3 jours en présence au festival du livre de Mouans-sartoux - 5, 6 et 7 octobre 2007 avec le réalisateur israélien Amos Gitai ainsi que de nombreux invités dont Jérôme Clément, président d’Arte, de Serge Toubiana, directeur de la Cinémathèque française, Les Cahiers du Cinéma, etc...
Des projections chaque jour avec débats Désengagement (2007), News from home/ news from house (2006), Kedma (2002), Kippour (2000)...
Le cinéma d'Amos Gitai Guetteur en son pays : la vigilance critique Gitai, aux yeux des médias, est non seulement devenu l'emblème de tout le cinéma israélien mais une sorte de commentateur virtuel des événements et des malheurs qui secouent régulièrement le Moyen-orient. Situation paradoxale dans la mesure où Gitai refuse, à juste titre, d'assumer le statut encombrant et stérilisant de cinéaste officiel.Bien que résolument engagé, son cinéma n'a pas pour ambition d'être le reflet idéologique ou politique d'une situation historique nouée et fort complexe /…/ La position de Gitai cinéaste serait celle d'un guetteur ou d'un veilleur. Filmer en état de veille suppose d'avoir un point de vue. Cela consiste concrètement pour Gitai à regarder cette région du monde en se tenant à bonne distance : à la fois dedans et dehors, afin d'exercer librement son regard critique. Mais le monde entier a les yeux braqués sur cette partie du monde, où la moindre image a des effets de lecture décuplés. Cette vigilance critique le cinéaste l'exerce à l'intérieur d'Israël, son pays natal.
Son cinéma travaille à chaud l'événement au sens fort du terme, tout en opérant un détour par la Mémoire, par le Texte ou par l'Histoire.
Le cinéma comme puzzle Le cinéma d'Amos Gitai est comme un puzzle cinématographique construit film après film, une mosaïque d'images constituée par son oeuvre. Appréhender une réalité historique à partir
d'un échantillon géographique et humain très réduit ; partir d'un microcosme, comme si l'univers était un modèle réduit. Dire des choses précises, pas à pas, film après film, chaque film étant une pièce d'un puzzle infiniment plus large. Il se caractérise par une absence de hargne ou de volonté idéologique. Vitesse d'exécution rapide : un défi artistique Bien qu'elle le conduise parfois à courir des risques /…/ sa vitesse d'exécution permet à Gitai de tenter un pari esthétique fort ambitieux, celui d'inscrire imaginairement le cinéma comme un élément de résistance ou un contrepoids symbolique, face à la toute puissancemédiatique qui " pollue " toute cette région du monde d'images de propagande, fabriquées à l'usage exclusif des médias inter nationaux. Avec les moyens dont il dispose, Gitai mise sur le cinéma comme art de la vitesse, dans l'unique objectif de poser librement un regard subjectif sur une région où le cinéma justement n'a eu, pour des raisons historiques (idéologiques et religieuses), que peu d'empreinte à l'intérieur de l'imaginaire collectif. Cette idée de vitesse est donc au coeur du défi artistique d'Amos Gitai.
Quand la paix ? " La paix viendra lorsque les 2 sociétés ou communautés ne reconnaîtront plus strictement leurs racines ou leur origine mais lorsqu' elles accepteront cette nouvelle identité qu'elles auront créée ensemble à partir de cette expérience de déplacement ". Texte établi à partir du livre " Exils et territoires, le cinéma d'Amos Gitai "de Serge Toubiana, aux éditions Arte/ Les cahiers du cinéma
|