Nous ne nous connaissions pas, mais c’était un partenaire idéal, il est gentil et à l’écoute, toujours disponible.

Bande Annonce de Un jour mon père viendra
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