Né le: 15 juillet 1606
Lieu: Mort: 4 octobre 1669
Le personage
Difficile d’évoquer Rembrandt autrement qu’à travers sa réputation, celle d’un homme grivois, sensuel, voir même charnel, qui avait de l’humour, avec une tendance prononcée à changer très vite d’humeur, versatile dans ses émotions. Rembrandt n’était pas un intellectuel, même s’il avait des prétentions à ce titre. Il était désireux de s’élever socialement, certainement peu efficace dans sa gestion de l’argent, probablement trop généreux - un dépensier optimiste qui se laissait facilement manipuler. Il a peut-être dépensé son argent comme un provincial avide de montrer son succès et d’étaler ses richesses. Peut-être cela a-t-il choqué la discrétion habituelle des Hollandais et provoqué leur désapprobation. Rembrandt a l’oeil pour copier, et un talent naturel pour le faire. Il se montre souvent et sans honte un poseur. Il aime les déguisements et défie les autres de le surpasser. On peut imaginer des moments de colère, des pointes de mélancolie et des quantités considérables d’alcool. Rembrandt n’était pas un homme séduisant. Trapu, bedonnant, hirsute, massif, il avait des mains larges, des doigts épais avec de la peinture sous les ongles. Quelque part, sa faculté à pénétrer la psychologie des êtres, perceptible à travers ses portraits, semble diverger de ses caractéristiques plus brutes, frustes, grossières. Parfois, sa peinture semble en opposition avec sa personnalité - la profondeur de l’une surpassant celle de l’autre. Il faut cependant se méfier de son besoin d’autopromotion, qui peut par moments le faire passer pour superficiel. S’appuyant sur des éléments éprouvés de son travail et de sa vie, ce film présente Rembrandt comme un peintre très doué, jeune prodige découvert et exploité par la suite par les marchands d’Amsterdam. Provincial avide de s’améliorer, de se dépasser, d’être l’incarnation de la réussite, c’est un garçon prometteur qui fait un mariage opportuniste, un homme que son succès commercial rend arrogant. À la mort de son épouse, après ce mariage arrangé contracté dans l’intérêt des familles, il est facilement attiré par le sexe avec Geertje. Il trouvera un amour plus authentique et plus riche avec une femme plus jeune, vers la fin de sa vie. Dans sa vie amoureuse, il restera un provincial, trouvant satisfaction auprès de femmes - et de servantes - moins expérimentées que lui. Il se sent plus à l’aise avec des servantes qu’il ne le serait avec des bourgeoises, ses égales, ou avec ses modèles féminins de l’aristocratie.
Rembrandt au Cinema
Nightwatching (La Ronde de Nuit) de
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